Passagers attendant leur avion à l'aéroport de Nice, le 20 avril 2010

Passagers attendant leur avion à l'aéroport de Nice, le 20 avril 2010

AFP
Le trafic aérien a repris très progressivement et en ordre dispersé mardi en Europe

Aucun signe d'intensification de l'activité du volcan n'a été enregistré et le nuage de cendres a nettement diminué mardi, selon des scientifiques islandais.

Au sixième jour de crise, la situation s'améliorait mais de façon inégale: suite à l'annonce de l'arrivée d'un nouveau nuage, les pays ouvrent ou ferment leur espace aérien.

Plus d'un millier de touristes bloqués à  l'étranger par le nuage de cendres sont arrivés  à l'aéroport de Nice depuis lundi soir, et étaient peu à peu acheminés vers leur domicile par train ou par bus mardi.

Le trafic "normal" était par ailleurs assuré à 50% environ. La  desserte Nice-Paris a partiellement repris, avec trois arrivées et cinq départs  prévus.

Trois zones définies par l'UE
L'UE a décidé lundi d'établir trois zones géographiques : l'une proche du centre des émissions de cendres du volcan islandais, dans laquelle les restrictions au trafic demeureront "absolues", une deuxième où elles seront levées mais où la situation évoluera en fonction des relevés scientifiques, et une troisième "ne nécessitant aucune restriction d'aucun type".

La moitié des vols assurés mardi
La moitié des vols prévus mardi en Europe devrait être effectuée, ce qui représente une nette amélioration par rapport à la situation des derniers jours, a annoncé l'Organisation européenne de la navigation aérienne. "Eurocontrol prévoit que 14.000 vols pourront être opérés (...) ce qui représente la moitié du trafic prévu", 53% du total pour être précis. "Pour un mardi normal, entre 27.000 et 28.000 vols sont (...) programmés" en Europe.

La Roumanie a rouvert complètement son espace aérien dès lundi soir. L'espace aérien en Lettonie est rouvert. Cette reprise progressive du trafic aérien constitue un soulagement pour les  millions de passagers cloués au sol depuis plusieurs jours.
Les autorités hongroises ont décidé de rouvrir l'intégralité de leur espace aérien. L'espace aérien des Pays-Bas était rouvert mardi mais "pas pour tous les vols". L'espace aérien Suisse a rouvert tout comme en Belgique. En Allemagne, l'espace aérien la fermeture de l'espace aérien a été prolongée jusqu'à mercredi. En Ecosse et dans le nord de l'Angleterre, le trafic a repris partiellment, alors qu'aucun vol ne sera autorisé en Angleterre (hormis Newcastle), au Pays de Galles et en Irlande du Nord, sans délais précis.

Le nouveau nuage devrait épargner la France
Selon les services spécialisés de Météo France à Toulouse, le nouveau nuage de cendres devrait épargner la France, à l'exception de l'extrême nord de ses côtes. "Le flux de cendres récentes émis depuis lundi par ce volcan traverse l'Europe dans un axe Nord-Ouest/Sud-Est, soit du sud de l'Islande vers le nord de l'Ecosse. Il devrait donc épargner la majorité du territoire français si son flux reste stable", a indiqué Gwenaëlle Hello, directrice-adjointe du Centre national des prévisions de cet organisme basé à Toulouse.

Près de 7 millions de passagers cloués au sol dans plus de 300 aéroports
Plus de 6,8 millions de passagers ont été cloués au sol dans 313 aéroports, selon Airports Council International (ACI), la plus importante organisation professionnelle des aéroports. Des milliers de personnes dorment dans des aéroports.

La reprise du trafic se fait sous la pression du secteur aérien qui a  ouvertement critiqué les restrictions de vol, excessives à ses yeux. Et alors qu'une prolongation du blocage risquait de faire peser un risque pour la croissance économique européenne, au moment où elle se remet tout juste d'une terrible récession.

 

Une crise pire que le 11 septembre
L'Association internationale du transport aérien (IATA) a fustigé la gestion de la crise par les gouvernements et l'UE, évoquant "une pagaille européenne" qui coûte environ 150 millions d'euros par jour au secteur. "L'ampleur de cette crise est désormais plus importante que le 11-septembre", a indiqué le directeur de cette association, Giovanni Bisignani.

Des voix se sont élevés pour mettre en cause un excès de zèle des autorités au nom du "principe de précaution", comme lors de la pandémie de grippe. Mais les autorités ont rejeté ce grief, en soulignant qu'en cas d'accident elles auraient été accusées a contrario de n'avoir rien fait. Un responsable américain a abondé dans ce sens en révélant lundi qu'un incident était survenu avec un chasseur bombardier F-16 de l'OTAN, dont les moteurs ont commencé à être "vitrifiés" par le nuage de cendres.

20/04/2010 Info France 3