Santé
Une radiochirurgie de haute précision à Strasbourg
L’Alsace est la première région en France à se doter d’un appareil de radiochirurgie Novalis Tx dernière génération, qui permet de traiter avec beaucoup de précision et à haute dose des tumeurs, en particulier dans le cerveau.
Depuis le mois d’avril dernier, le Centre Paul-Strauss (CPS) de Strasbourg s’est équipé d’un Novalys Tx, un appareil de radiochirurgie innovant. Il permet d’adapter le rayonnement très précisément sur la tumeur ou la lésion à traiter et de préserver les tissus sains environnants, avec une précision de l’ordre du 10 e de millimètre
en utilisant des conditions stéréotaxiques, c’est-à-dire en repérant par des coordonnées précises les lésions cancéreuses. On peut ainsi traiter des tumeurs et des métastases dans le cerveau, des petites tumeurs pulmonaires chez des patients non opérables, certaines tumeurs hépatiques ou d’autres très proches de la moelle épinière.
Une complexité à apprivoiser
156 patients ont déjà bénéficié de ce nouvel outil thérapeutique unique en France. « Les patients ont été revus un mois après le traitement, pour une IRM d’évaluation explique le Pr Georges Noël, chef du département de radiothérapie au CPS. Pour tous, la maladie était sous contrôle et pour certains, elle avait disparu. On a eu 100 % de réponses au traitement. »
Pour le médecin, ce nouvel équipement vient compléter un arsenal qui place Strasbourg au 4 e rang français en matière de traitements radiothérapiques,
avec 44 000 séances par an pour 2 200 patients.
L’irradiation en conditions stéréotaxiques est faite soit en une seule fois avec une très haute dose ou en plusieurs fois à forte dose. Pour éviter d’abîmer les tissus traversés par le faisceau, on irradie en arc, avec le bras de l’accélérateur qui tourne autour de la zone à irradier, afin de limiter la dose reçue par ces tissus, l’essentiel se concentrant sur la tumeur.
Pour que l’appareil sache où frapper, la tête ou la région du corps irradiée est maintenue par un système de contention et calée sur les repères initiaux donnés à l’appareil. Néanmoins, l’engin est capable de détecter des erreurs de positionnement ou des mouvements du patient comme la respiration pour les tumeurs pulmonaires.
Cette complexité explique le temps d’installation et de prise en main de l’appareil par l’équipe qui a dû être formée. Après une livraison début octobre 2009, les premiers traitements n’ont été effectués que début avril dernier…
Geneviève Daune-Anglard lalsace.fr 16/11/2010