Le rêve de Diego Maradona de remporter une Coupe du monde en tant que sélectionneur, après avoir illuminé le Mondial 1986 en tant que joueur, s'est brisé samedi après-midi dans le froid du Cap. Face à une Mannschaft impressionte de réalisme et de talent, l'Argentine a connu l'une des défaites les plus humiliantes de son histoire, terrassée 4-0 à l'issue d'une rencontre qu'elle n'a jamais paru en mesure de gagner. Les Messi, Higuain, Tevez et autre Aguëro, ont coulé, battus sur le même score que l'Australie au premier tour. La jeune sélection allemande peut quant à elle se prendre à rêver d'une quatrième étoile. Elle croisera sur sa route, en demi-finale, l'Espagne le difficile vainqueur du Paraguay.
'Pour nous battre, il faudra que nos adversaires laissent leur peau sur le terrain', prévenait Maradona avant la rencontre. Mais, à trop jouer sur la fibre guerrière, 'El Pibe de oro' en a presque oublié que que le football est avant tout affaire de collectif et de technique, plus que de tripes et de rage. Et quand, dans les premières minutes du match, la Mannschaft se met en mouvement, subtile dans ses combinaisons, rapide dans ses offensives, la hargne des Argentins ne pèse pas lourd. L'Albiceleste se fait même cueillir à froid, dès la 3e minute, justement pour avoir voulu imposer d'entrée le combat physique. Faute d'Otamendi. Coup franc excentré à gauche frappé par Schweinsteiger. Légère déviation de Müller au fond des filets. Simple comme l'Allemagne (1-0).
Schweinsteiger, Müller, ces deux-là peuvent alors s'en donner à cœur joie face à des Argentins complètement sonnés. Jeu sur toute la largeur du terrain, passes en profondeur chirurgicales, la Mannschaft joue parfaitement sa partition, avec Podolski, Özil et Khedira en appui. Et quand Klose s'en mêle, puis s'emmêle (24e), l'Argentine n'est pas loin du K.O.
Sauf que l'Argentine "n'a peur de personne", dixit Diego encore, et surtout pas d'une bande de gamins d'à peine 25 ans. Après trente minutes léthargiques, l'armada offensive des Sud-Américains se met en branle : Messi régale de ses dribbles chaloupés, Tevez enchaîne les courses tête baissée et Higuain croit bien marquer le but de l'égalisation, refusé pour hors-jeu (37e). Insuffisant pour faire trembler cette Allemagne aussi insouciante que sûre de sa force, mais assez pour débrider une rencontre jusque-là à sens unique.
UN CAUCHEMAR SANS FIN
La bonne séquence de l'Albiceleste se poursuit de plus belle au retour des vestiaires, après un discours maradonesque dont l'on ose à peine imaginer la teneur. Avec Tevez en tête de pont, les Argentins s'installent dans le camp allemand et multiplient percées et frappes, notamment par Di Maria ou Higuain... En vain.
L'Argentine ne sait pas marquer pendant son temps fort, l'Allemagne saura le faire pendant son temps faible.
Impressionants de réalisme, bien aidés aussi par la faiblesse et la lenteur de la défense argentine, les attaquants allemands déroulent. 67e minute : Müller, au sol, glisse le ballon pour Podolski. L'attaquant de Cologne sert Klose, seul face au but, qui conclut dans le but vide (2-0). Le break est fait et, plus grave, l'Argentine paraît incapable de réagir. Maradona ne s'agite même plus sur son banc de touche, pressé de voir le cauchemar prendre fin.
Mais les dieux du football, quand ils ne sont pas au côté de leur enfant terrible, sont cruels, et l'Albiceleste boira le calice jusqu'à la lie. 74e minute : Schweinsteiger perfore la défense argentine et donne à Friedrich, qui marque à sont tour (3-0). Agüero et Messi continuent de faire illusion, courant comme des fantômes vers le but allemand. Pour l'honneur, dira-t-on... Un honneur argentin qui prend un dernier coup en même temps que la défense argentine cède une ultime fois, à la 88e minute, sur une belle reprise de Klose à la réception d'un centre d'Özil (4-0).
Benoît Vitkine lemonde.fr News Yahoo 03/07/2010
Miroslav Klose marque le quatrième but allemand sur un centre d'Özil. En reprenant du droit au point de penalty, le Munichois marque son 4e but dans la compétition et son 14e but en Coupe du monde, un de moins que Ronaldo.
News Yahoo 03/07/2010