Mueller devant Chris et Reveillère

Mueller devant Chris et Reveillère

AFP-MACDOUGALL
A Munich, le Bayern s'est imposé 1-0 face à l'Olympique lyonnais en demi-finale aller de Ligue des champions.

Dans un match fertile en rebondissements suite aux expulsions de Franck Ribéry (36e) puis de Jérémy Toulalan (54e), le Bayern a su tirer son épingle du jeu grâce à son arme fatale, Arjen Robben, auteur du but victorieux à l'heure de jeu. Les hommes de Puel, pour qui la route vers la finale se complique, peuvent, eux, nourrir de sérieux regrets.

Ribéry et Toulalan expulsés

C'est dans une Allianz Arena bouillonnante que le Bayern Munich a acueilli - pour sa 13e demi-finale en Ligue des champions - une formation lyonnaise qui abordait ce stade de la grand messe européenne pour la première fois de son histoire. Dès le coup d'envoi, c'était près de 70.000 supporters qui donnaient de la voix tandis que les deux équipes, très concentrées, se lançaient rapidement dans la bataille. Après quelques minutes d'observation, les Lyonnais se procuraient la première occasion de la rencontre mais le coup franc bien tiré de Pjanic n'aboutissait pas (10e). Les Bavarois répondaient aux troupes de Claude Puel par un coup franc de Ribéry. Mais Lloris, d'une claquette, écartait le danger (13e). Dans la foulée, Schweinsteiger manquait d'ouvrir le score de la tête, Ribéry, bien servi par Contento, manquait sa frappe (18e) et Olic voyait son tir passer au-dessus de la transversale (20e). A ce stade de la rencontre, le pressing des Munichois, notamment côté gauche grâce au duo Contento-Ribéry, donnait des sueurs froides aux Lyonnais. Un Lloris à l'affût et des Allemands en manque de réussite dans le dernier geste permettaient aux Gones de ne pas boire la tasse.

A la demi-heure de jeu, les Rhodaniens, sous pression, reprenaient du poil de la bête. A l'image d'Ederson qui aurait pu ouvrir le compteur d'une puissante frappe. Malheureusement Demichelis se trouvait sur la trajectoire et déviait le ballon (30e). Le match basculait alors en quelques secondes sur un duel entre Ribéry et Lisandro : l'attaquant bavarois écrasait la cheville de l'Argentin et écopait logiquement d'un carton rouge (37e). Lisandro était évacué sur une civière avant de regagner la pelouse quelques instants plus tard sous la bronca du public. Réduits à dix, les Munichois voyaient leur avenir s'assombrir tandis que Ribéry, à la une de tous les journaux depuis quelques jours pour une affaire de proxénétisme, quittait la pelouse le visage fermé. Les Gones auraient pu faire fructifier leur avantage numérique, notamment sur un tir boulet de canon de Kallstrom (43e), mais Butt était à la parade et les deux équipes regagnaient les vestiaires dos-à-dos.

En seconde période, les Bavarois ne se laissaient pas abattre et s'en allaient faire le siège du but lyonnais. Lahm servait Muller au point de pénalty mais ce dernier se prenait littéralement les pieds dans le tapis et manquait l'immanquable (53e). Puis coup de théâtre ! Toulalan écopait de deux cartons jaune en l'espace de cinq minutes et était expulsé. Le suspense était alors complètement relancé. Et ça, les Allemands allaient en profiter. Ainsi, à l'heure de jeu, Robben venait semer la zizanie dans le camp lyonnais. Avec style, il éliminait deux défenseurs avant de frapper à ras de terre (60e). Si cette première tentative passait à quelques centimètres du poteau, la seconde était la bonne : l'attaquant bavarois battait Lloris d'une puissante frappe légèrement déviée par Müller (1-0 à la 70e). 

Le festival munichois ne s'arrêtait pas là. Dans une Allianz Arena chauffée à blanc, les troupes Van Gaal multipliaient les assauts et la bande à Cris prenait un peu plus la marée. On avait presque l'impression que le Bayern jouait en supériorité numérique tant la fin de rencontre était à sens unique ! Face à une défense complètement démobilisée, Robben manquait même le doublé : après s'être débarrassé de Cissokho et de Cris, le Batave perdait son duel face à un excellent Lloris (85e). Si Govou tentait bien de remettre son équipe à hauteur sur une bonne frappe du gauche un peu avant le coup de sifflet final, les jeux étaient faits. Lyon conserve ses chances d'atteindre la finale mais ce sera dur lors du match retour à Gerland, sans Jérémy Toulalan et face à une équipe du Bayern parfaitement armée pour tenir un résultat.

Déclarations

Claude Puel (entraîneur de Lyon, au micro de  TF1): "On savait qu'à la moindre alerte, à la moindre faute, il risquait d'y  avoir une compensation, ça a été le cas avec Toulalan (exclu après le carton  rouge infligé à Ribéry, NDLR). C'est dommage qu'on n'ait pas gardé la  supériorité numérique pour asseoir un peu plus notre jeu et avoir une meilleure  maîtrise. En égalité numérique, on avait déjà pas mal couru en première  mi-temps, on avait eu du mal à garder le ballon assez haut. On n'a pas pu faire  rentrer +Bafé+ Gomis pour nous permettre de garder des ballons beaucoup plus  haut et donc on a beaucoup couru pour préserver ce résultat. Même s'il est  contraire, c'est ouvert pour le retour."

Louis van Gaal (entraîneur du Bayern  Munich): "Je suis très content, ce 1-0 est un bon résultat, nous sommes en  position de ne pas devoir prendre trop de risques. On a très bien joué le coup.  En ce qui concerne l'exclusion de Ribéry, je la trouve sévère, l'arbitre aurait  pu décider de ne pas le donner, mais Ribéry lui donne aussi la possibilité de  sortir le carton rouge".

21/04/2010 Isabelle Trancoen sport.france3.fr