La journaliste rend ainsi compte du rapport que viennent de dévoiler l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire et l’Institut de veille sanitaire.
Anne Jouan note que « cette augmentation s’explique par un recours accru aux scanners. La radiologie conventionnelle (hors examen dentaire) représente 63% des actes et 26% de la dose efficace collective. La scanographie représente, elle, 10% des actes et 58% de la dose efficace collective ».
La journaliste précise que « le risque lié à l’irradiation médicale semble très faible, mais ne peut être exclu. […] Un adulte reçoit en moyenne 1mSv par an (20 pour les travailleurs du nucléaire), une dose considérée sans danger pour la santé ».
Anne Jouan ajoute que « selon le Pr Yves Cordoliani, responsable de la radioprotection à la Société française de radiologie, 30 à 50% des explorations lourdes sont réalisées dans les dernières années de la vie ». Le spécialiste déclare que « pour un malade dont l’espérance de vie est d’un an, peu importe qu’on lui administre des rayons puisqu’il mourra avant de développer un cancer radio-induit ».
La journaliste note par ailleurs que « peu de gens savent que selon le service d’imagerie où l’on réalise les examens, il peut y avoir des différences de radiation », le Pr Cordoliani remarquant que « tous les radiologues ne sont pas persuadés que diminuer les doses est une bonne chose ».
« Les mentalités doivent évoluer. A commencer par celles des médecins qui doivent s’interroger sur la pertinence de leurs prescriptions, préciser pourquoi ils demandent un examen et ne pas indiquer seulement «une radio des poumons» », continue Anne Jouan.
Bernard Aubert, responsable de l’unité d’expertise en radioprotection médicale à l’IRSN, relève pour sa part qu’« un médecin qui prescrit un scanner pour un mal de tête sera considéré comme bon. Et s’il refuse de le faire, le patient ira en consulter un autre pour obtenir l’examen ».
Dans un autre article, Martine Perez rappelle quant à elle qu’« il existe une technique d’imagerie non irradiante et qui reste insuffisamment développée en France : l’IRM ».
« Pour des raisons économiques, notre pays limite le nombre d’autorisations pour tous les appareils d’IRM pourtant indispensables dans un certain nombre de situations médicales », constate la journaliste.