De gros dégâts en Vendée après la tempête qui a dévasté le département, le 27 février 2010.
France 2 Bernard Spitz, président de la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA), l'a précisé jeudi devant le Sénat. Ce montant correspond au prix de la maison et du terrain.
Un budget de 300 à 400 millions d'euros est prévu pour ces indemnisations après le passage de la tempête Xynthia.80% des sites sinistrés ont déjà fait l'objet de la visite d'un expert, et pour les 20% restants, il y aura une visite d'expertise "dans les prochains jours", selon M. Spitz. Interrogé sur les délais de paiement des indemnités, M. Spitz n'a pas donné de chiffres précis, indiquant simplement que ce serait "rapide". Il a encore rappelé que les compagnies d'assurance avaient proposé de faire des avances de règlement.
Au plan global, la tempête devrait coûter 1,5 milliard d'euros aux compagnies d'assurance, soit un montant moyen de 3.750 euros par sinistres.
1400 habitations seront détruites
1.400 habitations inondées lors du passage de la tempête Xynthia seront détruites car situées en zone d'extrême dangerLes propriétaires sinistrés ont commencé à découvrir jeudi dans les larmes, la colère ou la résignation, le tracé des "zones noires" et le destin réservé à leur résidence. Les logements, 798 en Vendée et 595 en Charente-Maritime, figurent dans des espaces critiques "où les risques peuvent être mortels" a précisé mercredi Luc Chatel.
"Je suis dégoûtée, c'est lamentable, il me reste deux ans à payer ma maison, pour moi c'est fini", explose une propriétaire pendant la première réunion d'information des sinistrés organisée à l'Aiguillon-sur-mer. Dans cette petite station balnéaire familiale du littoral vendéen, 241 habitations, dont 25 résidences principales doivent être rasées.
A la Rochelle, le préfet de Charente-Maritime, Henri Masse a tenu à préciser que les "zones noires" qui présentent "un danger de mort avéré" n'étaient "pas négociables".
"Les gens doivent quitter leurs maisons", a-t-il dit alors que le secrétaire d'Etat aux Transports et président du conseil général de Charente-Maritime Dominique Bussereau avait laissé entendre dans la matinée que "rien n'est encore figé" pour quelques communes charentaises.
"Choc", "arrachement" et malaise
La cartographie des zones à raser, établie après le passage de la tempête à partir d'un "faisceau de critères" et d'expertises approfondies, pourra conduire à "un choc, un nouveau traumatisme", comme l'a dit jeudi le préfet de Charente-Maritime.
"Je sais bien qu'il y a des personnes pour qui ça va être un arrachement épouvantable mais cette cartographie n'a qu'un seul but, protéger la vie", déclaré le préfet de Vendée, Jean-Jacques Brot devant les quelque 600 habitants rassemblés dans la salle omnisports. Un homme et une femme ont fait un malaise avant le début de la présentation.
Cette décision "est pire que ce qui s'est passé le 28 février" mais "il faut qu'on parte pour sauver nos vies et celles de nos enfants", lance une habitante de la commune.
"Les zones noires doivent donc retourner à l'état naturel (...). Il n'est pas acceptable de laisser les habitants se réinstaller dans leurs logements", a expliqué mercredi Luc Chatel. Selon lui, le déménagement des occupants de ces habitations pourra se faire soit par "acquisition à l'amiable des biens", soit par "procédure d'expropriation engagée par l'Etat". "Cette dernière procédure ne sera menée que si nécessaire", a-t-il ajouté, précisant que l'expropriation garantissait "le respect des droits et des intérêts des propriétaires".
L'Etat a par ailleurs défini des "zones jaunes", c'est-à-dire des "zones exposées au risques mais qui peuvent être protégées", a poursuivi le ministre de l'Eduation. Ces secteurs "devront faire l'objet d'un programme de protection basés sur des systèmes d'alerte, d'évacuation, de prescription technique sur les bâtiments ou encore de protection collective", a-t-il dit.
08/04/2010 Info France 3