Sodome et Gomorrhe
Sodome est une ville biblique localisée par la tradition biblique au sud de la mer Morte, dans l'actuel Israël , au sud de la forteresse de Massada, citée par le Livre de la Genèse aux chapitres 18 et 19. Il y avait cinq villes dans ce pays : Sodome, Gomorrhe, Adama, Séboïm et Zoar.
Sodome est célèbre pour avoir été, selon la Bible, détruite par le soufre et le feu, victime de la colère divine et l'épisode a été instrumentalisé comme prétexte de la répression de l'homosexualité pendant des siècles depuis l'empereur Justinien en 543, suivant une interprétation déjà présente chez plusieurs penseurs chrétiens comme Augustin d'Hippone, mais qui s'écarte de la lecture du texte, lequel évoque bien plus la répression à l'encontre de cités viles vis-à-vis des étrangers (non respect des lois de l'hospitalité) et des pauvres (non respect des loi de la charité).
La Torah (Ancien testament pour les chrétiens) décrit ses crimes et son châtiment : Dieu, alerté par « le cri contre Sodome », dont le « péché est énorme », est résolu à détruire la ville pour punir ses habitants (Genèse 18:20-21). Il envoie alors deux anges vérifier si le « péché » est avéré. Ces anges arrivent à Sodome et Loth, le neveu d'Abraham, les invite à loger chez lui. Tous les hommes de la ville entourent la maison de Loth en demandant qu'il leur livre les deux étrangers pour qu'ils les « connaissent » (Genèse 19:5). Dans ce passage, les habitants de Sodome disent à Loth : « Où sont les hommes qui sont venus chez vous cette nuit ? Amenez-les nous pour que nous les connaissions. » (yada’ en hébreu). Loth propose de donner ses deux filles en échange mais les habitants de la ville refusent l'échange.
Convaincu de leur crime, Dieu détruit la ville par « le soufre et le feu » en même temps que la cité voisine de Gomorrhe qui apparait dans le texte sans autre précision dans un sort que connaissent en définitive la plupart des villes aux alentours de la mer Morte.
Dans la tradition chrétienne, ces passages bibliques sont invoqués comme fondements de la condamnation de la sodomie et de l'homosexualité.
cette lecture particulière du passage Genèse 19 et inspire la plupart des traités de droit criminels condamnant l'homosexualité jusqu'au XVIIIe siècle avec une rigueur inouïe.
Le texte biblique et la tradition qui s'y attache paraissent en effet présenter les habitants de ces cités comme vivant une vie aux mœurs condamnées par la morale religieuse.
Dans la tradition juive, l'accent est d'avantage mis sur le caractère « égoïste » des Sodomites, et leur rejet de l'hospitalité : selon un midrash aggadique sur le sujet, la « clameur » est celle d'une jeune fille condamnée à être dévorée par les corbeaux pour avoir offert l'hospitalité à un étranger de passage.
C'est en ce sens aussi qu'il faut comprendre l'aphorisme du Traité des Pères (mishna 5:13) : « Ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi est à toi. C'est la voie de l'homme moyen, et certains disent : c'est la voie de Sodome. »
Du nom de cette ville dérivent les termes « sodomie », « sodomisme », « sodomiste », « sodomiser » et « sodomite ».
Appliqué au texte biblique de la genèse, le terme homosexualité est évidemment anachronique puisque le terme moderne, inventé au XIXe siècle s'accorde difficilement avec des textes aussi anciens.
Dans l'usage contemporain, le mot sodomie est d'ailleurs reçu de manière différente en français et en anglais, où il décrit le rapport sexuel entre deux hommes alors qu'en allemand, il décrit un rapport sexuel avec les animaux.
En français, depuis l’époque moderne, le terme désigne métonymiquement soit l’amour masculin, soit encore le milieu homosexuel masculin. Ainsi et par exemple, on trouve le passage suivant dans les Mémoires du Marquis de Sourches : « Le commencement du mois de juin [1682] fut signalé par l’exil d’un grand nombre de personnes considérables accusées de débauches ultramontaines. Tous ces jeunes gens avaient poussé leurs débauches dans des excès horribles, et la Cour était devenue une petite Sodome » ; dans les Mémoires du duc de Saint-Simon, en 1706, : « Le Roi […] plein d’une juste, mais d’une singulière horreur pour tous les habitants de Sodome, et jusqu’au moindre soupçon de ce vice ».
Le nom de Sodome fut repris par Marcel Proust comme titre de parties de son roman
À la recherche du temps perdu, parties publiées en 1922 et 1923 : Sodome et Gomorrhe, où il est justement question de l'homosexualité de Charlus.
Source Wikipédia