Les salariés ont allumé un grand feu de palettes devant l'usine Sodimatex vouée à la fermeture (01/04/10)
France 2 Vendredi matin, ils ont placé des cocktails Molotov autour de la citerne qu'ils menacent d'incendier pour faire exploser l'usine vouée à la fermeture.
Entre-temps, la préfecture travaillait à une table-ronde réunissant les représentants des salariés, la direction du groupe Trèves (propriétaire de Sodimatex) et le directeur départemental du travail.
Les salariés en colère réclament un meilleur plan social. Une quarantaine de salariés ont passé la nuit de jeudi à vendredi sur place. Jeudi soir, certains salariés ont allumé des feux de palettes et de matières plastiques dans l'usine de moquettes pour automobiles, demandant "que des négociations se rouvrent avec la direction".
La table ronde réunissant le préfet, la direction du groupe et des représentants du Comité d'entreprise (CE) devait se tenir vendredi, a priori en mairie de Crépy-en-Valois, selon Me Caroline Substelny, avocate des salariés.
Les salariés "attendent beaucoup de la réunion, il faut qu'on ressorte avec du concret sinon je ne garantis rien, ils sont déterminés", a prévenu Eric Lemoine, de la CFDT. "Ou on sort avec quelque chose qui convient, on déroule la procédure et au revoir, ou je ne sais pas... il y a la bombonne... Là, c'est tendu."
Le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu a dénoncé vendredi un "chantage" exercé par les salariés de l'équipementier automobile. "Je n'ai jamais compris le chantage dans le dialogue social. C'est totalement contradictoire!", a-t-il déclaré sur i-télé, réagissant aux propos d'un délégué CGT qui a réitéré sur la chaîne la menace de "faire sauter" une "bouteille" de gaz de "5.000 litres".
Jeudi matin, des salariés de Sodimatex ont manifesté aux abords de l'usine vouée à la fermeture, bloquant les accès à une importante zone industrielle et à la plate-forme logistique de Crépy-en-Valois. Les gendarmes sont intervenus pour rétablir les conditions de circulation, toujours selon la préfecture.
Les gendarmes mobiles ont utilisé des gaz lacrymogènes, ce qui a été ressenti par les salariés comme "une véritable agression", a déclaré un représentant de l'Union départementale CGT de l'Oise. "Les salariés demandent que la direction vienne à la table des négociations, mais pas les mains vides", a-t-il indiqué.
Selon lui, le groupe Trèves, propriétaire de Sodimatex, a touché des aides de l'Etat dans le cadre du plan d'aide aux équipementiers automobiles. "Aujourd'hui, on veut laisser les salariés partir avec le minimum légal", a-t-il dénoncé.
02/04/2010 Info France 3