La CGT a appelé à "poursuivre et amplifier le mouvement", après une rencontre infructueuse avec la direction. Celle-ci, de son côté, annonce un retour progressif à la normale pour vendredi.
Les cheminots sont en grève depuis mardi soir à l'appel de la CGT et de Sud-Rail, pour l'emploi et l'amélioration des conditions de travail.
La direction a annoncé pour vendredi 83% des TGV, 90% des Transiliens aux heures de pointe, 75% des TER, 75% des Intercités et 57% des Téoz.
Ces prévisions sont "de l'intox", a affirmé le secrétaire générale de la CGT-cheminots, Didier Le Reste. Selon lui "des trains sont supprimés à la dernière minute dans les gares et les usagers restent à quai".
Une délégation de la CGT-cheminots a été reçue jeudi après-midi par la direction, mais le directeur des ressources humaines a indiqué qu'une négociation était exclue tant que la grève continuait. De son côté, Didier Le Reste a appelé les cheminots "à poursuivre et amplifier la grève", estimant que cette rencontre n'avait "rien donné".
Jeudi le trafic des TGV était de deux trains sur trois à un service normal pour les TGV nord et est. Trois Transiliens sur quatre circulaient en moyenne en Ile-de-France, un train Téoz ou Intercités sur deux et deux TER sur trois.
Une mobilisation importante des conducteurs et des contrôleurs, selon la CGT
La direction estimait jeudi que 13,8 % de l'ensemble des salariés de la SNCF étaient en grève, la CGT parlant de 19,6%.
La CGT, qui a promis un "élargissement du conflit", a relevé des taux de grévistes importants parmi les conducteurs (39,87% selon elle) et les contrôleurs (43%), avec des pointes à Limoges, Toulouse, Lyon, Marseille, Rouen ou encore Rennes.
Le directeur des ressources humaines de la SNCF, François Nogué, conteste ces chiffres. Il affirme que le seuil de 20% de grévistes n'est franchi que dans cinq régions (Aquitaine, Limousin, PACA, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon). "Nous sommes face à un conflit qui est en train de devenir un conflit régional, localisé dans le sud de la France", a-t-il estimé, laissant entrevoir la poursuite de perturbations uniquement localement vendredi.
Il s'agit d'un mouvement pour l'emploi, l'amélioration des conditions de vie et de travail, contre "la casse du fret", selon la CGT, et les restructurations. La grève a commencé mardi soir à 20h.
La CGT demande en priorité des embauches supplémentaires, Sud-Rail veut "l'arrêt des réorganisations et restructurations". Les deux syndicats représentent 57 % des cheminots, selon les dernières élections professionnelles à la SNCF.
"La SNCF a perdu 22.000 emplois depuis sept ans, 3.700 cette année et veut encore en supprimer 8.000 d'ici 2012, alors qu'il y a une recrudescence des dysfonctionnements en raison des sous-effectifs", explique Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-cheminots.
Le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau a appelé dans la matinée de jeudi les cheminots à cesser leur grève, "inutile" selon lui.
| Renseignements sur le trafic La SNCF conseille à chaque voyageur de s'informer spécifiquement sur sa ligne, la liste des trains étant affichée dans chaque gare et des feuillets d'information distribués aux voyageurs de l'Ile-de-France dès lundi. Pour davantage de précisions, l'entreprise publique invite les voyageurs à se connecter sur www.sncf .com pour tous les trafics, www.abcdtrains.com pour les prévisions les Transiliens par gare, ou à appeler les numéros verts 0805 90 36 35 pour les grandes lignes et TER, 0805 700 805 pour les Transiliens. La SNCF a précisé dans un communiqué que les clients préférant annuler un voyage comportant une réservation pour un train de la période concernée pourront le faire sans frais au guichet, quel que soit le tarif. Renseignements: 0805 90 36 35 pour les grandes lignes et TER, 0805 700 805 pour les Transiliens. |