Sarkozy aurait menacé de quitter l'euro pour sauver la Grèce
Il voulait ainsi convaincre l'Allemagne. C'est José Luis Zapatero qui en aurait fait le récit, une semaine après la réunion des chefs d’Etat à Bruxelles sur le plan d’aide à la Grèce. L'entourage de l'Espagnol dément.
Nicolas Sarkozy, le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, le Premier ministre grec, George Papandreou et la chancelière allemande Angela Merkel à Bruxelles, le 25 mars. (Yves Herman / Reuters)
Un coup de poker de Sarkozy?
Le président de la République a menacé de sortir la France de l’euro pour forcer l’Allemagne, réticente, à accepter de sauver la Grèce de la banqueroute. C’est ce que raconte José Luis Rodriguez Zapatero, selon des propos rapportés à El Pais, ce vendredi. Ce que dément l'entourage du chef du gouvernement espagnol.
Selon le quotidien, proche des socialistes au pouvoir en Espagne, Zapatero a fait ce récit lors d’une réunion, mercredi, avec des barons de son parti, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) à Madrid.
Nicolas Sarkozy a exigé, vendredi dernier, «un engagement de tous, pour que tout le monde aide la Grèce, chacun selon ses moyens, ou la France réexaminera sa situation dans l’euro», aurait déclaré Zapatero selon El Pais, sans citer le nom du responsable lui a transmis cette déclaration.
Les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro se sont réunis vendredi dernier à Bruxelles pour entériner le plan d’aide à la Grèce, paquet de 110 milliards d’euros de prêts sur trois ans, de l’eurozone et du FMI.
«Sarkozy a tapé du poing sur la table»
«Sarkozy a tapé du poing sur la table et menacé de se retirer de l’euro, ce qui a tordu le bras d’Angela Merkel» la chancelière allemande, selon un autre responsable socialiste ayant écouté Zapatero. «La France, l’Italie et l’Espagne ont fait front commun face à l’Allemagne et Sarkozy en est arrivé à menacer Merkel de rompre le traditionnel axe franco-allemand», selon un autre assistant à la réunion.
L’Espagne est, avec le Portugal, un des pays de la zone euro fragilisé par la détérioration de ses finances publiques, et Zapatero a été contraint d’annoncer mercredi des mesures d’austérité supplémentaires et impopulaires, sous la pression des marchés et de ses partenaires européens.
Cette information «est dénuée de tout fondement», a assuré à l’AFP une source proche de la présidence du gouvernement espagnol. «Je n’ai pas connaissance que cette information soit exacte», a pour sa part douté la première vice-présidente du gouvernemnent socialiste espagnol, Maria Teresa Fernandez de la Vega, lors de la conférence de presse postérieure au conseil hebdomadaire des ministres.
(Source AFP) liberation.fr 14/05/2010