Nobel de médecine : les cellules souches à l'honneur
Le Figaro indique en effet que « le comité Nobel a distingué le Japonais Shinya Yamanaka et le Britannique John B. Gurdon pour leurs découvertes ouvrant la voie à la médecine régénérative par thérapie cellulaire et au clonage ». Le journal explique que « leur recherche sur la transformation des cellules adultes en cellules souches susceptibles de régénérer les tissus de l'organisme pourrait bouleverser tout le domaine thérapeutique pour les maladies liées au vieillissement, du cancer, à l'infarctus, en passant par le diabète et la maladie de Parkinson ». Le comité Nobel écrit ainsi que « leurs découvertes ont révolutionné notre compréhension de la manière dont les cellules et les organismes se développent ». Le Figaro ajoute que « John Gurdon, 79 ans, et Shinya Yamanaka, 50 ans, vont se partager une récompense de 8 millions de couronnes (929.000 €). Ces deux scientifiques […] s'inscrivent dans la même lignée conceptuelle, en montrant que l'on peut faire remonter le temps à la matière vivante, aux cellules, les rajeunir et les transformer pour les utiliser en lieu et place des cellules vieilles et malades ». Le quotidien rappelle que « l'histoire commence à Oxford, il y a 40 ans, avec John Gurdon, alors chercheur en biologie. Tout jeune doctorant, il a l'idée d'insérer le noyau d'une cellule de l'intestin d'une grenouille albinos dans l'ovocyte d’une grenouille normale, vidée de son propre noyau. Il démontre, fait incroyable, que cette cellule d'intestin transformée est capable de donner naissance à une autre grenouille albinos. Ce faisant, il vient de démontrer l'extraordinaire plasticité de la biologie cellulaire ».
« Ces expériences montrant que les cellules adultes gardaient toute leur potentialité ont ouvert la voie à une nouvelle génération de jeunes chercheurs. Shinya Yamanaka est de ceux-là. Chirurgien orthopédiste de formation, il s'enthousiasme pour la recherche fondamentale à l'université d’Osaka et troque rapidement le scalpel pour la pipette. Il teste différents mélanges pour rajeunir en éprouvette, les cellules adultes d'un être humain donné. La biologie cellulaire est en effervescence », poursuit le journal. Le Figaro ajoute qu’« en 2006, à l'université de Kyoto [le chercheur] parvient à produire les premières cellules IPS : elles sont obtenues à partir de cellules adultes, qui grâce à des manipulations génétiques sont transformées en cellules souches, ayant les mêmes potentialités que les cellules embryonnaires, capables à leur tour de se métamorphoser en toutes sortes d'autres cellules. La cure administrée par le Pr Yamanaka et son équipe, un cocktail de gènes, permet de ramener ces cellules adultes au stade des cellules souches embryonnaires non encore spécialisées.
On peut désormais se passer de l'embryon pour «récolter» les précieuses cellules souches ».
Le Pr Marc Peschanski (Istem, Inserm) remarque que « ce prix Nobel est une excellente nouvelle. Yamanaka a créé le concept de reprogrammation cellulaire ». Le journal conclut ainsi que « le Nobel 2012 signe l'acte de naissance d'une révolution thérapeutique à venir basée sur le concept fou de «régénérescence» ». Sur quelques lignes, Le Parisien note aussi qu’« une révolution scientifique a été saluée par le comité Nobel », tandis que Libération relève que les deux lauréats « se sont dits surpris, alors que leurs recherches sur la réversibilité des cellules souches ont révolutionné la science ».
