Christine Boutin, ancienne ministre du logement (archives)

Christine Boutin, ancienne ministre du logement (archives)

France 3
L'hebdomadaire satirique révèle que Christine Boutin touche 9.500 euros mensuels pour une mission sur la mondialisation

Employée comme chargée de mission depuis avril sur initiative de l'Elysée, l'ex-ministre du Logement dispose d'une "voiture avec chauffeur", des "bureaux dans le XVe arrondissement de Paris" et d'un "secrétariat particulier", selon Le Canard Enchaîné.

Christine Boutin confirme la mission mais conteste la présentation qui en est faite par le journal.

Dans son édition de mercredi, qui rapporte l'information, l'hebdomadaire la présente comme "le prix payé par Sarko pour calmer Christine Boutin", qui avait été évincée du gouvernement en juin 2009. Elle dément l'idée "que laisse entendre le Canard enchaîné que d'une certaine façon, (elle s'est) fait acheter par le président Sarkozy".

"La rémunération est effectivement de 9.500 euros net par mois", confirme l'ancienne ministre dans un communiqué diffusé tard mardi soir. Toutefois, elle se défend de bénéficier d'un passe-droit en la matière et dément l'interprétation qu'en fait l'hebdomadaire: "Cette mission correspond à un travail de fond à mener dans la perspective de la présidence française du G20 (novembre 2010-novembre 2011)", explique-t-elle.

Quant à la rémunération, elle a été "fixée par le secrétariat général du gouvernement, sur la base de textes réglementaires qui encadrent la rémunération des ministres, secrétaires d'État et hauts commissaires". Selon Christine Boutin, "elle s'apparente à celle d'un directeur d'administration, d'un conseiller maître à la cour des comptes ou d'un conseiller d'Etat." L'ancienne ministre précise que ses travaux sur la justice sociale et la mondialisation ont débuté début 2010, en liaison avec les ministères du Travail, des Affaires étrangères et des Finances. Elle rendra un "pré-rapport" en octobre 2010.

L'ancienne ministre, qui s'était déclarée publiquement "très choquée" par son éviction du gouvernement en juin 2009, a fait entendre à plusieurs reprises sa différence au sein de la majorité. En septembre, elle estimait que l'électorat de droite était "déboussolé" puis jugeait, fin 2009, qu'une loi interdisant le port du voile intégral en France serait "très difficile". Le Canard Enchaîné écrit que l'ancienne ministre a obtenu une revalorisation de sa rémunération en faisant "savoir habilement qu'elle envisageait de se présenter à la présidentielle de 2012". Déjà candidate en 2002, elle avait recueilli 1,19% des voix. Christine Boutin se défend et affirme ne pas avoir été "bridée dans son rôle de chef de parti politique (ndlr, le Parti chrétien-démocrate, PCD)".

09/06/2010 par FTV Info France 3