Maison Bernadotte
La Maison Bernadotte est l'actuelle famille royale de Suède (depuis 1818) et l'ancienne famille royale de Norvège (de 1818 à 1905).
Elle a été fondée par le maréchal d'Empire français Jean-Baptiste Bernadotte, duc de Pontecorvo puis prince et ensuite devenu le roi Charles XIV Jean lors de son accession au trône en 1818.
Charles XIV Jean (1818-1844)
Né à Pau dans le Béarn, Jean-Baptiste Jules Bernadotte, fils d’un avocat, grimpe rapidement les échelons militaires. Engagé comme simple soldat en 1780, il devient sergent-major en 1789. Remarqué par Kléber, il est proclamé par celui-ci général de brigade, puis général de division en 1794.
Ambassadeur à Vienne en 1798 et ministre de la Guerre en 1799, il reçoit de Napoléon Ier (dans la famille duquel il est entré en 1798 en épousant Désirée Clary, la première fiancée de Napoléon et la belle-sœur de Joseph Bonaparte) le bâton de maréchal d'Empire en 1804, avec le gouvernement du Hanovre. Pour sa contribution à la victoire d'Austerlitz, il reçoit la principauté de Pontecorvo en 1806.
Gouverneur des villes hanséatiques en 1807, il est chargé d'opérer contre la Suède. Mais, apprenant qu'une révolution a précipité du trône le roi Gustave IV, seul hostile à la France, il suspend les hostilités ;
cette conduite loyale lui concilie l'estime et l'affection des Suédois.
Bien qu’auréolé d’une popularité certaine en Suède, Bernadotte ne plaît que relativement au nouveau roi Charles XIII, en quête d’héritier puisque n'ayant pas eu d'enfants. Néanmoins, le 21 août 1810, le Riksdag le fait prince royal de Suède et le désigne comme successeur au trône en l'élisant prince héréditaire.
Adopté par le nouveau roi de Suède Charles XIII, Bernadotte se convertit au protestantisme et prend le nom de Charles Jean.
Il part avec l'assentiment de Napoléon qui accepte ce choix, espérant tenir ainsi un allié solide au nord de l'Europe.
Charles XIII étant âgé et malade, Bernadotte est rapidement amené à exercer des fonctions capitales en tant que régent, dès 1811. Dans cette fonction, il montre une détermination certaine à défendre les intérêts de sa future couronne. Passée une période francophile, l’héritier du trône suédois s’éloigne de Napoléon avec lequel il a toujours entretenu des rapports ambigus, parfois conflictuels.
En effet, au commencement de 1812, les troupes françaises ayant envahi le territoire suédois, il rompt avec Napoléon. Loin de se révéler l'allié escompté par l'empereur, le nouveau prince héritier préfère jouer avant tout la carte de l'avenir.
Voyant l'Empire ébranlé, il favorise, en 1813, l'entrée de la Suède dans la coalition contre la France.
Nommé généralissime de l'armée du Nord, le prince royal a une part décisive à la bataille de Leipzig en 1813 ; toutefois, il ne pénètre pas à main armée sur le territoire français, se garde de faire marcher ses armées jusqu'en France et s'arrête sur les bords du Rhin. Il tente même, inutilement, de déterminer Napoléon à la paix et de détourner les alliés de passer le Rhin.
Certains le soupçonnent d'avoir caressé l'espoir de remplacer Napoléon sur le trône impérial, perspective à laquelle le tsar Alexandre Ier n'aurait pas été hostile, dans le cadre d'une sorte d'« échange » qui aurait vu l'un de ses neveux accéder au trône de Suède. Cette combinaison, si elle est avérée, n'eut pas de suite. Le Congrès de Vienne, ayant préféré entériner la Restauration des Bourbons en France, retire la couronne de Norvège au royaume de Danemark pour l'offrir aux souverains suédois.
À peine de retour en Suède, où il est reçu avec enthousiasme, il marche sur la Norvège, dont la possession lui a été assurée par les alliés, et s'en rend maître en 15 jours en 1814.
Le 5 février 1818, l'ex-maréchal Bernadotte monte sur le trône et devient roi de Suède et de Norvège sous le nom de Charles XIV Jean. Charles Jean ne s'occupe plus que de faire prospérer ses États ; il cimente l'union des Suédois et des Norvégiens, tout en laissant à chacun des deux peuples sa constitution propre, développe l'instruction publique, l'agriculture, l'industrie et le commerce. Chéri des Suédois, il prend pour devise : « L'amour de mon peuple est ma récompense. »
Sa politique de « réformes conservatrices » lui permet de se mettre au service de ses sujets. De même, c’est sous son règne qu’est ouvert, en 1832, le Canal Göta reliant l'Océan et la mer Baltique.
Source Wikipédia