Moins de soins pour les sans-papiers
Le Parisien indique que « l’Assemblée nationale a restreint le 2 novembre 2010 l’accès à l’aide médicale d’Etat. […] Les députés UMP ont instauré un droit d’entrée de 30 € ».
« Ils ont exclu du panier de soins les cures thermales, la chirurgie réparatrice et l’aide médicale à la procréation. Ils ont également limité cette aide «aux conjoints et enfants» », poursuit le journal.
Le quotidien relève que selon Roselyne Bachelot, « «l’essentiel» du dispositif destiné aux sans-papiers «est préservé» ».
Le Figaro note également que « les sans-papiers devront s’acquitter d’un droit d’entrée de 30 € pour bénéficier de l’AME ». Le journal observe que « ce tour de vis, opéré avec le feu vert de Roselyne Bachelot – et critiqué par plusieurs associations de défense des étrangers en situation irrégulière – a donné lieu à des échanges droite-gauche très vifs ».
Le quotidien indique que « les caisses d’assurance-maladie pourront dorénavant vérifier que, une fois l’ouverture des droits obtenue, le bénéficiaire de l’AME réside toujours en France. Les directeurs des caisses pourront récupérer les sommes indûment versées, prérogative actuellement réservée aux préfets ».
L’Humanité retient pour sa part que « l’accès à la santé des plus vulnérables se réduit ». Le journal note que « pour les associations, le ticket modérateur de 30 € pourrait entraîner le renoncement aux soins ».
Le quotidien rappelle que « le budget de l’AME voté pour 2011 est de 588 millions d’euros, soit une hausse de 42% depuis 2002. Or, a expliqué la ministre de la Santé elle-même, «il n’y a pas de dérive financière de l’AME» puisque, dans le même temps, le nombre de bénéficiaires du dispositif a augmenté de 40% ».
L’Humanité aborde aussi « la diminution du «panier de soins» à des actes dont le service médical rendu est jugé moyen ou important. Ce qui exclut «par exemple, les cures thermales ou le traitement de la stérilité». Comme si les sans-papiers pauvres envahissaient les balnéothérapies… ».
Le journal s’intéresse en outre à une « étrange enquête aux urgences » :
« Une enquête nationale menée actuellement par l’assurance-maladie sur les soins dispensés dans les services d’urgences aux personnes en situation irrégulière inquiète la communauté médicale ». Bruno Riou, chef du service des urgences du CHU de La Pitié-Salpêtrière, déclare que « beaucoup de médecins voient où on veut en venir, à savoir la restriction de l’accès aux soins des personnes en situation irrégulière ».
Les Echos note de son côté que « la gratuité des soins des sans-papiers [est] restreinte à la marge », et indique que « la gauche et les associations dénoncent des mesures inutiles et dangereuses ».
Laurent Frichet Médiscoop 3/11/2010