Le dépistage de la trisomie 21 bientôt moins dangereux
Le Parisien relate en effet une « bonne nouvelle pour les femmes enceintes qui vont subir un dépistage de la trisomie 21 pour leur futur bébé. Dorénavant, une simple prise de sang suffira ».
Le journal rappelle que « depuis 30 ans, le repérage systématique des grossesses à risque, puis le diagnostic proposé aux femmes concernées, a permis de stabiliser le nombre de naissances de bébés trisomiques, mais la médecine se heurte toujours à un écueil monumental : le risque de fausse couche entraîné par l’amniocentèse. Or c’est jusqu’à présent la seule technique qui permette de déceler l’ADN défaillant du bébé ».
Le Parisien explique que « les chercheurs ont planché [sur cette alternative] plus de 10 ans durant et elle affiche aujourd’hui 99% de réussite à partir d’une simple prise de sang. Grâce à un «séquenceur à très haut débit», capable de repérer, isoler et analyser les cellules de l’ADN du fœtus, disséminées dans le sang de sa mère, les médecins peuvent savoir, entre la dixième et la douzième semaine de grossesse, si le bébé à naître est atteint ou non ».
« Pour les spécialistes des grossesses à risques et du diagnostic prénatal, c’est une révolution, puisqu’elle marque la fin de l’intervention invasive qu’est l’amniocentèse », poursuit le quotidien.
Un des acteurs de la recherche sur ce Prenatest, le Pr Yves Ville, chef du service de gynécologie obstétrique de la maternité de l’hôpital Necker à Paris, remarque que « cela fait plus de 20 ans que l’on essaie de trouver et d’isoler des cellules du fœtus, dans le sang de la mère, pour analyser leur ADN. Le déclic s’est fait lorsqu’il y a une dizaine d’années des chercheurs de Hongkong ont démontré la présence de fragments de cet ADN dans le plasma sanguin. C’était comme des morceaux d’un puzzle qu’il ne restait qu’à reconstituer ».
Le Parisien ajoute que « l’avancée scientifique s’est doublée d’une avancée technologique, avec la mise au point d’un outil high-tech capable de reconstituer le puzzle. C’est le séquenceur de dernière génération, d’une valeur d’un million d’euros, qu’a expérimenté avec succès le Pr Ville pendant 2 ans dans son service parisien, choisi pour abriter les essais français du test ».
Le quotidien précise toutefois que « si le Prenatest est validé en France, comme c’est déjà le cas aux Etats-Unis et en Suisse, le médecin souhaite que son usage soit strictement encadré ».
« Il ne doit servir qu’à remplacer l’amniocentèse en cas de risque avéré, et non devenir un kit à faire le caryotype d’un bébé », indique le Pr Ville. « Autrement dit, gare à toute dérive qui consisterait à choisir le profil génétique de son bébé », observe le journal.
Le Parisien note enfin que « le Pr Ville espère élargir les essais à l’échelle de toute l’Ile-de-France, avant la fin de l’année. A l’Agence nationale de sécurité du médicament et la Haute Autorité de santé de décider ».