
Bisphénol A et cancer : les preuves s'accumulent
Le Monde note qu’« au terme d'un travail de longue haleine ayant rassemblé les contributions d'une centaine de scientifiques, l'Anses a rendu public un avis sur le bisphénol A singulièrement inquiétant pour les générations à venir. Rarement – jamais peut-être – une agence de sécurité sanitaire aura rendu des conclusions aussi alarmantes sur un polluant à ce point omniprésent dans notre environnement quotidien ».
Le journal indique que « selon l'agence, "certaines situations d'exposition de la femme enceinte au BPA présentent un risque pour la glande mammaire de l'enfant à naître". Les enfants exposées in utero à des taux de BPA pourront avoir un risque accru de contracter un cancer du sein plus tard dans leur vie ».
Le quotidien note que « d'autres risques (troubles du comportement, défauts de l'appareil reproducteur femelle, obésité) pour l'enfant à naître ont été évalués comme "négligeables" pour la population générale, mais ne sont pas exclus pour certaines catégories.
D'autres risques encore – pour la prostate, la thyroïde, la fertilité masculine, etc. –, avérés ou suspectés sur l'animal, n'ont pu être évalués par les experts, faute de données suffisantes ».
Le Monde explique donc que « dans 23% des situations, les femmes enceintes sont potentiellement exposées à des taux de BPA présentant un risque accru de cancer du sein pour l'enfant à naître. Ce taux ne peut être directement extrapolé, mais il rend plausible le fait qu'entre un cinquième et un quart des femmes enceintes ont un taux d'imprégnation au BPA excédant une valeur de référence calculée par les experts de l'Anses ».
« Selon l'Anses, la première source d'exposition est de loin l'alimentation, qui contribue à quelque 84% de l'exposition de la femme enceinte au BPA. Environ la moitié de l'exposition totale provient des résines époxy qui gainent l'intérieur des boîtes de conserve. […] Les sources d'environ 25% à 30% de la contamination des aliments consommés n'ont pas pu être déterminées », poursuit le journal.
Le Figaro se penche également sur « les risques pour le fœtus du bisphénol A », relevant notamment que « l’Anses a passé en revue les risques liés aux tickets de caisse ou de cartes de crédit, dont un très grand nombre contient du bisphénol A. «La manipulation des tickets thermiques conduit à des situations à risques», et les caissières sont les plus exposées ».
« L’Anses met également en avant les risques liés à «l’eau conditionnée dans des bonbonnes en polycarbonate» (fontaines à eau), que l’on trouve un peu partout dans les entreprises, les salles d’attente, certains lieux publics. La consommation de cette eau «peut contribuer à une augmentation conséquente de l’exposition interne au BPA et pourrait ainsi, ajoutée aux autres expositions, entraîner un risque “additionnel” pour l’enfant à naître» », ajoute le quotidien.
Le Parisien retient que le BPA « est bel et bien dangereux », La Croix souligne « la nécessité de réduire le bisphénol A », L’Humanité parle de « nouvelle alerte » sur le BPA, tandis que Les Echos titre : « Bisphénol A : un risque pour la santé de mieux en mieux cerné ». Le journal indique que « l'Anses appelle les industriels à la prudence dans l'emploi de produits de substitution ».
Laurent Frichet Médiscoop Tsavopresse 10 Avril 2013
Un épidémie de pathologies à venir?