Les écoles maternelles et élémentaires seront particulièrement touchées mardi par la grève dans la fonction publique

La plupart des syndicats appellent les salariés à manifester et à débrayer mardi pour exprimer leur mécontentement de la situation sociale, deux jours après la cinglante défaite de la majorité aux élections régionales.

Selon le syndicat SNUipp-FSU, majoritaire, 52% des enseignants des écoles maternelles et élémentaires seront en grève mardi.


Annoncée au soir du sommet social du 15 février à l'Elysée, cette journée d'action interprofessionnelle, la première depuis le 6 octobre, constituera aussi - mais pour certains syndicats seulement - un premier tour de chauffe de la mobilisation pour la défense des retraites, alors que François Fillon a confirmé dimanche que cette réforme demeurait à l'ordre du jour.

Grève dans l'Education
Dans l'Education nationale, de nombreux établissements scolaires devraient être perturbés voire fermés mardi, notamment des écoles maternelles et élémentaires. Les enseignants grévistes protestent contre les suppressions de postes dans  l'Education nationale et certaines réformes comme celle de la formation des enseignants.

Le SNUIpp-FSU,  principal syndicat des écoles, prévoit 52% d'enseignants grévistes dans le primaire, dont "au moins 65%" à Paris.

En vertu de la loi, un service minimum d'accueil doit être organisé à partir de 25% de grévistes par école, mais ce système connait toujours des ratés. Les parents sont donc invités à se renseigner  auprès de l'établissement de leur enfant.

Les autres secteurs touchés
D'autres secteurs seront également touchés par la grève: les transports,les services des Impôts et du Trésorles services judiciaires qui entendent dénoncer "la déterioration des conditions de travail liées au manque d'effectifs" et l'augmentation de la charge de travail.

A La Poste, quatre syndicats appellent à la grève pour dénoncer "les profondes restructurations dans tous les métiers", "les suppressions d'emplois" et "l'augmentation du stress" et à France Telecom quatre syndicats appellent à la grève.

 Enfin, la Confédération paysanne, FO-Energie, l'union confédérale des retraités CGT, la section des retraités FSU, la CGT de Rhodia et celle de Vinci appellent également à la mobilisation.

Les syndicats en ordre dispersés
Les syndicats abordent toutefois ce rendez-vous revendicatif en ordre dispersé. CGT, CFDT, FSU, Solidaires (syndicats Sud et autres et l'Unsa autonome) feront cause commune, mais leurs priorités ne sont pas les mêmes.

Pour la CFDT et l'Unsa, les priorités sont l'emploi et le pouvoir d'achat, et non pas les retraites.

Force ouvrière (FO) a appelé séparément à l'action, autour d'un seul mot d'ordre: les retraites.

La CFTC et la CFE-CGC ont préféré se tenir à l'écart de ce rendez-vous qualifié par la seconde de "fourre-tout"

A l'issue du sommet social du 15 février, les syndicats étaient sortis de l'Elysée déçus que Nicolas Sarkozy se fût "limité à annoncer une série de rendez-vous", fin mars et le mois prochain, sur l'emploi, la situation des fonctionnaires et les retraites.

Ils entendent tirer avantage de l'échec subi dimanche par la majorité au pouvoir, l UMP. "C'est bien d'autres orientations dans les domaines économiques et sociaux qui doivent être à l'ordre du jour le plus rapidement possible dans la conduite des entreprises comme dans celle du pays", affirme la CGT.

Un discours avec lequel Jean-Claude Mailly (FO) prend ses distances: "Je ne crois pas aux formules de troisième tour social", dit-il.

22/03/2010 Info France 3