Le Premier ministre François Fillon à l'ELysée, le 12 mai 2010

Le Premier ministre François Fillon à l'ELysée, le 12 mai 2010

AFP - Eric Feferberg
François Fillon annonce un "coup de rabot" général de 10% sur toutes les niches à quelques "exceptions" près

Certaines seront même supprimées précise le premier ministre dans une interview jeudi à l'Est républicain.
L'objectif est d'arriver à "5 milliards d'euros d'avantages fiscaux en moins sur deux ans" pour permettre de réduire le déficit public et le ramener à 6% l'an prochain, 4,6% en 2012 et à 3% du PIB en 2013 indique M. Fillon.

 
Ce n'est pas la première mesure annoncée par le chef du gouvernement pour lutter contre la dette publique. Le 6 mai, outre des économies sur les niches fiscales, il avait annoncé le "gel en valeur" des dépenses de l'Etat pour les trois prochaines années et la réduction de 10% des dépenses d'intervention qui  comprennent notamment les aides sociales.

 

Dans l'entretien accordé au quotidien régional, M. Fillon donne quelques précisions sur la méthode pour s'attaquer aux quelque 500 niches fiscales actuelles qui coûtent, chaque année, près de 75 milliards à l'Etat.

 

"Au cas par cas, certaines niches seront supprimées. Et il y aura un coup de rabot de 10%. Avec des exceptions car il ne faut pas alourdir le coût du  travail", explique le Premier ministre.

 

Les ministres sous surveillance
Par ailleurs, François Fillon  a décidé que "toutes les décisions à caractère  fiscal" seraient "discutées au moment du budget" et ce "dès aujourd'hui", sans attendre l'inscription dans la Constitution de l'objectif d'un retour à l'équilibre budgétaire voulue par Nicolas Sarkozy.

 

Autrement dit, les ministres ne pourront plus créer d'avantages fiscaux en  toute discrétion.

Réforme de la retraire: Fillon prône la progressivité
Alors que le Medef plaide pour une augmentation de l'âge légal du départ à la retraite d'un semestre par an, François Fillon avance que "la question du  rythme est en débat".
"Mais", ajoute-t-il, "si nous voulons sécuriser le régime sur une durée la plus longue possible, il faut aussi ne pas déstabiliser les salariés qui sont très proches de la retraite. Il faut trouver un compromis. L'acceptabilité de la réforme passe par sa progressivité".

 

"Il n'est pas question de revenir sur l'idée que ceux qui ont fait des carrières longues doivent pouvoir bénéficier d'un départ anticipé", poursuit le Premier ministre, ajoutant cependant que "si on fait bouger l'âge légal, on fait bouger tout en même temps".

 

Il estime par ailleurs qu'il "faut que les entreprises changent, en adaptant des  postes de travail à l'âge des salariés" et exclut enfin d'augmenter la CSG pour les retraités  imposables, comme l'a récemment proposé un rapport du Sénat, affirmant que cette  option "ne fait pas partie des propositions du gouvernement" qui devraient être connues mi-juin.

03/06/2010 Info France 3