Les Marseillais brandissent la Coupe de la Ligue

Les Marseillais brandissent la Coupe de la Ligue

AFP - Franck Fife
L'OM a mis fin à 17 ans sans trophée en remportant la finale de la Coupe de la Ligue face à Bordeaux (3-1).

L'Olympique de Marseille a renoué avec son glorieux passé en s'imposant face aux Girondins de Bordeaux au terme d'un match engagé. Des buts signés Diawara, Valbuena et Chalmé contre son camp ont permis aux hommes de Didier Deschamps d'embraser le Stade de France.

Bordeaux à sec

Enfin ! L'OM tient enfin son trophée. Comme un symbole, c'est Didier Deschamps, le dernier joueur à avoir soulever une coupe (la C1 en 1993), qui a conduit, depuis son banc d'entraîneur, vers ce nouveau sacre. Certes, la Coupe de la Ligue n'a pas le lustre de la plus prestigieuse des compétitions européennes mais l'histoire retiendra que Marseille fait de nouveau partie des clubs vainqueurs. L'anomalie est réparée.

 

D'emblée, le ton est donné. La pluie bat son plein et la nervosité des joueurs apparente. Longtemps, Laurent Blanc a laissé planer le doute sur la composition de son équipe mais, finalement, c'est presque son onze type qui est aligné sur la pelouse du Stade de France, à l'exception notable d'Ulrich Ramé qui conserve sa place dans le but. Il est clair qu'en dépit de l'affrontement face à Lyon en Ligue des Champions qui attend les Girondins mardi, ces derniers ne prennent pas cette finale la rencontre. En témoignent ces tacles engagés, voire brutaux, de Sané et Diarra sur le malheureux Lucho Gonzalez lors du premier quart d'heure. Les esprits s'échauffent, les occasions se dont rares. Si les Phocéens dominent quelque peu cette première période, Bordeaux bétonne bien et ne tremble que sur deux tentatives de Brandao et Ben Arfa.

 

Les 45 dernières minutes seront d'un tout autre niveau. Et ce grâce à des Marseillais qui se libèrent enfin de la pression et accentuent leur emprise sur la rencontre en arrêtant de jouer avec le frein à main. Logiquement, l'effort paye. Il suffit d'un corner tiré parfaitement par Lucho Gonzalez qui trouve le coup de tête surpuissant de Diawara pour débloquer définitivement la situation (1-0, 60e). Diawara, l'ancien Girondin, qui crucifie ses anciens partenaires, l'image est cruelle. Les tenants du titre, qui disputaient leur septième finale de la Coupe de la ligue (trois victoires, trois défaites avant ce soir), ont à peine le temps de se remettre de cette "traîtrise" que l'OM enfonce le clou. Et de quelle manière ! A la suite d'un jeu à deux entre les lutins Ben Arfa et Valbuena, le premier temporise avant de servir le second qui expédie une mine que Ramé ne peut qu'effleurer (2-0, 67e).

 

Dès lors, les hommes de Didier Deschamps gèrent sereinement leur avantage face à des Girondins démobilisés. Les Bordelais semblent vraiment accuser le coup avant la Coupe des Champions et l'emballage final du championnat. Le spectre d'une année blanche, sans titre après avoir été engagé sur tous les fronts, trotte-il dans les esprits des Marine et Blanc ? Un coup-franc de Valbuena, à peine touché par Cissé et carrément détourné par le malheureux Chalmé se charge de plonger Bordeaux dans le doute (3-0, 78e) et Marseille vers la victoire. Ce n'est pas la réduction du score par Sané qui changera la donne (3-1, 83e). L'OM remporte donc l'un de seuls trophées qui manquait à son riche palmarès et rentre dans le club très fermé des clubs vainqueurs du championnat, de la Coupe de France et de la Coupe de la Ligue. Le souvenir de Robert Louis-Dreyfus, décédé il y a quelques mois, sera souvent cité par joueurs et staff olympiens après le coup de sifflet final. Comme quoi Marseille a de l'avenir mais sait encore se retourner sur son passé.


Déclarations

Valbuena et Ben Arfa heureux

Mathieu Valbuena (attaquant de Marseille): "Nous sommes très heureux et très émus, car cela faisait longtemps que nous n'avions pas gagné de finale. Avant le match, on a senti notre détermination de gagner. On a vu dans notre agressivité, notre impact physique qu'on était présent. Je n'ai pas eu d'inquiétude avant le match. J'ai su deux heures avant que je ne commencerai pas. C'était un choix, il fallait l'accepter et se tenir prêt quand on fait appel à toi. A la mi-temps, l'entraîneur m'a dit de m'échauffer car je rentrais dans 5-10 minutes. J'ai essayé d'apporter ce que je sais faire. Une finale, c'est l'équipe qui a le plus envie qui la remporte. C'est mon 1er titre avec l'OM. J'en avais marre de marquer néant sur mon palmarès!

 

Hatem Ben Arfa (attaquant de Marseille): "On est très heureux, très fiers de ramener ce trophée pour tous les Marseillais. C'est le fruit surtout d'un travail collectif. On a fait preuve de caractère tout en maîtrisant nos nerfs. On a joué comme il faut jouer une finale. Ce titre concrétise un beau parcours, il faut s'appuyer là-dessus pour bien finir la saison, car on peut ramener deux trophées. On n'a jamais renoncé au titre de champion de France. Tout est encore jouable et nous, on a la qualité pour le faire."

 

Matthieu Chalmé (défenseur de Bordeaux): "On est tous déçu, on a pris ce premier but et c'est regrettable de prendre le deuxième aussi vite, maintenant il faut passer à autre chose parce qu'il y a une autre compétition qui nous attend, très importante à nos yeux, et Lyon est à notre portée, on veut réagir dès mardi. La finale se joue sur des détails, on prend un but sur coup de pied arrêté, il y a peut-être un tournant dans le match quand Marouane (Chamakh) lance Wendel vers le but et que l'arbitre siffle peut-être un peu vite (ndlr: sans laisser l'avantage)... On savait que ce serait un combat, on a répondu, mais c'est bizarre, ce match s'est joué sur un faux rythme, on s'est laissé endormir. 3-0 (sic: en réalité 3-1), c'est peut-être sévère, mais ils la méritent."

 

Laurent Blanc (entraîneur de Bordeaux) : En 1re période, le match était assez équilibré mais je crois que nous n'avons pas réussi à développer notre jeu. Pourtant, on savait ce que Marseille allait proposer dans le combat physique. On a répondu mais on a fait la même erreur qu'à Marseille en ne répondant que dans ce domaine. Marseille était bien organisé. On savait qu'ils seraient dangereux sur coups de pied arrêtés et ils ont ouvert le score sur ce corner. Marseille a parfaitement joué le coup. On avait prévu de répondre avec autre chose et si on l'avait fait, on aurait pu gagner. Il faut être réaliste, l'OM méritait plus sa victoire que Bordeaux ce soir. On a eu des possibilités de mettre notre jeu en place mais techniquement on a eu trop de déchet. Quand nous sommes parvenus à faire quelques passes, on leur a créé des problèmes mais on l'a trop peu fait".

 

Didier Deschamps (entraîneur de l'OM) : "C'est une immense joie pour tout le monde, en premier lieu pour les joueurs, c'est eux qui sont sur le terrain, c'est leur victoire. Pour plein de gens qui suivent l'OM depuis des années, et Dieu sait qu'ils sont nombreux, c'est une joie très forte. Je voudrais dédier cette victoire à M. Robert Louis-Dreyfus (l'ex propriétaire du club, décédé l'an dernier) pour tout ce qu'il a fait pour l'OM, à travers sa femme et ses enfants qui étaient là ce soir. On lui a rendu le plus beau des hommages. J'ai aussi une pensée pour Pape Diouf (l'ancien président), c'est lui qui est venu me chercher, je n'oublie pas."

 

Jean-Claude Dassier (président de l'OM): "C'est une joie profonde, pleine, je ne vous surprendrai pas en disant que j'ai écrasé une larme, et ce n'est pas une posture, c'est sincère, j'étais avec Margarita Louis-Dreyfus (propriétaire du club) et ses fils, ils étaient fous de joie. Mais c'est la victoire des joueurs et de Didier Deschamps, de José Anigo, de tout le staff, vous (les journalistes) êtes des experts pointus, vous l'avez vu progresser cette équipe. L'appétit venant en mangeant, nous allons légèrement -enfin, à la marseilaise...- faire la fête, mais le championnat nous intéresse.
On s'est fait Lyon (2-1 en L1 dimanche) et Bordeaux dans la même semaine, on n'a pas de raison de ne pas être ambitieux."

28/03/2010 JL Info France 3