Cécité : un médicament efficace et 30 fois moins cher
Martine Perez se penche dans Le Figaro sur un « cas d’école », « emblématique d'un combat à mener pour réduire les dépenses de santé dans les pays occidentaux, sans diminuer la qualité des soins ».
La journaliste note en effet que « deux médicaments sont utilisés actuellement contre la dégénérescence maculaire liée à l'âge. […] Le premier, le Lucentis, injecté tous les mois dans l'œil au prix d'environ 1 100 € la dose, est autorisé par l'Agence du médicament.
Le second, l'Avastin, copie quasiment conforme du premier et utilisé de la même manière, coûte environ 30 € par injection, mais n'a pas reçu d'autorisation ».
Martine Perez indique que « sous la pression économique, les autorités sanitaires britanniques ont lancé, il y a 4 ans, un essai comparant le Lucentis à l'Avastin, chez 610 patients souffrant de DMLA. Les résultats, présentés dimanche 6 mai lors d'un congrès en Floride, confirment la similitude totale des deux molécules tant en ce qui concerne l'efficacité que les effets secondaires ».
« C'est aujourd'hui aux autorités sanitaires de prendre la décision d'autoriser l'Avastin afin que tous les patients ayant besoin de ce médicament puissent être soignés, sans pour autant faire exploser les dépenses de santé. […] La nouvelle étude anglaise, à paraître sous peu dans le journal Ophtalmology, devrait clore le débat et confirmer la similitude des molécules, hormis leur prix », estime la journaliste.
Le Pr Usha Chakravarthy (université de Belfast), qui a mené cet essai baptisé Ivan, précise ainsi que « les résultats à la fin de la première année montrent que Lucentis et Avastin ont exactement la même efficacité ».
Martine Perez ajoute que « les effets secondaires seraient dans cet essai un peu plus importants avec le Lucentis que l'Avastin. Une étude américaine ayant trouvé 1 an auparavant un tout petit peu plus de complications avec l'Avastin, les deux résultats s'annulent donc ».
La journaliste s’interroge cependant : « Que vont faire les pouvoirs publics ? La réponse n'est pas simple. Actuellement, en France, plusieurs services hospitaliers d'ophtalmologie font conditionner de manière artisanale par les pharmacies des hôpitaux des doses d'Avastin à utiliser en injection intra-oculaire. Car le produit n'est disponible que sous une forme utilisable en cancérologie. Et ce sont ces doses produites artisanalement qui sont utilisées, hors de tout champ légal ».
« Cependant, les données accumulées depuis 5 ans concluent toutes à un effet similaire des deux médicaments. La balle est donc dans le camp des autorités sanitaires qui, même si elles vont mécontenter les firmes pharmaceutiques, doivent prendre les décisions qui s'imposent face à tant d'évidence », conclut Martine Perez.
