Roland Moreno
Né le 11 juin 1945 au Caire, fils de Charles et Fernande Bahbout, il fréquente les lycées Montaigne et Condorcet à Paris. Après son bac il abandonne la fac. Il décède le dimanche 29 avril 2012.
Passionné d'électronique, il crée dans sa jeunesse différents gadgets, une machine à tirer à pile ou face, une calculatrice biaisée, ainsi que le « radoteur », système basé sur un algorithme de génération de mots nouveaux à partir d'une liste de mots issus du dictionnaire — une tentative pour automatiser la création de néologismes ou de noms de marques. Cette dernière invention est inspirée d'une idée de Claude Shannon qu'a fait connaître Léon Brillouin et que Walter Lewino utilisera dans un jeu minitel.
Dans Les Choses de la vie, le fils de Michel Piccoli, interprété par Gérard Lartigau, est inspiré de Roland Moreno. Il inspire aussi l'inventeur du Love Computer dans Les sous-doués en vacances (1982) de Claude Zidi. Roland Moreno est par ailleurs crédité au générique des films Les parapluies de Cherbourg et Les demoiselles de Rochefort depuis leur remasterisation en 32 bits (1999) par Agnès Varda.
Il est successivement:
- entre 1965 et 1966, employé de bureau à la Mutuelle nationale des étudiants de France,
- en 1966, employé aux écritures au ministère des Affaires sociales,
- 1966 à 1967, monteur de luges à la CIMS de ,
- en 1967, journaliste-reporter à Détective,
- entre 1967 et 1968, garçon de courses à L'Express,
- en 1969, éditorialiste à L'Écho de la Presse et de la Publicité ,
- entre 1969 et 1970, chroniqueur au Bulletin du péri-alpinisme ,
- de 1970 à 1972) secrétaire de rédaction à Chimie-actualités
En mars 1974, il dépose le brevet de base de la carte à puce qu’il présente sous forme d’une bague ; six mois plus tard, il crée la société Innovatron dont l’objectif est l’exploitation du brevet de base du 25 mars 1974. La paternité de cette invention lui est contestée et revendiquée par Daniel Vesque, ingénieur à l’époque au Centre national d'études des télécommunications (CNET). La société créée élargit peu de temps après la protection industrielle par le dépôt de plusieurs certificats d’addition et brevets qui s’appuient sur le brevet de base et le réaxe - il n’est alors plus question de bague mais d'objet portatif -, et par des dépôts dans onze pays. Ces brevets, et en premier lieu le brevet de base (revendications n° 1, 2, 8, 13 et 20), décrivent un objet portable à mémoire revendiquant des moyens inhibiteurs (assurant la protection des données stockées) associés à « un comparateur avec un compteur d’erreurs » (combinaison utilisée typiquement pour l'évaluation du code secret associé à la carte).
Un rôle particulièrement méritoire a été celui du rédacteur de ces brevets.
Parmi les applications de la carte à puce, on peut citer la carte téléphonique, la carte de crédit bancaire, la carte Vitale, la carte SIM des téléphones portables, ou encore la carte Moneo. L'invention est par ailleurs réutilisée à travers les puces lisibles à distance comme celle que contient la carte Navigo pour les transports publics parisiens, créée initialement par Innovatron lors d'un partenariat avec la RATP.
— cette formule énigmatique désignant le processus par lequel la puce s'autodétruit après trois erreurs de code confidentiel : simulation de surconsommation (en cas de code exact, par une combinaison transistor/résistance).
Aujourd'hui, la société Innovatron a pour activité la vente de licences liées à la technologie des badges, cartes et tickets sans contact.
Suite aux travaux de Serge Humpich et de l'affaire des yes-cards, Moreno propose le 14 mars 2000 une prime d'un million de Francs à quiconque parviendrait dans un délai de trois mois, par n'importe quel moyen logique, à écrire un bit dans la zone préservée par le brevet "Inhibiteur" du 17 mars 1975 et à lire un bit dans la zone préservée par la combinaison des brevets "Comparateur" et "Compteur d'Erreurs". Sans réponse le 16 juin 2000 Roland Moreno publie sa victoire.
Robert Moreni déposa un total de 45 brevets les 5 années suivantes, cependant tombés dans le domaine public au bout de vingt ans.
Aujourd'hui, la société Innovatron commercialise des licences utilisant la technologie sans contact Calypso, qui a par exemple été développée pour le passe Navigo utilisé dans les transports publics parisiens.