Pas de risque de contamination radioactive en France métropolitaine
à ce jour.
«Il est fort probable que l’on détecte le passage du nuage à partir de la semaine prochaine (sem.12) sur notre territoire», nous confie Jean-Marc Peres, chef du service d’études et de surveillance de la radioactivité dans l’environnement au sein de l’IRSN.
Le niveau de radioactivité sera en-deça du seuil nocif, c’est une certitude.
(leparisien.fr 17/03/2011)
D'après Thierry Charles, directeur de la sûreté de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), les rejets radioactifs au Japon représentent
environ 1/10è de ceux de la catastrophe de Tchernobyl, en 1986.
Reuters Linda Sieg et Chisa Fujioka News Yahoo 17/03/2011
Les pastilles d'Iodure de Potassium de la Pharmacie centrale des Armées ne sont pas en vente libre. - DR.
Alerte nucléaire: ce qu'il faut savoir sur les pastilles d'iode
Les pharmaciens parisiens ont constaté ces derniers jours une demande "irrationnelle" de pastilles d’iode en cas de radioactivité en France.
Chacun a en effet lu ou entendu que ces fameuses pastilles permettaient de se protéger contre les atteintes thyroïdiennes et donc, contre les risques de cancer. Pourtant, il n’y a pas lieu de céder à la panique comme lorsque, en pleine psychose de la fameuse grippe A , les officines avaient été dévalisées de leurs stocks de masques.
Cependant, le danger nucléaire n'est pas un fantasme propre aux écologistes mais une réalité. Il faut savoir, en effet, qu’un millier d'incidents de niveau 0,1à 2 se sont produits en France en 2010, même si, heureusement, aucun n’a nécessité l’absorption de ces fameuses pastilles d’iode. Par ailleurs, l’éventualité d’un nuage toxique venant du Japon paraît assez réduite puisque 10.000 km séparent nos deux pays et que les vents semblent pousser les rejets vers le Pacifique. Cela n'a pas empêché, pourtant, l'annonce de la distribution des pastilles d'iode, mercredi 16 mars, à la population de Saint Pierre-et-Miquelon, l'archipel français situé dans l'Atlantique Nord, à titre préventif.
Qu’est-ce que l’iode et où en trouve-t-on?
C’est un élément chimique de la famille des halogènes, ces corps électronégatifs tels que le brome ou le chlore, qui produisent du sel en se combinant avec les métaux électropositifs. Découvert à la fin du XIVe siècle dans des cendres d’algues marines, il a été nommé iode (du grec iodes, violet) en raison de sa couleur.
- L’iode stable.
«On trouve de l’iode dit stable dans l’eau et les aliments que nous consommons, écrit le site distribution-com. Les comprimés d’iode stable sont fabriqués avec de l’iode tout à fait comparable à celui qui se trouve dans la nature. L’iode stable vient se fixer sur la thyroïde et participe à la sécrétion d’hormones».
La plus grande quantité d’iode se trouve dans l’eau de la mer, les algues, les poissons et les coquillages. «L'iode est absorbé sous forme d'ions au niveau de l'estomac et du duodénum. Il est stocké principalement dans la glande thyroïde et excrété dans les urines», explique-t-on sur Wikipedia. Cet oligo-élément sert surtout à fabriquer des hormones et il est nécessaire à la vie humaine: les besoins quotidiens sont de 150 µg (microgrammes) et de 200 à 300 µg chez la femme enceinte.
- L’iode radioactif est produit par la fission de l'uranium et du plutonium dans l’industrie nucléaire. Lors des accidents nucléaires comme Tchernobyl, cet iode 131 (c’est son nom) vient se fixer sur la thyroïde par l’alimentation, l’eau ou simplement l’inhalation. Il provoque alors des cancers ou des maladies de la thyroïde.
Quelles sont les principales utilisations de l’iode?
- L’iode sert à fabriquer des ampoules à halogène, c’est-à-dire à incandescence.
- On l’utilise également pour les examens aux rayons X en raison de ses propriétés particulières, comme son opacité qui permet, en imagerie médicale, de rendre les organes plus visibles.
- Les spécialistes du climat se servent de l’iode, sous forme d’iodure d’argent, pour déclencher des pluies artificielles.
- Dans les traitements anti-cancéreux de la thyroïde, tels que la radio-thérapie, on utilise l’iode 131 qui se fixe d’abord sur les métastases et qui les détruit.
- L’iode stable est conditionné en pastille pour protéger efficacement la thyroide contre les effets des rejets d’iode radioactif qui pourraient intervenir en cas d’accident nucléaire.
Des pastilles d’iode pour prévenir le cancer de la thyroïde ?
- Lors d’un grave accident nucléaire, nous explique Le Monde, les risques sont de deux ordres: l’irradiation, notamment pour les personnels de la centrale et pour les populations toutes proches; la contamination, en cas de nuage toxique, qui se fait de manière externe (des poussières sur la peau) ou interne (avec la respiration, l’alimentation, l’eau). Dans tous les cas, c’est la thyroïde qui est contaminée par les produits radioactifs: «Lorsque la population menacée n'a pas pu être évacuée, écrit le quotidien, hormis le confinement, le moyen de prévention le plus efficace est la distribution de pastille d'iode en priorité aux bébés, aux jeunes et aux femmes enceintes».
- Les quantités à prendre. En France, explique Doctissimo, il existe une carence relative en iode alimentaire. Dès lors, la dose à absorber est de 130 µg «soit 2 comprimés à dissoudre dans un verre d'eau (1 comprimé pour les enfants de moins de 12 ans, ½ comprimé pour les nourrissons de 1 à 36 mois, un quart de comprimé pour les nouveaux-nés de moins de 1 mois)». Les personnes prioritaires sont les enfants et les femmes enceintes.
Comment se procurer les fameuses pastilles?
«Hors traitement spécifique pour la thyroïde, précise Ouest-France, seule la population résidant dans un rayon de 10 km autour des 19 centrales nucléaires françaises est approvisionnée régulièrement en comprimés d’iode lors de campagnes organisées tous les cinq ans, depuis 1997, par les pouvoirs publics. En cas d’accident nucléaire, l’iode doit être pris à un moment très précis, ordonné par les autorités compétentes».
- Il est donc impossible, sans document préfectoral ou sans ordonnance, de se procurer des pastilles dans les pharmacies. Ce qui n’empêche pas les personnes les plus inquiètes de se procurer de l’iode sous forme de compléments alimentaires.
- L'Autorité de Sûreté Nucléaire et les pouvoirs publics organisent, avec le soutien financier d'EDF, des campagnes de distribution de comprimés d'iode aux populations et aux collectivités qui résident à proximité d'une centrale. Ainsi, les écoles, les hôtels, les mairies, les entreprises situées à moins de 10km d’une centrale reçoivent des bons les invitant à retirer les fameux comprimés dans les pharmacies.
- En France, 400.000 personnes dans 500 communes et 2500 établissements sont concernées par cette distribution de pastilles.
- En 2009, selon le site distribution-com, la dernière campagne de distribution n’a rencontré que peu de succès: seuls 22,5% des responsables d'entreprises et des collectivités concernés se sont déplacés en pharmacie pour retirer leurs comprimés, et pas plus de 51,9% pour les particuliers.
Nul doute que le très grave accident nucléaire du Japon devrait sensibiliser les populations qui, en France, résident dans les sites à risques. Pour l'ensemble des Français, l’enjeu est différent: il s’agit, par des débats si possible dépassionnés et une information précise, d’éviter des réactions individuelles ou collectives de peur irrationnelle.
http://www.suite101.fr/content/pastilles-diode-en-france--tout-ce-quil-faut-savoir-a26443
16 mars 2011 Thierry de Cabarrus suite101.fr
Comment la radioactivité se dissipe-t-elle ?
Le nuage de particules radioactives peut traverser des milliers de kilomètres. La pluie peut être une chance ou un risque : s'il pleut sur Tokyo à travers le nuage, c'est une catastrophe ; s'il pleut sur le nuage au-dessus du pacifique, c'est une bonne nouvelle.
Le nuage perd de sa dangerosité en voyageant.
D'une part parce que les atomes radioactifs se dispersent petit à petit dans l'air, au gré de la météo. C'est l'effet dilution.
D'autre part, parce que leur radioactivité diminue : les atomes radioactifs, qui cherchent leur équilibre, finissent par le retrouver. La radioactivité met, en fonction des atomes, des heures, des jours, ou des années, voire des milliards d'années (uranium) à disparaître. Dans le tableau ci dessous, la « période radioactive » est définie comme la durée qu'il faut pour voir la radioactivité diminuer de moitié (Voir le tableau - source : RNM)
| Eléments chimiques | Période radioactive |
|---|---|
| Uranium 238 | 4,47 milliards d'années |
| Potassium 40 | 1,3 milliards d'années |
| Uranium 235 | 704 millions d'années |
| Carbone 14 | 5730 ans |
| Radium 226 | 1600 ans |
| Césium 137 | 30,2 ans |
| Strontium 90 | 28,8 ans |
| Tritium | 12,3 ans |
| Cobalt 60 | 5,27 ans |
| Iode 131 | 8,05 jours |
| Phosphore 30 | 2,55 minutes |
| Hélium 6 | 0,82 seconde |
Qu'y a-t-il dans les nuages qui s'échappent du réacteur ? Selon Jean-Marc Peres, de l'IRSN , ils sont composés :
- de gaz rares comme le krypton ou le xénon (dont la radioactivité disparait en quelques heures ou quelques jours),
- d'iode (en quantité dix fois inférieure aux gaz rares) : sa radioactivité diminue de moitié en huit jours.
- de cesium137 (en quantité cent fois inférieure aux gaz rares) : sa radioactivité diminue de moitié en 30 ans.
En revanche, à la température du réacteur en question (600°) les atomes d'uranium ou de plutonium ne peuvent pas devenir volatiles, estime-t-il.