Pour enrayer la progression du gaspillage alimentaire, le gouvernement britannique souhaite retirer la date de péremption de certains produits. Une proposition qui fait aussi réfléchir en France.
La question du gaspillage alimentaire n'est pas nouvelle. Plusieurs études prospectives, notamment celles d' Agrimonde , se sont intéressées aux problématiques liées à la gestion de la nourriture pour une population qui pourrait dépasser 9 milliards d'habitants en 2050, selon les scénario de la FAO. «Les chiffres de la FAO montrent que le gaspillage est une réalité dans les pays riches et qu'il est le fait de toutes les couches sociales», explique Lydie Ougier, responsable du service prévention des déchets à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie ( Ademe ). Selon l'organisme qui a réalisé une enquête sur le contenu des poubelles de cuisine des Français, nous jetterions chaque année et par personne, 7 kg d'aliments dont l'emballage n'a même pas été ouvert. Si l'on y ajoute les restes laissés dans les assiettes à la fin des repas, le poids d'aliments gaspillés atteint 20 kg par personne.
Homogénéiser
Pour Lydie Ougier, la réglementation concernant l'apposition des dates de consommation sur les emballages est en partie responsable de ce gâchis. Entre la DLC (date limite de consommation) qui est une limite impérative pour des raisons sanitaires, et la DLUO (date limite d'utilisation optimale) qui informe que l'aliment sans devenir impropre à la consommation commence à perdre ses qualités gustatives, la confusion est fréquente. D'autant plus que pour cette dernière, les inscriptions ne sont pas uniformisées. On peut ainsi trouver DLUO, ou à consommer de préférence, ou encore best before. Au final, les consommateurs appliquent le principe de précaution et préfèrent jeter que de risquer l'intoxication. Sans se prononcer comme les Britanniques pour la suppression de la DLUO sur certains produits, la responsable du service prévention des déchets de l'Ademe estime qu'il est intelligent de se poser la question, et plaide pour une homogénéisation de la terminologie.
Pour l'Association nationale des industries alimentaires (Ania), il est important de maintenir ces deux inscriptions. L'association précise d'ailleurs que la réglementation européenne interdit la commercialisation des produits en l'absence d'une DLC ou d'une DLUO. «Supprimer la DLC est tout simplement impensable car il y a de vrais risques pour la sécurité alimentaire et la santé », affirme Jean-René Buisson, président de l'Ania. Selon lui, si l'on peut continuer à manger certains produits comme les yaourts quelques jours après la date inscrite, il est impératif qu'il n'y ait pas eu de rupture dans la chaîne du froid.
Quant à supprimer totalement la DLUO, cela ne lui parait pas être une bonne idée dans le sens où cette mention a une utilité pour informer le consommateur sur les qualités du produit. Il admet cependant que si la sécurité alimentaire doit rester prioritaire par rapport à la question du gaspillage, cette dernière pourrait justifier que «l'on revoit régulièrement les normes».
lefigaro.fr/conso Pommier, Anne-Hélèn News Yahoo 26/04/2011