Clotilde Reiss en compagnie du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner à sa sortie de l'Elysée

Clotilde Reiss en compagnie du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner à sa sortie de l'Elysée

AFP PHOTO / LIONEL BONAVENTURE
La jeune française et sa famille ont été reçues par le Président de la République à l'Elysée en début d'après-midi

Dans une déclaration à l'Elysée à l'issue d'un entretien d'une vingtaine de minutes avec le président, Clotilde Reiss, jeune universitaire française rentrée à Paris dimanche après avoir été retenue dix mois en Iran, a remercié Nicolas Sarkozy pour avoir "défendu" son "innocence". 

Nicolas Sarkozy a remercié dimanche les présidents brésilien Lula da Silva, sénégalais Abdoulaye Wade et syrien Bachar al Assad, "pour leur rôle actif" dans la libération de Clotilde Reiss.

La jeune universitaire françaises a été reçue pendant une vingtaine de minutes par le chef de l'Etat, en compagnie de son père et de ses deux frères. Carla Bruni-Sarkozy, l'épouse du président, a également assisté à l'entretien, ainsi que Jean-David Lévitte, conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, et Bernard Poletti, l'ambassadeur de France en Iran.

L'avion du gouvernement qui ramenait d'Iran Clotilde Reiss s'était posé peu avant 13h25 à l'aéroport de Villacoublay.

Après un jugement la condamnant samedi à une amende, Clotilde Reiss avait été autorisée à quitter l'Iran où elle était retenue depuis juillet 2009 pour avoir participé à des manifestations anti-gouvernementales.

 

"La cour a condamné Mlle Reiss à une amende de 300 millions de tomans (225.000 euros) que j'ai payée ce matin", avait déclaré samedi l'avocat de la jeune femme Me Mohammad-Ali Mahdavi Sabet ajoutant qu'il n'avait pas fait appel de ce jugement, "proche d'un acquittement".

 

Dix mois de rétention
Arrêtée le 1er juillet 2009 alors qu'elle s'apprêtait à regagner la France, Clotilde Reiss, lectrice à l'université d'Ispahan, a été officiellement accusée d'atteinte à la sécurité nationale de l'Iran, notamment pour avoir rassemblé des informations et des photos qu'elle aurait transmises à l'attaché scientifique de l'ambassade de France, lors de manifestations dans cette ville les 15 et 17 juin 2009.

 

La jeune femme de 24 ans a été accusée de participation à un complot occidental visant à déstabiliser le gouvernement iranien après l'élection présidentielle du 12 juin qui a vu la réélection de Mahmoud Ahmadinejad pour un second mandat.

Clotilde Reiss avait été autorisée à la mi-août à attendre son jugement à l'ambassade de France à Téhéran. Paris a toujours affirmé qu'elle était innocente des charges retenues contre elle.

 

Mardi dernier, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Ramin Mehmanparast avait déclaré espérer une "décision rapide" de la justice de son pays.

 

Le Sénégal a affirmé samedi que la "libération" de la jeune française était "consécutive" à une médiation du président Abdoulaye Wade, président en exercice de l'Organisation de la conférence islamique (OCI).

L'ingénieur iranien Majid Kakavand
est retourné à Téhéran
L'annonce d'un verdict permettant à Mlle Reiss de quitter l'Iran intervient peu après la décision, le 5 mai, de la justice française de refuser l'extradition vers les Etats-Unis d'un ingénieur iranien, Majid Kakavand, retenu en France depuis mars 2009 à la demande de la justice américaine.

 

L'ingénieur avait été arrêté le 20 mars 2009 à l'aéroport parisien de Roissy sur mandat d'arrêt délivré par les Etats-Unis alors qu'il venait passer des vacances en France.

La justice française doit également se prononcer le 18 mai sur la mise en liberté conditionnelle d'Ali Vakili Rad condamné en 1994 en France pour l'assassinat trois ans plus tôt de l'ex-Premier ministre iranien Chapour Bakhtiar.

 

Kouchner réfute "tout marchandage"
Paris et Téhéran ont toujours officiellement démenti tout lien entre ces deux affaires. Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a ainsi déclaré qu'il n'y avait eu  "aucun marchandage" ni "aucune contrepartie" à la libération de la jeune femme.

 

En France, l'UMP a parlé d'un "soulagement collectif national" et salué "l'action diplomatique de la France".

 

Tout en se réjouissant, la première secrétaire du PS Martine Aubry a rappelé le sort de "milliers d'opposants" iraniens emprisonnés. "Cette heureuse libération ne doit pas faire oublier l'arbitraire policier du régime iranien", a estimé de son côté Jack Lang.

16/05/2010 Info France 3