La fumée sortant du volcan islandais en éruption
AFP - ICELANDIC COAST GUARD Depuis jeudi, le volcan est entré à nouveau en phase explosive. Si son activité s'est stabilisée vendredi, le nuage commence néanmoins à reposer des problèmes à l'espace aérien européen.
Le nuage de cendres, qui s'étend de l'Islande jusqu'à l'ouest de la péninsule ibérique, a contraint certains vols transatlantiques à dévier de leur trajectoire.
Jeudi soir, météorologues et géophysiciens islandais ont annoncé un changement dans l'activité du volcan avec une éruption redevenue explosive qui annonce des retombées de cendres "considérables".
En outre, de nouvelles éruptions volcaniques ont eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi. Conséquence : une zone de cendres volcaniques planant à haute altitude devrait s'étendre vendredi en cours de journée de l'Islande jusqu'à l'ouest de la péninsule ibérique.
Ces cendres pourront se trouver jusqu'à 35.000 pieds d'altitude, alors qu'elles étaient plutôt cantonnées à 20.000 pieds ces derniers jours.
Des vols transatlantiques déviés vers le sud
Une concentration potentiellement dangereuse de cendres volcaniques originaires d'Islande au-dessus de l'Atlantique nord, à l'ouest des îles britanniques, oblige à dévier la trajectoire de certains vols transatlantiques vers le sud, a annoncé vendredi Eurocontrol.
"Des vols transatlantiques sont déviés au sud de la zone affectée ce qui pourrait entraîner des retards pour ces vols", précise l'Organisation européenne de la navigation aérienne dans son dernier bilan publié en mi-journée.
Le nuage au large de la France ce week-end
Selon Météo France, "le panache (de cendres) s'étend et descend le long de l'Atlantique, avec une composante sud", a indiqué vendredi Roxane Désiré, prévisionniste, soulignant que l'activité du volcan était "sensiblement égale à celle du premier épisode" à la mi-avril.
Le panache, qui remonte presque jusqu'au Groenland, devrait rester vendredi sur l'Atlantique nord et les cendres devraient passer au large des côtes ouest de la France, a-t-elle précisé, soulignant que le rejet de cendres était très visible sur les images satellite, du fait de l'absence de nuages.
Pour le week-end, "la situation météorologique va rester favorable au maintien du panache sur l'Atlantique, et donc pas sur la France, mais on va surveiller sa progression vers le sud", a-t-elle indiqué.
En effet, l'extrémité sud du panache, au large du nord de l'Espagne et du sud de la France, "pourrait être reprise dans des vents du sud-ouest, donc revenir sur la France".
L'évolution de la situation à partir de lundi dépendra de l'intensité de l'activité du volcan et de la situation météo.
L'Irlande et les îles Féroé affectés
L'Irlande a de nouveau imposé cette semaine une fermeture partielle de son espace aérien en raison du nuage de cendres. Certains aéroports dans l'ouest ont réiouvert vendredi après-midi.
Les îles Féroé, territoire danois dans l'Atlantique Nord, ont également fermé leur espace aérien de jeudi 20h GMT à samedi 0h GMT au moins.
Les cendres touchent le Portugal sans conséquence sur le trafic
Le Portugal a indiqué pour sa part vendredi que le nuage de cendres était entré dans l'espace aérien portugais sans affecter le trafic en raison de sa faible densité.
Le nuage, qui a touché mercredi la zone de l'Atlantique sous contrôle de l'archipel portugais des Açores, devait atteindre Lisbonne et le littoral sud du pays vendredi en milieu de journée, ont précisé les autorités portugaises de navigation aérienne.
En raison de sa faible densité, ce nuage de basse altitude ne devrait pas entraîner de restriction de vol, a précisé l'agence.
En revanche, un autre nuage de cendres, plus élevé et de densité supérieure, est attendu dans l'espace aérien portugais plus tard vendredi, notamment au nord de Lisbonne, "créant une zone dangereuse pour les vols". Les conséquences de ce nuage devraient toutefois être limitées à "une petite zone" et n'entraîner que des "changements de route".
L'Eyjafjöll est entré en éruption le 14 avril, crachant un nuage de cendres qui a paralysé le trafic aérien pendant près d'une semaine, provoquant l'annulation de quelque 100.000 vols et bloquant plus de huit millions de passagers. L'émission de cendres avait ensuite diminué et les vents avaient permis la réouverture des aéroports et la reprise des vols en Europe.
07/05/2010 Info France 3