Anticoagulants : la prudence aux prud’hommes
Libération se penche sur « l’audience, ce matin, devant les prud’hommes de Boulogne-Billancourt », de Jacques Poirier, immunobiologiste « licencié [il y a 8 ans] par Sanofi-Aventis, [et qui] avait pointé le risque de s’approvisionner en héparine en provenance de Chine ».
Le quotidien note que si ce spécialiste « entend être «dédommagé à la hauteur des préjudices subis», il espère avant tout que ce procès marquera «un pas supplémentaire dans la révélation du scandale sanitaire du marché des héparines» ».
Libération explique que ce « lanceur d’alerte rétif aux logiques commerciales […] a été licencié pour avoir «refusé de cautionner l’approvisionnement en Chine» en produits biologiques qu’il jugeait «douteux» ». Le journal indique que du côté du groupe pharmaceutique, ce licenciement n’a « aucun rapport, assure-t-on, avec un contentieux scientifique ».
Le quotidien relève qu’« en 2008, les faits confirment les doutes [de Jacques Poirier] sur les produits chinois : aux Etats-Unis et en Allemagne, une centaine de personnes meurent et plus de 800 autres subissent des chocs de type allergique, suite à l’administration intraveineuse d’une héparine commercialisée par Baxter ».
« Les lots provenaient tous de Chine et contenaient une substance frelatée, ajoutée frauduleusement pour «booster » l’héparine : la chondroïtine sulfate… Quelques jours plus tard, l’Afssaps annonce que 11 lots d’héparine de Sanofi-Aventis étaient eux aussi contaminés par la même substance », rappelle Libération.
Laurent Frichet Médiscoop 04/10/2010
L'héparine est utilisée comme traitement préventif ou curatif des phlébites sous forme d'injections sous-cutanées quotidiennes.