Avoir été conçu par un père âgé accroîtrait la longévité
France Soir fait savoir que « les enfants conçus par des hommes âgés pourraient vivre plus longtemps que les autres », selon une étude parue dans les Annales de l'Académie des sciences américaines (PNAS).
Le journal explique que les auteurs « sont parvenus à cette conclusion en mesurant les télomères, sorte de capuchon situé à l'extrémité des chromosomes pour les protéger, à partir d'échantillons de sang de 1.779 jeunes adultes et de leurs mères aux Philippines. Ils ont aussi déterminé les âges de leurs pères et grands-pères respectifs ».
« Les hommes retardant l'âge de leur reproduction transmettent des télomères plus longs à leurs enfants, ce qui pourrait favoriser l'allongement de leur vie et leur permettre de se reproduire également plus tardivement », note France Soir.
L’un des auteurs, Dan Eisenberg, anthropologue à l'Université américaine Northwestern, écrit ainsi : « Si votre père et votre grand-père ont pu vivre et se reproduire à des âges plus avancés, cela pourrait indiquer que vous vivez dans un environnement assez similaire, dans lequel il y a moins de morts accidentelles et qui permet aux hommes de trouver une partenaire quand ils sont plus âgés. Dans un tel environnement, cultiver son corps pour le maintenir jeune plus longtemps pourrait être une stratégie d'adaptation dans l'évolution de l'espèce ».
Le chercheur observe qu’« une femme de 50 ans dont on s'attend à ce que la taille de ses télomères soient plus courts que ceux d'une femme de 40 ans, aurait ainsi des télomères de même taille que cette dernière si son père avait 10 ans de plus que le père de la femme de 40 ans quand celle-ci est née ».
France Soir ajoute que les chercheurs « ont découvert que la taille des télomères des participants augmentait, non seulement avec l'âge de leur père à leur naissance, mais également en fonction de l'âge de leur grand-père quand leur père a vu le jour ».
« Les auteurs de l'étude soulignent toutefois que leurs conclusions ne doivent pas être considérées comme une recommandation à se reproduire plus vieux, pour éviter de transmettre aux enfants des mutations génétiques responsables de maladies congénitales », précise le journal.
Un autre coauteur, Christopher Kuzawa, ajoute : « Il faut maintenant regarder si ces résultats peuvent être reproduits dans d'autres groupes de population. Nous voulons savoir si des enfants et petits-enfants qui ont hérité de télomères plus longs de leurs pères et grands-pères plus âgés ont moins de problèmes de santé et de maladies en vieillissant. Basé sur les résultats de notre recherche, nous prédisons que cela sera le cas mais cette question devra faire l'objet de futures études ».
Laurent Frichet Médiscoop Tsavopresse 14 juin 2012