Technologie hybride pour la Toyota Prius

Technologie hybride pour la Toyota Prius

AFP - Yoshikazu Tsuno
Toyota a avoué mercredi avoir reçu "des douzaines de plaintes" aux USA et au Japon concernant les freins de la Prius

Il s'agit de la voiture hybride la plus vendue au monde et produit-phare du groupe.

Le géant automobile nippon s'etait défendu mardi d'avoir sacrifié la qualité de ses produits pour atteindre le sommet. Il a vu sa réputation entachée par un problème de pédales d'accélération défectueuses, entraînant le rappel de millions de voitures dans le monde.


"Nous avons reçu des plaintes à propos de freins du nouveau modèle de Prius  de la part de concessionnaires au Japon et en Amérique du Nord", a déclaré mercredi à l'AFP la porte-parole de Toyota Mieko Iwasaki. Elle s'est refusée à entrer dans les détails, mais a précisé que ces réclamations se comptaient par "douzaines".

Le ministère japonais des Transports a dit avoir recensé 14 plaintes dans l'archipel, et n'a pas écarté la possibilité d'un rappel. Les médias nippons ont en outre affirmé que la NHTSA, l'administration américaine chargée de la sécurité routière, avait reçu une centaine de réclamations similaires.

Selon Toyota et le ministère japonais, le problème concerne la dernière version de la Prius, lancée en mai dernier au Japon et qui a été, en 2009, la voiture la plus vendue dans l'archipel.

Toyota doit publier jeudi ses résultats financiers pour le trimestre  d'octobre à décembre. En janvier, ses ventes aux Etats-Unis ont chuté de 19% et sont revenues à leur niveau de 1999, selon des chiffres publiés mardi. Les doutes sur les freins de la Prius ont fait rechuter l'action Toyota à la  Bourse de Tokyo.

Toyota est empêtré dans une crise sans précédent. Après avoir subi des pertes colossales en raison de la crise économique mondiale, le groupe a dû rappeler depuis l'automne dernier un total de quelque huit millions de véhicules dans le monde en raison d'une pédale d'accélération défectueuse et d'un tapis de sol amovible qui a tendance à s'accrocher dans les pédales.

Le géant nippon tente de défendre la qualité de ses produits
"Je ne pense pas que l'expansion de la production à l'étranger ait affecté la qualité de quelque façon que ce soit", a plaidé le vice-président Shinichi Sasaki lors d'une conférence de presse. "Aux propriétaires des véhicules rappelés et à tous nos clients dans le monde, nous présentons nos sincères excuses pour les troubles causés", a déclaré le dirigeant au siège de Toyota à Nagoya, dans le centre du Japon. Cependant, il s'est gardé de se courber devant les caméras, comme le font traditionnellement les patrons japonais pour exprimer leur contrition.

Le vice-président de Toyota a donc réfuté les critiques selon lesquelles le constructeur, devenu numéro un mondial en 2008, aurait sacrifié la légendaire qualité de ses voitures pour se hisser au plus vite au premier rang mondial. Mais Shinichi Sasakia reconnu néanmoins que le délai entre l'annonce des rappels, la semaine dernière, et celle des premières mesures prises pour corriger le défaut, lundi soir, avait été long. "Dans le cas présent, nous avons jugé prioritaire d'émettre un avertissement, même au risque de semer la confusion (...) Dans l'idéal, nous aurions aimé apporter une explication plus tôt. Je présente mes excuses au nom de la direction pour ce retard."

Depuis la semaine dernière, Toyota a rappelé près de 4,5 millions de véhicules en Amérique du Nord, en Europe et en Chine en raison d'une pédale d'accélérateur qui, mal conçue, peut rester coincée en position enfoncée. La production et les ventes de huit modèles affectés par ce défaut ont été suspendues en Amérique du Nord, une mesure sans précédent. Depuis cet automne, Toyota a également rappelé 5,3 millions de voitures en Amérique du Nord.

En outre, mardi, Toyota a confirmé qu'il s'apprêtait à rappeler 180.000 voitures vendues en Afrique, en Amérique latine et au Moyen-Orient, toujours à cause du problème de pédale d'accélérateur défectueuse.

Menaces de sanctions
La sécurité routière américaine a annoncé qu'elle envisageait des sanctions non-précisées contre le premier constructeur mondial, estimant que deux accidents mortels étaient liés à ces problèmes d'accélérateur. Le ministre américain des Transports, Ray LaHood, a vivement critiqué la lenteur avec laquelle Toyota a réagi quand des problèmes ont été signalés.

Le géant nippon a annoncé lundi qu'une solution technique allait commencer à être mise en place sur les véhicules affectés par le dernier défaut en date, et que la production en Amérique du Nord pourrait reprendre le 8 février. Cette nouvelle a rassuré les investisseurs. A la Bourse de Tokyo, l'action Toyota , qui avait dégringolé de près de 18% en sept séances, a rebondi mardi de 4,49% à 3.605 yens.

Le constructeur japonais a ajouté, par le biais de sa direction européenne, qu'il allait mettre en place la même solution en Europe qu'aux Etats-Unis pour réparer cette pédale défectueuse.

03/02/2010 Info France 3