Nuage de cendres s'échappant du volcan Eyjafjoell, en Islande, le 8 mai 2010

Nuage de cendres s'échappant du volcan Eyjafjoell, en Islande, le 8 mai 2010

AFP / Halldor Kolbeins
Près de soixante-dix vols ont été annulés dimanche à Nice, Lyon, Bordeaux et Paris, mais les aéroports restent ouverts
Les vols supprimés avaient essentiellement pour destination le nord de l'Italie et du Portugal, en raison de la fermeture des espaces aériens de ces pays à cause du nuage de cendres islandais.

Depuis samedi, le nuage gêne le trafic aérien en FranceEspagne, Italie, au Portugal, et dans les liaisons transatlantiques.

A Nice,
les annulations inquiètent car elles surviennent à trois jours du Festival de Cannes. L'aéroport niçois se prépare à accueillir des personnalités du monde entier. Sur la période allant de mercredi au lundi suivant, l'affluence doit être supérieure "de 20 à 30%" à la normale, a précisé la responsable, pour cause de festival de Cannes et de Grand Prix de Monaco.
Samedi, déjà, en France, une cinquantaine de vols -sur 3000 décollages et atterrissages quotidiens- avaient dû être annulés, dont une trentaine au départ des aéroports parisiens de Roissy et Orly et une vingtaine à Marseille et Bordeaux. La compagnie irlandaise à bas coûts Ryanair avait annulé par précaution tous ses vols au départ et à l'arrivée de Marseille Provence.

La direction générale de l'aviation civile (DGAC) avait prévu pourtant un trafic aérien normal pour dimanche, rassurée par le "vol d'évaluation" du risque effectué samedi par Air France, mais la situation est finalement différente à Paris et Nice.

Des cendres provenant du volcan islandais étaient toujours présentes dimanche matin au-dessus du sol français et remontaient vers le nord, mais elles n'étaient "pas jugées suffisamment concentrées pour provoquer des conséquences sur le trafic aérien", a indiqué Météo France.

Aéroports fermés et vols annulés dans le sud de l'Europe
En Italie, les autorités italiennes, qui ont fermé à 6h00 GMT l'espace aérien du nord-ouest de la péninsule, comptaient le rouvrir à 12H00 GMT. L'autorité de l'aviation civile Enac a indiqué dans un communiqué que la fermeture concernait une bonne partie du nord, dont les aéroports de Milan-Malpensa et Milan-Linate. En revanche, ceux de Venise, Trieste et Rimini, qui desservent des régions très touristiques, sont épargnés.

A Rome-Fiumicino, une dizaine de vols à destination du nord de la péninsule ont été supprimés. Certains appareils n'ont pas pu arriver depuis le nord du pays et des vols ont été en conséquence annulés pour Gênes, Bologne, Florence, Pise ainsi que vers Palerme, Bâle, Lisbonne, Londres, Athènes, Amsterdam, Prague et Madrid.

L'Enac a pris sa décision sur la base du dernier bulletin du centre européen de navigation aérienne Eurocontrol qui a mis en évidence une présence de cendres volcaniques "incompatible avec les paramètres de sécurité établis par les  constructeurs de moteurs d'avion".

En Espagne, quatre aéroports du nord de l'Espagne devaient rester fermés dimanche jusqu'à "au moins" 14H00 GMT en raison de la présence du nuage. Au moins 900 vols ont été annulés samedi, 19 aéroports étant fermés dans le nord du pays, dont celui de Barcelone, en Catalogne, depuis 13h30 GMT. Depuis vendredi, Saint-Jacques-de-Compostelle, La Corogne et Vigo sont fermés au trafic aérien. La mesure a été étendue samedi dans un premier temps aux aéroports d'Asturies, Santander, Burgos, Leon, Valladolid et Salamanque, et ensuite à Bilbao, Saint-Sébastien, Vitoria, Saragosse, Pampelune et La Rioja, tous situés dans le nord du pays. La Catalogne est logée depuis samedi après-midi à la même enseigne, avec la fermeture des aéroports de Barcelone, Gérone, Tarragone et Reus.

Dans le cas de l'aéroport de Barcelone, la fermeture devait durer au moins jusqu'à minuit heure locale (22h GMT), a déclaré une source de l'autorité aéroportuaire espagnole, l'Aena.

Au Portugal, le nuage de cendres volcaniques qui empêche le trafic aérien dans le nord-ouest de la péninsule ibérique doit s'étendra d'ici dimanche soir "à tout le nord et au centre du pays, y compris Lisbonne", selon l'Institut portugais de Météorologie.

Tous les vols ont été suspendus dimanche matin et jusqu'à 12h00 GMT à l'aéroport de Porto, dans le nord. Samedi, déjà, de nombreux vols avaient été annulés ou retardés.

Samedi en fin d'après-midi, les neuf îles des Açores devaient être "entièrement recouvertes" ce qui a entraîné la fermeture des six aéroports de l'archipel au moins jusqu'à dimanche midi, ainsi qu'une "réduction du trafic aérien transatlantique", dans la mesure où selon la NAV "les vols transatlantiques dans le sens Amériques-Europe devraient se retrouver sans alternative".

France: un vol d'évaluation des risques a eu lieu samedi
"Aucune anomalie n'a été révélée selon la première inspection visuelle sur l'appareil d'Air France ayant effectué un vol d'évaluation (samedi). Tous les aéroports français seront donc ouverts dimanche et nous prévoyons un trafic normal", a déclaré un porte-parole de la direction générale de l'aviation civile (DGAC) samedi soir. Il a ajouté que des vols pourraient toutefois être annulés si des aéroports européens venaient à fermer dimanche.
Le vol d'évaluation des risques pour les moteurs des aéronefs volant dans l'espace aérien français avait été décidé en raison des fortes concentrations de cendres volcaniques qui étaient attendues dans le sud de la France, selon des prévisions de Météo France. "La zone noire, qui devait suivre la zone de précaution (celle entourant le nuage de cendres) a disparu. Nous serons donc dimanche dans la zone de précaution. Aucune anomalie n'ayant été détectée lors du vol d'évaluation dans cette zone, les avions sont autorisés à voler", a expliqué le porte-parole.

"Ce vol (d'évaluation) a été effectué par un (Airbus) A320 qui a décollé de Paris-Charles de Gaulle, sans passager, à 17h10 pour s'y reposer à 20h17. Il a survolé le golfe de Gascogne et la chaîne des Pyrénées en ciel clair", détaille la compagnie Air France. "Durant la partie méridionale de son vol, il a bénéficié d'un service de contrôle particulier (...). Il a pu ainsi confirmer qu'aucun résidu visible de cendres n'avait pu être observé dans les zones prévues par le VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) de Londres", ajoute le communiqué. La compagnie a précisé que des inspections complémentaires étaient effectuées par ses équipes de maintenance pour confirmer l'absence de toute trace sur le fuselage et les moteurs. Les résultats complets de l'inspection de l'appareil devraient être connus dimanche, selon la DGAC.

Trafic transatlantique réduit samedi soir
Le trafic aérien au dessus de l'Atlantique a été "réduit" samedi à partir de 17h GMT, en raison d'une partition attendue du nuage de cendres volcaniques et de son extension vers le sud, a annoncé l'agence portugaise de la navigation aérienne (NAV). Le nuage de cendres, qui touche actuellement une énorme zone allant du milieu de l'Atlantique à la péninsule ibérique, pourrait "se diviser dans les prochaines heures", "une partie se déplaçant vers l'est de la péninsule ibérique, l'autre vers l'ouest", prévoyait la NAV samedi soir.

Le volcan se trouvant en phase explosive depuis jeudi, le nuage de cendres, qui s'étend de l'Islande jusqu'à l'ouest de la péninsule ibérique, a contraint dès vendredi certains vols transatlantiques à dévier de leur trajectoire. De nouvelles éruptions volcaniques ont eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi, d'où les nouvelles perturbations sur le trafic aérien européen. Ces cendres peuvent se trouver jusqu'à 35.000 pieds d'altitude, alors qu'elles étaient plutôt cantonnées à 20.000 pieds ces derniers jours.

Samedi, d''importantes quantités de cendres émises par le volcan Eyjafjöll s'abattaient de nouveau sur l'Islande et une soixantaine de personnes ont volontairement quitté la zone, selon la protection civile islandaise qui n'a pas recommandé d'évacuation à ce stade.

Le volcan Eyjafjöll est entré en éruption le 14 avril 2010, crachant un nuage de cendres qui a paralysé le trafic aérien pendant près d'une semaine, provoquant l'annulation de quelque 100.000 vols et bloquant plus de huit millions de passagers. L'émission de cendres avait ensuite diminué et les vents avaient permis la réouverture des aéroports et la reprise des vols en Europe.

09/05/2010 Info France 3