Del Piero à la lutte avec Demichelis
AFP/Damien MeyerAlors que la Juventus, à domicile, partait favorite du groupe A pour obtenir le dernier ticket pour les 8èmes de finale, le Bayern a décroché le précieux sésame à l'issue d'une véritable démonstration de football (1-4). Pour les Bordelais, déjà qualifiés, le déplacement en Israël s'est soldé par une courte victoire (0-1) face au Maccabi Haïfa.
La Juve trop tendre, le Maccabi trop juste
Le Bayern Munich s'est qualifié pour les huitièmes de finale grâce à un large et mérité succès face à une Juventus totalement asphyxiée (4-1). Une
qualification d'autant plus savoureuse pour le Bayern qu'après ses deux défaites face à Bordeaux (2-1, 0-2) ses chances de s'extirper de la première phase semblaient vraiment minces.
C'est pourtant la Juve, un peu contre le cours du jeu, qui ouvrait le score: sur une ouverture de Marchisio dans l'axe, Trezeguet, en extension, reprenait instantanément du droit et se
frappe croisée, après un rebond, trompait le gardien Butt (1-0 à la 19e). Mais ce but ne freinait absolument pas les intentions des Bavarois et, à la suite d'un tacle à contretemps du
latéral Caceres sur Olic, Butt égalisait sur penalty (1-1 à la 30e).
Cette égalisation galvanisait le Bayern qui ne laissait désormais plus aucun espace à la Juventus. logiquement, le club bavarois allait rapidement enfoncer le clou en seconde période: à
la suite d'un centre de Lahm, une tête de Van Buyten était repoussée par Buffon dans les pieds d'Olic qui ne se privait pas de doubler la mise (1-2 à la 51e). La Juve tentait ensuite de
réagir mais sans faire trembler plus que de raison Butt, avant qu'en fin de match, Gomez (1-3 à la 83e) puis Tymoschuk (1-4 à la 92e) n'assènent deux coups de grâce supplémentaires à la
"Vieille Dame". Le Bayern repartait donc du Stade Olympique de Turin avec, en poche, une qualification obtenue avec autorité
Dans l'autre match du groupe A, Bordeaux, qui avait déjà obtenu sa qualification pour la suite de la compétition, se présentait sur le terrain du Maccabi Haïfa sans la moindre pression.
Et cette tranquilité d'esprit, les Girondins l'ont affiché pendant 90 minutes. Malgré un effectif profondément remanié et largement amputé de ses joueurs cadres, les troupes de Laurent
Blanc prenaient rapidement l'ascendant sur leurs adversaires du soir. Suite à un ballon perdu par Masilela, Traoré servait parfaitement Jussiê au second poteau, permettant à
l'attaquant brésilien de fusiller à bout portant le gardien israélien (0-1 à la 12e). Jussië manquait même, dans la foulée, le doublé en butant sur Keinan (14e). Avec l'avantage au
tableau d'affichage, les Girondins se contentaient ensuite de gérer le match et ne prenaient aucun risque en défense.
En seconde période, les hommes d'Elisha Levi, plus incisifs, tentaient bien de faire céder le verrou bordelais, notamment par Dvalishvili (23e, 25e, 49e) et Rafaelov (53e, 65e)
mais ils se heurtait systématiquement à la défense bordelaise et à un solide et imperturbable Ulrich Ramé. Sans surprise, Bordeaux l'emportait à l'issue d'une rencontre sans coup d'éclat.
Le Maccabi Haïfa achève quant à lui sa phase de poule sans avoir marqué le moindre point ni inscrit le moindre but.
Déclarations
Louis van Gaal (entraîneur du Bayern Munich): "On a livré un très bon match ce soir. Gagner 4-1 contre une équipe italienne, c'est vraiment
un grand motif de satisfaction, il fallait voir dans les vestiaires la joie des joueurs et des dirigeants. Les joueurs ont respecté les consignes à la lettre, la première période était
vraiment parfaite, si bien que je n'ai strictement rien dit à mes joueurs dans les vestiaires à la mi-temps. La grande différence entre maintenant et ce qui se passait en octobre, c'est
qu'on marque des buts. J'avais toute confiance en Hans-Jörg Butt (pour le pénalty, Ndlr). A l'entraînement, il le fait tout le temps. Pour l'avenir, c'est bien de gagner de cette façon,
mais on va retrouver samedi avec Bochum une équipe typiquement allemande, difficile à battre".
Ciro Ferrara (entraîneur de la Juventus): "C'est une grosse déception, pour tout le club, pour l'équipe et les tifosi. Ca fait mal. On n'a pas pris un point lors des deux
derniers matches, et ce soir, on a démontré qu'on ne savait pas gérer un résultat nul (qui aurait qualifié la Juve, NDLR). Le Bayern a été supérieur, tactiquement et techniquement. On a
beaucoup couru, mais dans le vide. Il nous a créé des difficultés, tandis que nous, on a peu créé, vraiment peu. C'est vrai qu'on a dépensé beaucoup d'énergie contre l'Inter (samedi en
championnat). Mais il ne faut pas chercher d'alibi. (à propos de la mauvaise performance des milieux Felipe Melo et Diego) Je n'analyse pas ce soir. On fera une analyse globale plus tard,
mais il n'y a personne à montrer du doigt. C'est la performance d'ensemble qui n'a pas été bonne, celle de l'équipe et la mienne."
Par Isabelle Trancoen
Pas de miracle pour l'OM
Morientes (OM) pris en tenaille entre Xabi Alonso et Benzema (Real Madrid) au match aller
AFP - Pedro ArmestreCueillis à froid, les Marseillais sont pourtant revenus dans la partie et ont même fait jeu égal en première période, avant de subir la maîtrise technique du Real. Ils ont même manqué un pénalty avant de s'écrouler pour finalement s'incliner 3-1. Le Real se qualifie donc dans ce groupe C, avec le Milan AC qui a fait match nul à Zurich 1-1.
La maîtrise du Real
Le match débutait sur les chapeaux de roues, avec beaucoup de rythme des deux côtés. Oirté par la folie du Vélodrome, L'OM mettait beaucoup d'intensité dans ces premières minutes. Sans doute trop même, puisqu'il commettait dès la 5e minute une faute qui allait s'avérer fatidique. Le coup franc expédié de 30 m par Cristiano Ronaldo faisait mouche dans l'angle droit du but de Steve Mandanda. Coup de froid sur le stade marseillais (1-0).
Dans cette rencontre débridée, marquée par de nombreuses fautes, du fait de l'enjeu mais aussi par que l'arbitre allemand M.Stark avait du mal à
contenir l'engagement des deux équipes, l'OM ne perdait pas pied malgré ce but. Au contraire, les hommes de Deschamps repartaient de l'avant, et suite à un ballon consécutif à une
montée de Taiwo et un centre mal repoussé par Albiol, dans un cafouillage dans défense madrilène, Lucho reprenait à 16m et trompait Casillas (1-1, 11e).
Le match devenait de plus en plus disputé. Brandao marquait mais l'arbitre ne validait pas le jeu pour cause de hors-jeu. Quelques minutes plus tard, de l'autre côté, à la
suite d'un corner, Cristiano Ronaldo trouvait le poteau gauche de Mandanda, deux joueurs reprenaient dans un véritable jeu de billard, avec une belle intervention du portier
marseillais, sans parvenir à mettre le ballon au fond des filets. (27e)
A l'approche de la demi-heure de jeu, les Espagnols mettaient un peu plus de pression, poussant dans leurs retranchements défensifs, des Marseillais à la recherche de leur 2e
souffle, et dont les relances, menées avec conviction, manquaient toutefois de tranchant.
Le Real gardait le tempo, les ballons revenant de plus en plus souvent sur le but marseillais, avec un Cristiano Ronaldo intenable. Les attaquants madrilènes multipliaient les
appels et les attaques. Dans les arrêts de jeu, après un passement de jambes d'école, Marcelo se présentait seul mais son tir trop écrasé passait à gauche. Ronaldo expédiait un
nouveau coup-franc dangereux, repoussé par Mandanda, juste avant le coup de sifflet renvoyant les équipes aux vestiaires.
A la reprise, les deux équipes repartaient sur les mêmes bases, avec du rythme, dans un stade vélodrome où le mistral se faisait de plus en
plus présent. Des deux côtés, on gardait de belles intentions de jeu. Un ballon en profondeur échappait à Brandao après un bon geste défensif de Pepe, puis sur l'action suivante,
Marcelo vendangeait sa reprise. Ce même Marcelo déboulait ensuite sur le flanc gauche et sa frappe était déviée par Mandanda. Le match devenait un peu plus haché, avec toujours
des fautes, et une situation ambigüe pour les deux équipes, qui avaient appris à la pause que le Milan AC perdait à Zurich. Mais il fallait gagner pour l'OM et au moins prendre un
point pour le Real, puisqu'il était inutile de calculer.
Le Real prenait indiscutablement de plus en plus la maîtrise du ballon. Alors que les Marseillais, qui perdait le fil du jeu et surtout manquait de courroie de transmission dans
son organisation. Le Real poussait. Et finissait par se voir récompensé. Malgré un jet de projectiles alors qu'il allait tirer un corner, Van der Var s'appliquait
consciencieusement et sur le renvoi approximatif de la défense marseillaise, Raul Albiol inscrivait le deuxième but madrilène (2-1, 59e). Encore une fois malgré tout, l'OM
repartait à l'assaut, s'offrant plusieurs corners consécutifs. Les Phocéens tentaient de remettre de l'impulsion pour surprendre le Real. Et sur une attaque rondement menée par
Mamadou Niang, l'attaquant marseillais était fauché en entrant dans la limite de la surface de réparation par le gardien madrilène. Un incident de match qui ne coûtait qu'un un
carton jaune à Casillas, mais voyait Niang, touché à la clavicule, quitter ses partenaires (66e). Comble de poisse, le pénalty qui s'en suivait, tiré par Lucho, voyait le ballon
s'écraser sur la transversale.
Après avoir subi la maîtrise technique du Real, et raté leur entame de 2e période, les Marseillais avaient retrouvé des couleurs, mais ce nouveau coup dur s'ajoutait uen
détresse morale à leurs difficultés physiques, bien insuffisantes pour hausser le niveau du jeu alors qu'il leur fallait justement mettre de la folie et davantage de
vivacité pour espérer obtenir quelque chose.
Finalement, le match tournait définitivement à l'avantage du Real. Un ballon offert par Diarra dans le dos de la défense marseillais échouait à Cristiano Ronaldo. Le Portugais
taclé par Mandanda dans une sortie un peu prématurée, se relevait rapidement et expédiait le ballon dans la cage abandonnée (3-1, 80e).
Les Marseillais n'y croyaient plus, n'y étaient plus, débordés par des Madrilènes qui faisaient tourner pour attendre le coup de sifflet final.
8/12/2009 Info France 3