Gourcuff (Bordeaux) tente de percer entre Gonalons et Makoun (Lyon)

Gourcuff (Bordeaux) tente de percer entre Gonalons et Makoun (Lyon)

AFP - Philippe Merle
Bordeaux, très solide, s'est imposé à Lyon (0-1). Montpellier est un surprenant deuxième.

Un but de Chamakh dans les dernières minutes a permis aux Girondins de sortir d'un match extrêmement tendu. Grâce à ce succès, les hommes de Laurent Blanc s'envolent en tête du classement. Pour Lyon, relégué à huit points des Bordelais, le titre est peut-être perdu...

A 4 points des leaders girondins, Montpellier s'est hissé sur la 2e marche du podium en s'imposant à Toulouse (0-1). Ces matchs décalés de la 17e journée ont également été marqués par le 4e succès de rang de Lille qui s'est imposé à Monaco (0-4). Le PSG s'est quant à lui relancé en battant Saint-Etienne (3-0). Mais l'Asse a posé réclamation au sujet de la nationalité du gardien arméno-camerounais Edel. Enfin, Sochaux a dominé Grenoble (1-0).

Bordeaux, le mur de l'Atlantique

Pour ceux qui en doutaient, la passation de pouvoir a eu lieu ce soir. Entre les deux derniers champions de France en date, les Girondins ont confirmé leur ascendant sur la Ligue 1 face à un adversaire en panne d'inspiration, en panne de caractère surtout. Le trône du roi Lyon est désormais occupé par Bordeaux et c'est peut-être parti pour durer…

L'OL fait illusion en début de match en bousculant les visiteurs et se montre notamment dangereux par l'entremise d'un coup de tête de Lisandro (9e). Après… plus rien. Les hommes de Puel vont se heurter avec une belle régularité à l'organisation sans faille bordelaise qui annihile les rares tentatives lyonnaises avec une facilité déconcertante. Pourtant, Bordeaux n'est pas dans un grand jour. La fluidité du jeu girondin est restée aux vestiaires et, hormis la réponse de Chamakh à Lisandro de la tête (29e), le leader se fait assez discret. Celui lui suffit amplement. La pause intervient après ce voyage au bout de l'ennui. La reprise n'est guère plus convaincante… Pour s'en convaincre, il suffit de constater qu'après 70 minutes de jeu, seulement trois tirs ont été cadrés et ni Lloris, ni Carrasso n'ont eu de parade à effectuer ! Cependant, voyant l'OL si peu dangereux, les Girondins vont s'enhardir dans les dernières minutes. Et ce qui devait arriver arrive à la 86e minute quand Gourcuff dépose un centre sur la tête de Chamakh qui fait parler sa détente verticale pour tromper Lloris (0-1, 86e). Implacable. Les ultimes secondes ne changent pas le cours d'un match parfaitement maîtrisé par les Bordelais qui réalisent une superbe opération au classement. Tout l'inverse de Lyon, désormais neuvième (!) et qui n'a remporté qu'une victoire lors de ses huit derniers matchs en Ligue 1…


Montpellier, l'incroyable dauphin

Souleymane Camara heureux

Les Héraultais n'en finissent plus de surprendre. Après 15 matchs joués, la formation de René Girard continue de jouer les premiers rôles sans donner le moindre signe d'essoufflement. Cette fois, c'est Toulouse qui en fait les frais. Face à sa bête noire (le Téfécé n'a plus gagné à domicile face au MHSC depuis 1987), les partenaires de Gignac se sont fait surprendre par une reprise de volée sensationnelle de Camara dès le début du match (0-1, 10e). La solidité défensive de Montpellier fera le reste jusqu'à la fin du temps réglementaire. Avant Lyon-Bordeaux, voilà le club du président Nicollin à la 2e place du classement, à seulement un point des Girondins ! Qui l'eut crû ?

Si Montpellier impressionne par sa solidité, Lille terrorise la L1 par se force offensive. Non content de posséder dans ses rangs Frau, Gervinho ou Hazard, les Nordistes ont enregistré le retour de Tulio De Melo en attaque. Rentré en cours de jeu, le filiforme attaquant a mis au supplice les Monégasques, de nouveau en pleine crise de confiance. Un doublé de De Melo, plus un penalty transformé par Cabaye, et un dernier pour la route signé Aubameyang l'addition est salée pour l'AS Monaco qui reste scotchée à la 12e place du championnat. En revanche, le LOSC, qui enchaîne là sa 4e victoire consécutive, pointe désormais à la 3e place de L1 !

Paris respire un peu mieux au soir de cette 17e journée. Restant sur trois victoires et trois défaites, le club de la capitale alternait le bon et le médiocre depuis plusieurs semaines. Le large succès aux dépens de Saint-Etienne remet les partenaires de Makelele sur les bons rails. Il faut dire que la faiblesse insigne de l'opposition stéphanoise leur a facilité la tâche. Une grosse faute de main de Janot a permis à Luyindula d'ouvrir la marque avant qu'une minute plus tard, Sessegnon ne double la mise (2-0, 12e). Une dernière réalisation d'Erding de la tête juste avant la pause scellait définitivement la rencontre. Avec seulement deux points pris lors de leurs cinq derniers matchs, l'ASSE ne possède plus que trois unités d'avance sur Le Mans, premier relégable… Les Verts sont plus que jamais dans le rouge ! Cela ne les a pas empêcher de réagir de façon surprenante. Les dirigeants de l'Asse, en marge du match, ont déposé une réclamation concernant la nationalité du gardien Edel. Les dirigeants de la LFP présents ont confirmé cette information, précisant que cette réclamation serait examinée devant une commission mais refusant de détailler le nature exacte du litige.

Sochaux, justement, s'est éloigné de cette fameuse zone de turbulence en s'imposant sur le terrain de Grenoble. La lanterne rouge, qui restait pourtant sur quatre matchs sans défaite, a rechuté sur un but de Mikari qui a inscrit le seul but de la partie d'une belle frappe de l'extérieur du gauche.


Réactions

Alain Casanova (entraîneur de Toulouse): "Nous avons mal débuté cette rencontre. Nous n'avons pas fait un très grand match et nous sommes très vite menés sur la première occasion qu'ils ont. On met de la bonne volonté pour revenir mais pas avec assez de justesse et de qualité technique. Nous avons joué un peu plus direct en seconde mi-temps et nous nous sommes crées quelques occasions, mais sans parvenir à revenir au score. On peut trouver des choses à redire mais au niveau de l'état d'esprit nous aurions peut-être mérité d'égaliser. Nous avons joué face à une belle équipe, mais je regrette vraiment notre début de match trop timoré".
   
Cyril Jeunechamp (arrière gauche de Montpellier): "
On s'était dit que se serait bien d'avoir trente points à la fin des matches aller et il nous reste deux matches pour faire mieux. Nous sommes une équipe chiante à jouer, en ce moment nous avons aussi de la réussite comme sur ce but de Camara, qui est un des plus beaux depuis le début de la saison, et il faut savoir en profiter. Nous
avons un état d'esprit remarquable. Cela fait plus de treize ans que je suis en L1 et j'ai rarement vu un groupe aussi solidaire et généreux. Je suis vraiment très heureux de faire partie de cet effectif. Je ne sais pas si nous tiendrons jusqu'au bout mais on en profite. Dès mercredi prochain nous recevons le champion de France en titre et nous n'aurons pas de pression. Je signe tout de suite pour un match nul
".

Rudi Garcia (entraîneur de Lille): "On est dans une bonne période. L'important était de tout faire pour gagner. On s'est mis en danger en première période. Mais, pour notre 5e match en 15 jours, on était bien physiquement. J'en profite pour remercier mon staff, car on avait bien étudié Monaco et on l'a pris de la meilleure des manières. Il faut profiter de la période actuelle. On sait très bien qu'on ne marquera pas 4 buts à chaque matches. Mais avec le retour de plusieurs joueurs, le groupe est plus étoffé qu'il y a un moment. On a donc la possibilité de faire tourner tout en gardant la même efficacité. C'est de bon augure pour la suite. D'autant plus que l'on marque sur coups de pied arrêtés, chose qu'on ne faisait pas auparavant. Ce soir, il y a peu d'aspect négatif."    

 

Guy Lacombe (entraîneur de Monaco): "Après un manque d'investissement, il y a un manque de confiance. C'est souvent lié. On n'a pas su comptabiliser nos points forts. On a eu des possibilités de marquer avant la pause. On ne l'a pas fait. Ensuite, c'est difficile. D'autant que l'on perd immédiatement Muratori. C'est une journée sans. (...) Ce qui m'inquiète, c'est cette 1ère mi-temps où l'on doit concrétiser, et rester dans nos fondamentaux. Je crois que les joueurs ont oublié cela. Il faut retrouver les fondamentaux pour retrouver la confiance. Cela a cassé entre Bordeaux et Grenoble. Le +pourquoi+, je le garde pour moi. Ce n'est pas le moment d'accabler une équipe. C'est vrai qu'on ne se révolte pas dans l'entame de la 2e mi-temps. Le ballon ne veut pas rentrer. Les joueurs doivent se demander pourquoi. On manque de beaucoup de choses. Les erreurs individuelles ne sont pas rattrapées par la solidarité."

Francis Gillot (entraîneur de Sochaux): "C'était important de gagner face à un adversaire comme Grenoble qui restait sur une bonne série. Mais comme d'habitude, on a eu une première mi-temps difficile, notamment les trente minutes initiales. On s'est bien repris juste avant la pause. C'est vrai que Grenoble aurait pu marquer en première période et que Richert nous sauve la mise en arrêtant le penalty de Ljuboja. En seconde période, on a eu quelques opportunités sur coups de pied arrêtés mais on n'a pas réussi à se mettre à l'abri. Ce n'était pas Bonal mais... Verdun. Pendant le dernier quart d'heure on était sur le +reculoir+ et comme on n'a pas beaucoup de grands gabarits, on était en difficulté. Avec 22 points, on peut souffler, même s'il reste deux matches avant la trêve".

              

Mécha Bazdarevic (entraîneur de Grenoble): "On a fait une première mi-temps presque parfaite, avec plus d'occasions que notre adversaire mais on n'est pas parvenu à concrétiser. On a concédé au mauvais moment un but qui était parfaitement évitable et après ce n'était pas très facile de revenir. Avec le penalty sifflé pour nous, on pensait que c'était le scénario idéal pour revenir dans le match mais Richert s'est interposé. En deuxième période, on a davantage souffert mais je pense qu'on méritait mieux que cette défaite sur le score de 1-0. C'est une grosse déception car la dynamique mise en place s'arrête. On a tout fait pour se créer des occasions et imposer notre jeu, mais cela n'a pas été suffisant. On a manqué de réalisme. Il faut pourtant se servir de tout ce qui a été positif face à Sochaux pour faire le maximum d'ici à la trêve".

Alain Perrin (entraîneur de Saint-Etienne):
"Ca n'a rien à voir avec Lille. Là, on a hypothéqué le match dans le 1er quart d'heure mais au moins l'équipe a joué. On prend un but sur des erreurs d'inattention individuelles qui sont sanctionnées et qui ont plombé le match. Ensuite, l'équipe a cherché à jouer. Ce n'était pas du tout le même contexte. Si on encaisse des buts, c'est qu'on a des problèmes défensifs. Ce n'est pas surprenant car on joue avec des joueurs inexpérimentés et pas à leurs postes. En 2e période, il y avait la place pour se créer des situations favorables plus intéressantes. Je fais mon travail, je n'ai pas à m'inquiéter. Ce poste est soumis à des aléas mais ce n'est pas de mon ressort. Il faut s'accrocher. Ce n'est pas avec la venue de l'OM que ça va se simplifier. C'est une crise de confiance".
   
Stéphane Sessegnon (Paris SG):
"On a su faire la différence en 1re période. On n'a pas géré en 2e période, mais on savait que quand on a mis trois buts pendant la première, il faut rester discipliné. Le travail était déjà fait et il fallait laisser la balle à l'adversaire (...). Il faut gagner pour retrouver le haut du tableau. Lors de nos derniers matches, on avait eu du mal et c'était important de gagner avec la manière. J'ai plus de mal cette saison mais ce n'est pas catastrophique non plus. Et toute l'équipe a eu un passage à vide. Mais si on passe du temps à écouter ce qui se dit dehors, on ne peut pas avancer. Il vaut mieux être bidon et que l'équipe gagne, non? Mais si je suis dans un bon jour, je sais que l'équipe est capable de gagner".
13/12/2009 Info France 3 JL  AFP