2009
LES VACHES MAIGRES DE SARKOZY
ET
PEGGY LA COCHONNE A LA SANTE
Le végétal est le grand oublié des débats sur la 'ville durable', estiment les professionnels des jardins et du paysage. Réunie au sein de l'association interprofessionnelle Val'hor, la filière est rassemblée à Strasbourg, du lundi 26 au mercredi 28 octobre, pour les quatrièmes Assises européennes du paysage. Elle doit y annoncer la création de Cité verte, centre de ressources et outil de lobbying sur les bienfaits de la nature en ville, inspiré d'un modèle né aux Pays-Bas en 2002, et qui a essaimé depuis lors en Allemagne, en Catalogne et en Grande-Bretagne.
Vivre à proximité d'espaces verts diminuerait les risques de dépression, d'anxiété, de maladies respiratoires, ainsi que la surmortalité lors des canicules. Véritables filtres à air, les arbres absorbent le CO2, mais également l'ozone et le dioxyde d'azote. Ils fixent les poussières et les particules fines. Leur ombre, ajoutée au phénomène d'évapotranspiration, rafraîchit la température ambiante.
Cent mètres carrés d'espace arboré au coeur d'un îlot urbain permettraient d'abaisser la température de 1 degré dans un
rayon de 100 mètres, selon certaines études.
Et en plein soleil, la température d'un terrain - ou d'un toit - couvert de gazon peut être jusqu'à 10°C inférieure à celle d'une surface en
asphalte.
Chacun reconnaît désormais l'importance des végétaux dans la lutte contre les "îlots de chaleur urbains", qui voient la température des centres-villes
grimper entre 4 et 10°C au-dessus de celle des zones périurbaines ; dans l'atténuation du réchauffement global, aussi, alors que les études les plus pessimistes prédisent à Paris le climat de
Cordoue et à Lyon celui d'Alger d'ici à 2070.
Arbre "jetable"
Encore faut-il, pour que ces qualités jouent, tenir compte des exigences propres aux végétaux. Dans son livre Des arbres dans la ville, l'urbanisme
végétal (éd. Actes Sud), Caroline
Mollie dénonce la culture urbaine de l'arbre "jetable", décoratif, auquel on ne laisse ni le
temps d'atteindre une taille adulte ni la capacité de jouer son rôle dans l'écosystème, fût-il urbain.
"Le végétal en ville est trop souvent traité par des gens dont ce n'est pas le métier", regrette Dominique Douard. La profession doit publier à Strasbourg une motion demandant "que tous les projets soient conçus par des paysagistes, avec des végétaux issus de producteurs de la région, et mis en oeuvre par des entreprises du paysage". Le plan gouvernemental est attendu au premier trimestre 2010. Les 28 000 entreprises de la filière paysage entendent bien ne pas passer à côté de cette opportunité.