Jeudi 24 mai 2012
4
24
/05
/Mai
/2012 12:14
Un composé du vin rouge pour protéger les neurones
Martine Perez s’intéresse dans Le Figaro au resvératrol, « présent naturellement
dans les raisins rouges. […] Depuis quelques années, cette molécule fait l’objet de nombreuses publications scientifiques et a démontré ses propriétés
antioxydantes mais aussi son action contre le diabète, l’obésité, le cancer… ».
La journaliste note que « le resvératrol aurait
aussi un effet protecteur contre la maladie d’Alzheimer. C’est en tout cas ce que souhaitent confirmer les chercheurs de la Georgetown University [Etats-Unis]
en lançant une étude clinique de phase II avec des patients atteints de démence légère à modérée ».
Martine Perez indique que « cette étude va durer un
an : la moitié des participants prendra des comprimés de resvératrol pur, l’autre moitié avalera un placebo. Le but de l’étude est, en priorité, de vérifier la sécurité et la tolérance du
resvératrol administré 2 fois par jour à des doses importantes ». Le Dr Scott Turner, principal investigateur de l’étude, observe en effet que « la plupart des études montrant les
avantages du resvératrol sur la santé ont été menées avec des modèles animaux, comme les souris, et à des doses qui dépassent de loin l’apport du resvératrol contenu dans un verre de vin
».
La journaliste ajoute que « les participants feront des tests tels que ponctions lombaires, IRM, prélèvements sanguins afin d’évaluer la progression
de l’Alzheimer ».
Le Pr Jacques Touchon, neurologue au CHU de Montpellier, remarque que « dès 1997, une étude publiée en France a associé une consommation modérée et régulière
de vin à un risque plus faible de maladie d’Alzheimer. Mais sans en comprendre les raisons. Plusieurs hypothèses avaient alors été avancées dont celle du resvératrol. Cette étude américaine est
intéressante car elle va peut-être permettre de vérifier cette hypothèse ».
Martine Perez note que « plusieurs mécanismes peuvent expliquer l’éventuel effet protecteur du resvératrol
contre Alzheimer. Il a été démontré une action antivieillissement chez la souris. […] Ce polyphénol prolongerait la vie des
cellules nerveuses en agissant sur certains gènes. […] Mais si le resvératrol semble très prometteur, il n’est pas dénué de contraintes », poursuit la journaliste.
Le Pr Bruno Vellas, responsable du gérontopole de Toulouse, précise ainsi que « le problème essentiel c’est qu’il est très mal absorbé par voie orale
».
Martine Perez retient que « les résultats de l’étude de phase II du Dr Turner sont attendus par les spécialistes
avec intérêt mais prudence. Car même si le resvératrol montre une efficacité, le chemin sera long avant d’envisager la mise sur le marché d’un traitement ».
Laurent Frichet Médiscoop Tsavopresse 24 mai 2012
Par Doc de Haguenau
-
Publié dans : Oenologie
-