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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 11:00

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Lady Gaga lors de sa tournée The Monster Ball Tour le 3 mars 2010  

La pop, gaga de sa Lady

 

Jusqu'ici, les choses étaient plutôt simples dans la musique et la culture pop. Un artiste apparaissait, avec un univers, une allure et un message. Cela pouvait choquer au début mais le tout était vite récupéré. Le mainstream absorbait et s'enrichissait de ce qui pouvait déranger ou gêner. Et puis Lady Gaga (1) est arrivée.

La chanteuse vient d'être sacrée «artiste la plus influente de l'année» par le magazine américain Time. Il ne se passe pas une semaine sans que les journaux ou le Web évoquent ses tenues extravagantes ou ses déclarations mégalomanes. Certains la qualifient de «produit marketing», d'autres d'«artiste contemporaine de la musique».

Lady Gaga est le nom de scène de Stefani Germanotta, une New-Yorkaise de 24 ans. Prodige de la musique, elle apprend le piano à 4 ans et commence à composer à 13 ans. Dans ses interviews, elle se décrit comme une «bonne élève, très dévouée à ses études» mais mal dans sa peau, jugée «excentrique et provocante». Elle développe une fascination pour la culture pop, pour ses stars glamour et surtout pour David Bowie. A 17 ans, elle intègre la Tisch School of Arts de la New York University, qu'elle quitte très vite pour se consacrer à une carrière dans la musique. Son père, réticent aux rêves de gloire de sa fille, lui propose un marché : il lui paie son loyer pendant un an et si elle ne rencontre pas le succès, elle devra retourner à la fac.

Elle intègre la scène musicale new-yorkaise, va d’échec en refus avec les maisons de disques, écrit des chansons pour d’autres artistes et signe enfin avec le label Streamline. Elle choisit son nom de scène, en référence à la chanson de Queen, Radio Ga Ga. Encouragée par des amis et des producteurs, elle écrit un premier album, The Fame. En 2008, elle s’installe à Los Angeles pour finir ce premier disque, qui sort en août 2008. Le succès arrive vite, très vite. Les morceaux Just Dance, Poker Face, Paparazzi et LoveGame deviennent des tubes. L’album se vend à plusieurs millions d’exemplaires. Elle est nominée pour six Grammy Awards, entame une tournée mondiale au cours de laquelle elle fait sensation avec ses tenues, ses shows millimétrés et l’engouement qu’elle suscite dans la communauté homosexuelle. Ses clips durent une dizaine de minutes.

La presse parle de «phénomène Gaga». En novembre 2009, sort son deuxième album, The Fame Monster. Les morceaux sont plus sombres et plus gothiques. Le succès est toujours là, et les clips de Bad Romance ou de Telephone (en duo avec Beyoncé) sont des événements. Elle devient la seule artiste au monde à avoir passé la barre du milliard de vues sur la plateforme YouTube pour l’ensemble de ses vidéos. Sa célébrité agace. Les chanteuses Grace Jones, Christina Aguilera ou MIA l’accusent de pastiche. D’autres lui reprochent de n’être qu’une compilation des pop stars des trente dernières années.

Les choses semblent pourtant différentes. Lady Gaga n’est pas une star comme les autres. Elle échappe au schéma classique de la pop. Elle est apparue telle quelle, avec ses tenues d’extraterrestres et ses chansons dance. Elle n’est ni Madonna, ni Whitney Houston, ni même Britney Spears. Le public ne l’a pas vu grandir, elle n’a pas de «récit» associé à elle. Lady Gaga n’est pas seulement une artiste pop. Elle est la première chanteuse d’une culture postpop, qui utilise le simulacre comme moyen d’expression, qui ose mêler des références ultrapointues avec des notions grand public.

Elle synthétise autant l’époque que Madonna au début des années 80.

On ignore à peu près tout de sa vie privée. Elle n’a jamais été photographiée «au naturel». Elle qui parodie en permanence le star-system en est justement à l’écart. Lady Gaga est une incarnation de chanteuse, la créature (le «fame monster») de Stefani Germanotta, qui a réussi à dynamiter la pop.

 

 

Le VISAGE.

A quoi ressemble Lady Gaga ? Dans ses clips ou lors de ses apparitions télévisées, ses traits ne sont jamais les mêmes. Bimbo blonde dans la vidéo de Just Dance, poupée japonisante dans celui de Paparazzi ou prisonnière trash dans celui de Telephone, elle change de visage, à grands renforts de maquillage.

Impossible de savoir la couleur des yeux, la taille du nez ou des lèvres.

Dans Ingrid Caven, l’écrivain Jean-Jacques Schuhl évoque le Maske de maquillage que la chanteuse allemande met avant de monter sur scène. Lady Gaga vit avec ce Maske permanent. Certaines vidéos de Stefani Germanotta, avant sa transformation, ont circulé. Elles ont créé un malaise : ce n’était pas le personnage que l’on voyait mais son interprète. Elle se maquille les yeux comme le Ziggy Stardust de David Bowie, peint ses lèvres comme le chanteur allemand Klaus Nomi, et comme le performer sud-africain Steven Cohen, se coupe et se teint les cheveux comme une playmate. Rien dans son visage n’est sérieux, tout est parodie. Mais ses références sont déjà des parodies (Freddie Mercury, Madonna), elle est dans la caricature de la caricature. Elle singe une culture pop et en bouleverse les références. On ne regarde ce visage ni au premier degré ni ironiquement. C’est un espace vide qui va chercher dans toutes les inspirations pour se créer une apparence.

 

La VOIX.

Lady Gaga est avant tout une musicienne. Et même une très bonne musicienne.

Elle compose, écrit et interprète ses morceaux. Le chanteur américain Kanye West confiait, en septembre 2009 à Libération Next, son admiration pour les talents vocaux de la chanteuse de Poker Face. Même ses détracteurs s’accordent à le dire : la musique de Lady Gaga est techniquement impeccable. Ils sont plus critiques sur les paroles des chansons. Ses textes entrent dans la même logique de parodie que son apparence.

Dans son premier single, Just Dance, la jeune femme chantait son envie de faire la fête, entourée de célébrités et de substances illicites. A mesure des tubes, les paroles semblent se vider de leur sens. Les textes se remplissent d’onomatopées, de répétitions et d’autoréférences, le single Bad Romance démarrant par un «Gaga oulala» scandé à plusieurs reprises. Aucune histoire n’est racontée.

Contrairement aux autres chanteuses actuelles, Lady Gaga ne met pas en scène la production de ses albums. Tandis que Madonna ou Britney Spears s’affichent avec des producteurs, elle n’évoque pas ses collaborateurs. La discographie de la star est une mini-industrie à elle toute seule. Un système de production dont le but est de fournir des raisons à la jeune femme d’être une célébrité. Le robot Gaga chante pour exister et surtout pour se mettre en scène. On pense à David Bowie qui affirme que «les yeux sont plus affamés que les oreilles.»

 

Lady Gaga en 2009 chantant lors du The Fame Ball Tour portant sa robe bulles
Source photo Wikipédia

 

Le COSTUME.

Elle porte des robes faites en bulles de plastique, des tenues qui semblent avoir été dessinées par l’architecte Frank Gehry, des combinaisons en dentelle rouge qui masquent son visage. C’est son allure qui l’a rendue célèbre et qui a fait le plus jaser. A la manière des Dupondt d’Hergé, elle s’affuble des stéréotypes des pays qu’elle traverse, passant un séjour entier au Royaume-Uni une tasse de thé à la main. Le personnage de Lady Gaga est inséparable de son costume. Jamais Stefani Germanotta n’est apparue de manière sobre. Elle déclarait récemment à une télévision britannique qu’elle préférerait mourir plutôt que d’apparaître sans talons hauts devant ses fans.

La chair et le costume forment un tout. La chanteuse a créé la Haus of Gaga, un collectif regroupant ses amis qui conçoivent ses tenues, ses accessoires et la mise en scène de ses spectacles. Elle qui affirme adorer la mode, s’est associée à une pointure du milieu : Nicola Formichetti. Ce Nippo-Italien, basé à Londres et à New York, est le directeur créatif du très hype Another Magazine. Il est aussi consultant pour Uniqlo ou Prada. Depuis quelque temps, il habille Lady Gaga d’une allure gothique, dans le sillage de la mode d’Alexander McQueen. Le couturier anglais, qui s’est suicidé en février dernier, était un proche de la star. Il avait utilisé sa musique pour ses défilés et, selon plusieurs sources, tous deux étaient de vrais amis dans un milieu où l’amitié est une donnée floue.

 

Le SEXE.

Qu’y a-t-il entre les jambes de Lady Gaga ?

La question a affolé le Net après un concert où elle a été vue avec une bosse à l’entrejambe. Alors qu’elle multiplie les allusions au sexe, le robot ne semble pas avoir de vie sexuelle. Dans ses clips, les figurants s’amusent entre eux tandis qu’elle reste en dehors. Les paparazzi ne l’ont jamais photographiée au bras d’un homme ou d’une femme. Elle caricature la sexualité et, ce faisant, écarte le risque de devenir un fantasme ou une pin-up. Et justement, puisqu’elle refuse d’être une créature sexuée, le système médiatique, dont on connaît le machisme, s’offusque. Les rumeurs sont lancées : Lady Gaga serait un homme, un transsexuel, une lesbienne. Peu importe au fond puisque la métamorphose postpop échappe aux normes de genre. Sa sexualité est virtuelle, elle chante : «We’re plastic but we still have fun». Elle s’adresse à une génération, les 15-25 ans, qui a découvert la sexualité par Internet, les réseaux sociaux, les films pornos en ligne et les sites de rencontre.

Un bandit a toujours des acolytes. Pour braquer la pop, ceux de Lady Gaga sont ses fans qu’elle qualifie de «little monsters» (les petits monstres). Elle fait corps avec eux au point de se faire un tatouage en leur honneur. Dans de nombreuses interviews, elle affirme vouloir devenir la porte-parole des «freaks» (les non-conformistes), et rend en permanence hommage à la communauté gay. La chanteuse a donné des discours pour des associations antihomophobes ou de lutte contre le sida.

La machine Lady Gaga est parfaitement huilée. C’est une formidable opération de marketing qui se présente ouvertement comme telle. Ses clips sont truffés de placements de produits. Les marques d’alcool, de produits technologiques, de voitures ou de prêt-à-porter se battent pour apparaître dans les vidéos. Tout est assumé, la jeune femme ayant, semble-t-il, tout compris de son époque : on peut être une artiste grand public et s’inspirer de l’avant-garde artistique, vouloir gagner de l’argent et critiquer la société qui l’entoure, être dans la caricature et avoir de l’émotion. Que fera la jeune femme maintenant ? Suicidera-t-elle son double comme David Bowie «tua» Ziggy Stardust sur une scène londonienne en juillet 1973 ? Impossible de deviner. Seule Stefani Germanotta le sait, elle qui faisait récemment dire à Lady Gaga : «I am the future.»

(1) Les 21 et 22 mai à Paris Bercy et le 25 mai au Zénith de Strasbourg.

liberation.fr Par Clément Ghys 16/05/2010

 
 
 

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commentaires

P


moi je l'aime bien, pas trop au début, mais maintenant oui !!



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D

on est jeune ou on l'est pas ! lol


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