Partager l'article ! L'île de Pâques: Stop filtrant aux migrants et aux touristes: L'île de Pâques veut se protéger des migrants et des touriste ...
Forêt de Haguenau
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Les 5 000 habitants de l'île de Pâques n'aiment pas les touristes. Ou alors à petites doses. Dans ce territoire chilien isolé du monde, à 4 000 km de Santiago, quelque 1 300 électeurs ont approuvé, à plus de 96 %, le 24 octobre, une réforme de la Constitution qui devrait donner aux autorités de l'îlot du Pacifique un plus grand contrôle sur leurs flux migratoires.
La consultation populaire, organisée par le gouvernement de Santiago, répondait aux inquiétudes des Pascuans, en majorité d'origine polynésienne. Les autochtones dénoncent l'impact négatif du tourisme et de l'immigration sur leur culture, le patrimoine et l'écosystème de l'île, petit bout de paradis de seulement 164 km2. En août, ils avaient bloqué, pendant quarante-huit heures, l'unique aéroport, pour réclamer des limites à la durée de séjour des touristes et à l'immigration croissante de Chiliens venus du continent.
L'île de Pâques, découverte en 1722 par les Hollandais, ne cesse d'exercer une fascination
sur les voyageurs du monde entier.
Chaque année, 50 000 touristes viennent visiter ses plages, ses paysages volcaniques et ses centaines de Moais. La construction de ces imposantes statues de pierre,
pesant des tonnes et mesurant jusqu'à 20 mètres de haut, reste un mystère. Certains insulaires vont jusqu'à évoquer le concours d'extraterrestres...
Après des négociations avec les autorités insulaires, le gouvernement chilien avait instauré, en septembre, un système de
cartes migratoires pour 'améliorer l'information sur les visiteurs', selon le vice-ministre chilien de l'intérieur, Patricio Rosende. Les touristes devaient préciser le motif, la durée et leur
lieu de séjour sur une 'carte spéciale visiteur', qu'ils devaient remplir à l'embarquement à l'aéroport de Santiago, le seul à desservir Rapa Nui, le nom polynésien de l'île de Pâques. La Cour
suprême a jugé cette mesure 'illégale et arbitraire', les juges invoquant le droit à la libre circulation sur l'ensemble du territoire chilien. 'Il faut réguler la croissance de l'île de Pâques'
admet M. Rosende. 'C'est un territoire très fragile qui ne supporte pas des flux indéterminés de migrants qui s'installent.' Les Pascuans accusent les Chiliens du continent, installés sur le
paisible îlot, d'être à l'origine d'une délinquance jusqu'ici inconnue. Ils leur reprochent, comme aux touristes, de mettre en péril l'équilibre écologique de l'île,
inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.
Le Monde 29/10/2009 News Yahoo