2009
LES VACHES MAIGRES DE SARKOZY
ET
PEGGY LA COCHONNE A LA SANTE
Nicolas Sarkozy a annoncé le 20 octobre que "des marges de manoeuvre pour actualiser les valeurs locatives" seraient bientôt "proposées aux élus".
Au moment où la réforme de la taxe professionnelle agite la classe politique,
cette actualisation risque de bouleverser le niveau des taxes foncières et taxes d'habitation.
Les valeurs locatives, qui servent de base au calcul de la taxe foncière, de la taxe d'habitation et en partie de la taxe professionnelle, "n'ont
pas été actualisées depuis les années 70" en ce qui concerne les locaux commerciaux et ne l'ont été que "de manière partielle" pour les logements,
explique-t-on dans l'entourage du ministre du Budget Eric Woerth.
L'actualisation devrait donc être inscrite dans la loi, "mais pas d'ici la fin de l'année", ajoute-t-on, précisant que le président Sarkozy "souhaite avancer en étroite concertation
avec les parlementaires et les élus locaux", alors que la réforme de la taxe professionnelle suscite une fronde au sein de la majorité.
Les valeurs locatives sont basées sur des critères anciens, qui produisent de fortes inégalités. Ainsi, une personne habitant dans un vieil immeuble rénové du coeur de Paris paye des taxes
qui n'ont pas pris en compte l'explosion des prix de l'immobilier, tandis qu'un ménage résidant dans un HLM considérée "tout confort" il y a 40 ans, mais dont le quartier est
aujourd'hui paupérisé, est paradoxalement assujetti à des impôts locaux plus élevés.
Si une réforme semble s'imposer, le chantier s'annonce délicat. "C'est une réforme techniquement très compliquée et politiquement, c'est une bombe car elle touche tous les contribuables",
prévient Xavier Valli de l'Université Aix-Marseille III. "Dans des quartiers du centre de certaines villes, rénovés et embourgeoisés, les impôts exploseront par rapport à ce que
certaines personnes qui y vivent depuis longtemps peuvent payer."
|
La Cour des comptes dénonce l'opacité du calcul |
|
Le calcul des bases de la fiscalité locale est "opaque" et "obsolète", avec des classifications correspondant
à l'état du parc immobilier des années 1970, dénonçait le rapport annuel de la Cour des comptes publié en février. |