Zoom sur le plan digues
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Sur Europe 1, avec Marc-Olivier Fogiel, Astrid Bard consacre la chronique environnement du jour au plan digues lancé lundi
par le ministre de l'Environnement.
Zoom sur le plan digues
Les digues doivent protéger le littoral. Ca n'a pas été le forcément le cas durant le week-end dernier, ce qui explique les inondations et le nombre élevé de victimes. Le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy a demandé à Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, de lancer un "plan digues" .
Il est nécessaire pour cela de recenser dans quel état sont les digues, mais aussi qui sont les propriétaires de ces digues et enfin lancer les travaux de rénovation.
Pour le premier point, ça parait évident : il faut savoir si les digues qui nous protègent sont encore fiables. Car
certaines digues datent du Moyen-Age, comme celle de l'Aiguillon, en Vendée. Elles ont été construites, à l'époque, pour protéger des terres agricoles. Le
problème, c'est que ces digues qui datent de plusieurs siècles doivent aujourd'hui protéger des villes de milliers d'habitants. Avec l'urbanisation, leur rôle n'est plus du tout le même.
Aujourd'hui, les habitants au kilomètre carré au bord de la mer sont deux fois et demi plus nombreux que dans le reste du pays.
Sur les 10.000 kilomètres de digues, on estime qu'un tiers est dans un état inquiétant.
Ce qui est considérable.
Pour les consolider, il faut trouver les propriétaires de ces digues. Le propriétaire peut être n'importe qui : un particulier, la commune ou un syndicat. Par exemple, une digue qui a cédé durant le week-end, en Vendée, appartient à M. Brisseau. Selon la loi, c'est lui qui est chargé de l'entretien. Mais s'il n'en a pas les moyens (financiers ou techniques), la digue n'est pas consolidée et elle ne peut pas résister à une tempête comme celle de ce week-end. Une situation qui paraît hallucinante.
Pour changer cela, il y a eu une loi, en décembre 2006, et un décret, en décembre 2007, sur la sécurité des ouvrages hydrauliques. Pour les digues de plus d'un mètre ou qui protègent plus de 10 personnes, l'Etat doit mener des études, sur la dangerosité avec différents scénarios en cas de rupture de la digue. C'est la première fois qu'on effectue des contrôles et des études sur le danger.
Il faut ensuite lancer des travaux de rénovation. Même si on ne sait pas qui est le propriétaire ou que celui là n'a pas les moyens de payer pour les travaux, ce n'est pas grave, on les lance quand même : on consolide et on rénove les digues qui en ont besoin. Mais ça va prendre beaucoup de temps.
Certaines digues, toute neuves, ont cédé quand même. Et que parfois, les digues ont résisté, mais l'eau les a contournées, pour inonder le littoral.
Source: Europe1.fr, Crédit photo: MAXPPP MSN Actualités 02/03/2010