Benjamin Stora
AFP/ABDELHAK SENNA
Le gouvernement a décidé de rendre optionnel cet enseignement en terminale S.
Parmi les signataires de cet appel publié dans le Journal du dimanche : les historiens Jacques Le Goff, Jean-Pierre Azéma, Antony Beevor, Jean-Jacques Becker, André
Kaspi, Annette Wieviorka, Benjamin Stora, Jean Tulard.
"La décision envisagée par M. le ministre de l'Education nationale, dans le cadre de la réforme des lycées ne peut que susciter la stupéfaction par
son décalage avec les nécessités évidentes de la formation des jeunes Français au début du XXIe siècle", écrivent les signataires parmi lesquels figure aussi le
philosophe Alain Finkielkraut.
"A l'heure de la mondialisation", les auteurs du texte soulignent l'importance de l'histoire et de la géographie pour "se situer dans le monde d'aujourd'hui". Il invoquent
aussi "l'impossibilité d'accéder à certaines formations supérieures de haut niveau" sans la connaissance de ces disciplines.
Cette mesure prive une partie de la jeunesse des moyens de se faire de l'identité française une "opinion raisonnée"
"Au moment où le président de la République et son gouvernement jugent urgent de lancer un grand débat sur l'identité nationale qui doit mobiliser le pays, cette mesure",
font-il valoir enfin, "va priver une partie de la jeunesse française des moyens de se faire de la question une opinion raisonnée grâce à une approche scientifique et critique,
ouvrant ainsi la voie aux réactions épidermiques et aux jugements sommaires".
En conséquence, les signataires jugent "impératif d'annuler cette décision, inspirée par un utilitarisme à courte vue, qui se trouve en contradiction avec les objectifs
proclamés du système éducatif français sur le plan de la formation intellectuelle, de l'adaptation au monde contemporain et de la réflexion civique des futurs citoyens".
Soutien de personnalités politiques, de gauche et de droite
Des personnalités politiques ont apporté leur soutien à l'appel d'universitaires : les socialistes Martine Aubry, Ségolène Royal, Manuel Valls, Aurélie Filippetti, Vincent
Peillon, Laurent Fabius, Jack Lang, François Hollande, ainsi que Marielle de Sarnez (Modem) et quelques députés de la majorité : Hervé Mariton et Renaud Muselier (UMP),
Jean-Christophe Lagarde et Maurice Leroy (Nouveau centre).
L'acteur Pierre Arditi, le PDG d'Arte Jérôme Clément, le psychiatre Boris Cyrulnik, les écrivains Philippe Delerm et Hervé Hamon, le philosophe Michel Onfray, l'historienne
Mona Ozouf ont également rejoint cet appel initié par vingt universitaires de renom.
La réforme du lycée, qui doit être entérinée jeudi par le Conseil supérieur de l'Education, prévoit la disparition des cours d'histoire en terminale S, que le gouvernement
veut recentrer sur la spécialité scientifique. En revanche, l'enseignement d'histoire est porté en première à 4 heures hebdomadaires (au lieu de 2h30) pour toutes les séries.
6/12/2009 Info France 3