Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /2009 07:00


Issli, princesse de l’Atlas


  Il était une fois, parmi les majestueuses montagnes d’Atlas, un bûcheron pauvre qui vivait avec ses trois filles. Il passait toutes ses journées dans la forêt pour pouvoir assurer à ses filles de quoi vivre, bien que deux d’entre elles avaient toujours honte de sa condition et s’en désintéressaient complètement.
Issli, la cadette était très différente. Connue pour sa remarquable beauté et formidable sagesse. Elle montrait toujours une grande affection et humble soumission à son pauvre père. Malgré son jeune âge, elle excellait dans l’art de parler. Et son éloquence et sa finesse d’esprit étaient  reconnues de tous. Si bien que sa réputation atteignit même le palais du Sultan. Ce dernier était un passionné des énigmes et des bouffonneries. Ayant entendu parler des talents surprenants de la jeune Issli, il décida de les mettre à l’épreuve. Il convoqua alors le pauvre bûcheron et lui chargea de lui transmettre l’énigme suivante : « Je possède un arbre qui a 12 branches. Chaque branches se décompose en 30 rameaux », et il ajouta que si sa fille arrivait à deviner de quoi il s’agissait elle serait récompensée, mais si par malheur, elle échouait sa tête et celle de son père seront tranchées.

  Connaissant la tyrannie du Souverain, le bûcheron quitta le plais complètement déboussolé. Une fois chez lui, il ne sut comment aborder le sujet avec sa fille, croyant qu’elle ne réussira jamais à résoudre l’énigme. Issli remarquant la mine de son père l’interrogea, et celui-ci lui confia alors les raisons de son malheur.

La jeune fille sourit et dissipa les craintes de son père et lui dit que le roi voulait sûrement parler de l’année, les 12 branches étant les douze mois de l’année et les trente rameaux, les trente jours du mois.

  Après une semaine, le bûcheron se rendit auprès du roi, sûr qu’il ne verrait jamais ses filles, et n’ayant aucune réponse que celle de Issli, il la lui livre.

Le souverain s’exclama : « Bon ! Bon ! Voici que ta tête et celle de ta fille sont épargnées !! Et pour témoigner ma satisfaction, je te demande la main de cette fille » 

Perplexe, le bûcheron ne sut quoi dire.

Le roi ajouta : « Dans 12 mois, j’enverrai à ma fiancée les offrandes du mariage »

Et ce fut ainsi, après 12 mois la modeste demeure vit affluer 17 serviteurs transportant de précieux présents destinés à la future épouse du Sultan. Cependant, durant leur périple, ces serviteurs, jaloux qu’une simple fille de bûcheron puisse recevoir tous ces présents, s’en emparent d’une part. Mais Issli réussit à le deviner.

  Dans la modeste demeure les messagers du roi furent bien reçus. Issli leur servit le dîner qu’elle avait elle-même soigneusement préparé, c’était un succulent couscous au poulet. Elle coupa avec une remarquable délicatesse les morceaux de viande et les distribua soigneusement : Elle offrit à son père la tête du poulet et quelques morceaux de la poitrine. Ses sœurs reçurent les ailes. Quant aux serviteurs, elle leur offrit les pattes. Les invités échangèrent des regards d’étonnement mais se gardèrent de tout commentaire. Au moment de leur départ, Issli leur dit : «Remerciez de ma part votre généreux maître. Je vous charge aussi de lui transmettre exactement ceci : Il manque du duvet à la perdrix, de l’eau à la mer et des étoiles au ciel.»

  De retour auprès du roi, les messagers lui firent le rapport de leur visite. Toutefois ils ne purent s’empêcher  de relever leur étonnement du comportement d’Issli.

Le sultan leur expliqua alors : « son partage me paraît tout à fait logique : Au père revient la tête du poulet car il est le chef de la famille, aux sœurs ; elle a remis les ailes car ce sont des filles, et la coutume veut qu’un jour la fille quitte la maison de ses parents pour vivre chez son époux. Quant à vous, imbéciles, elle vous a offert les pattes, car c’est sur vos deux jambes que vous êtes allés la voir. »

L’un d’eux intervint  alors, oubliant même qu’il s’adressait au sultan : « Et comment expliqueriez vous son message :"Il manque du duvet à la perdrix, de l’eau à la mer et des étoiles au ciel" ?? »

Le Sultan s’empourpra et s’écria : « Soyez maudits !! Qu’avez-vous fait de mes offrandes, misérables ? Vous avez osez me voler sales idiots !! »

Ils répondirent en tremblant : « … Nous les avons remis à votre fiancée comme convenu.»       

- « Et vous osez mentir en plus !! Si ma fiancée dit qu’il manque du duvet à la perdrix, cela veut dire que vous avez dérobé des étoffes d’or. Et s’il manque l’eau à la mer cela veut dire que vous avez pris également du parfum. Et vous vous êtes permis de toucher aux émaux des bijoux, sinon les étoiles ne manqueraient pas  au ciel, vous voilà démasqués !!! »

Ils se jetèrent à ses pieds implorant son pardon. Au début le sultan voulut les tuer, mais au risque que la nouvelle arrive à sa fiancée, il décide alors de les chasser du palais.

  Quelques jours s’écoulèrent et vient le moment de célébrer le mariage du sultan. Le royaume entier était en liesse, la fête dura sept jours et sept nuits. Et quand Issli arriva à sa demeure royale, parée de bijoux, parfumée de roses et de henné, le roi en fut ébloui et eut du mal à croire qu’il s’agisse de la fille du pauvre bûcheron.

  Des jours passèrent, et tout le royaume ne parlait que de la jeune reine, et de sa sagesse incontournable. En effet le charme de sa compagnie attirait tout le monde et son éloquence enchantait tous les esprits. On ne jurait plus que par son nom. Et le roi s’en rendit compte, ainsi il lui interdit de sortir du palais, ou de parler à des inconnus. De peur que sa réputation gagne du terrain sur la sienne.

  Un jour son père tomba malade et demanda à la voir. Seulement voilà le roi n’était pas chez lui, et Issli doit impérativement avoir son accord pour aller le voir. Ne sachant quoi faire, elle décida d’aller quand même, et de charger  un valet d’informer le roi à son retour.

 Le lendemain, le roi apprit la nouvelle, désapprouvant le fait qu'elle lui eut désobéi, il se mit dans tous ses états et se rendit dans ses appartements. Le regard froid et menaçant, il lui lança : « Comment as-tu osé outrepasser mes ordres et violer mes interdictions ?? Et ne me dis pas que c’est ton père, je t’avais pourtant prévenue que si un jour tu me désobéissait, je te chasserai. Alors, prends ce que tu as de plus cher et va-t-en d'ici au plus vite ! » 
  « Bien ! fit la reine, après tout je l'ai mérité car je n'ai pas respecté ta parole. J'accepte donc ton châtiment. Mais Moulay, je te sais généreux et clément. Me permettras-tu une dernière faveur ? »
 « Si c'est la dernière, oui ! ». De sa voix douce et charmeuse Issli lui murmura : « Honore-moi, seigneur, de ta présence au dîner de ce soir, puisque c'est le dernier que je prendrai dans   ce palais.
 Bon ! Céda le roi. Je viendrai, mais je ne m'attarderai pas ! »

Le soir venu, la reine prépara un dîner savoureux. Elle décora ses appartements de mille et une fleurs suaves et fit brûler de l'encens de musc et de girofle. Elle se para de son plus beau caftan de soirée et arrosa subtilement son corps d'un parfum exquis et enivrant. Quand le roi entra dans la pièce, il en fut surpris. Elle l'installa confortablement et lui servit un thé contenant une herbe à l’effet somnifère. Le souverain prit tant de plaisir à être en sa compagnie qu'il ne tarda pas à s’endormir. La reine Issli attendit de voir son époux endormi sous l'effet de cette herbe pour le mettre dans une malle. Elle prit ses affaires et quitta le palais, traînant son lourd fardeau. Elle marcha toute la nuit.

Au petit matin, la reine enfin rassurée s'arrêta pour se reposer. Exténuée, elle sombra dans un profond sommeil. Brusquement, le roi qui commençait à étouffer dans sa cachette, s'agita, donna des coups, ce qui fit sursauter la jeune femme. Elle souleva aussitôt le couvercle. Soulagé, le roi respira profondément, regarda autour de lui et l'interrogea d'une voix nerveuse et impatiente : « Où suis-je ? Et que fais-je ici avec toi ? Tendrement, la reine lui répondit : « Tu es avec ton épouse, Moulay ! Souviens-toi ! Hier, tu m'as chassée. Mais tu m'as autorisée à prendre ce que j'avais de plus cher. Et comme je n'ai rien de plus cher au monde que toi, j'ai quitté le palais en t'emmenant avec moi ! » Le roi ne sut quoi répondre. Il fut agréablement surpris par le tour que lui avait joué sa femme. Il comprit à quel point elle l'aimait. Il la serra alors dans ses bras. Puis, il s'approcha de son oreille et lui murmura : « Je sais à présent que ma vie n'aurait plus aucun sens sans toi ! » Dès lors, le souverain s'assagit et tempéra ses humeurs. Il n'hésita plus à demander conseil à son épouse. Il devint moins tyrannique et fit preuve d'une grande humilité.

Merci à Asmaa
 http://asmaamb.over-blog.com/article-14392032.html

Par Doc - Publié dans : Culture générale - Communauté : Culture ignorée par la plupart
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Commentaires

très belle histoire !!
Commentaire n°1 posté par puma le 26/10/2009 à 07h59
Ah, le romantisme quand tu nous prends !
Réponse de Doc le 26/10/2009 à 08h24
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Voir les 1 commentaires

Délire d 'un Français

Heureux qui comme Ulysse pouvait se soigner en France.
Notre système de santé était sans doute le meilleur au monde, à l' époque nous soignions nos patients .
Soigner a certes un coût, la santé n' est ce pas ce qu' on a de plus cher au monde, oui soigner coûte cher.

 L' on parle de centenaires par dizaines de milliers dans les années à venir, à quoi cela sert il d' être centenaire et impotent, si l'on nous ne donne pas les moyens de le soigner correctement.

 Notre nouveau système de santé a un nouvel objectif : SOIGNER LA SANTE COMPTABLE DE LA SECURITE SOCIALE ET DE NOS BANQUES.
Le chômage provoque un manque de cotisations sociales à la Caisse, et les malheureux retraités qui ont travaillé
 et les cotiseurs qui travaillent, trinquent par la solidarité active et passive.
 Des fois, j' ai l' impression qu' il faut travailler plus pour partir ( crever) plus vite, car vieillir coûte très cher.

La France doit être le seul pays au monde, où l' on a un système de santé pour tous, les travailleurs et les non travailleurs.
 Ne pas travailler, permet de percevoir la CMU ( Couverture Maladie Universelle ) super idée pour les gens précaires , MAIS comme trop de social, tue le social, les CMU commencent à se développer comme une infection, qui une fois généralisée ou métastasée devient très difficile à soigner.

Quand les grandes entreprises font ou faisaient des milliards d'Euros de bénéfices annuels, une ponction minime sur leur bénéfice au profit de la CNAM , n' aurait pas ruiné leurs actionnaires.

Les médecins ont des objectifs fixés ( Anxiolytiques , IJ, Statines, Antibiotiques ..)  par la CNAM ( sécurité sociale), dictés par la HAS ( Haute Autorité de Santé = filiale de la Sécu) qui arrange bien les affaires de la Secu.

Maintenant , nous soignons en priorité la santé comptable.


Dr Dorffer Patrick 21-10-2008

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