Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /Nov /2009 12:00

© Réalisé à partir des cotisations 2008 moyennes, hors ressources complémentaires de la Cnav

Le serpent de mer est de retour. La réforme des retraites, qui n'en finit plus d'être inévitable, reviendra sur le devant de la scène en 2010, plutôt qu'en 2012, précédente échéance retenue pour ce qu'il convient d'appeler le "grand rendez-vous des retraites". La faute à la crise, qui a diminué drastiquement le montant des cotisations, creusant de fait le déficit déjà imposant de la branche vieillesse de la Sécurité sociale. Mais ce déficit, tout conséquent qu'il soit, n'est que la partie émergée de l'iceberg, l'illustration à un instant T d'un système qui n'a, en l'état, ni aujourd'hui, ni demain, les moyens de ses ambitions.

La branche vieillesse de plus en plus dans le rouge


Les chiffres parlent d'eux-mêmes. La Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav), qui gère le régime général de la Sécurité sociale, voit ses finances s'effondrer de plus en plus rapidement. Du léger excédent du début des années 2000, on est passé en 2008 à un déficit de 5,6 milliards d'euros, suivi en 2009 d'une perte estimée à 8,2 milliards d'euros avant un nouveau trou estimé à plus de dix milliards en 2010. Il s'agit bien du solde annuel, non du déficit cumulé

Des chiffres qui n'ont rien d'étonnant quand l'on se penche sur les bilans de la Cnav. Alors que ses charges (principalement les pensions) ont augmenté en moyenne de 6% chaque année entre 2006 et 2009, ses produits (principalement les cotisations) grimpaient eux à un rythme de 3,9%, selon la commission des comptes de la Sécurité sociale. Un différentiel que la forte hausse des recettes liées à la CSG et autres impôts et taxes affectés (dont le tabac) aura pourtant contribué à limiter. Les produits du poste "CSG, impôts et taxes affectés" ont en effet progressé de 18,7% entre 2006 et 2007 puis de 34,4% entre 2007 et 2008 (3,3% entre 2008 et 2009).

Une pénurie de financement inévitable


Exercice de prospective oblige, les chiffres ci-dessus sont à prendre avec des pincettes. Leur auteur, le conseil d'orientation des retraites (COR), part d'un scénario de base établi avant la crise, avec des variables telles que l'évolution du montant des pensions objectivement impossibles à connaître (le COR table sur +1,1% par an en moyenne au-delà de l'inflation entre 2006 et 2050). Même problématique avec une démographie ou un taux de chômage en 2050 difficiles à évaluer.

Il n'en reste pas moins que les 15 milliards manquant au financement du système de retraite dès  2015 ne se transformeront pas en quelques milliers d'euros et encore moins les près de 70 milliards d'euros anticipés pour 2050.

Pire, pour le COR, un chômage à 7% à partir de 2015 ferait grimper l'addition à 82 milliards d'euros en 2050, une fécondité basse à 97,5 milliards d'euros, une mortalité basse à 110 milliards d'euros.


Les futures ressources compromises


Objectif : 150 milliards d'euros en 2020 pour financer les retraites. Réalité 2009 : 32 milliards d'euros. Certes, le Fonds de réserve pour les retraites (FRR) a doublé ses actifs depuis 2004 mais il reste loin du montant escompté pour pallier les difficultés de financement des retraites dan le futur. Pour atteindre l'objectif, le fonds devrait progresser chaque année entre 2009 et 2020 de 15%. Son rythme actuel ? 6,3% entre le 3e trimestre 2008 et le 3e trimestre 2009. Pire, entre le 3e trimestre 2007 et le 3e trimestre 2009, la performance passe sous la barre du 1% annuel

Et ce n'est pas que la faute des mauvaises performances boursières de ces derniers trimestres. L'Etat, lui aussi, a failli à sa tâche, puisqu'il était prévu que le fruit d'éventuelles privatisations abonde le fonds, ce qui n'a pas été le cas depuis 2002. De plus, le contexte économique a radicalement changé depuis 1999, date de création du fonds par Lionel Jospin. A l'époque, on considérait que les excédents de la Cnav participeraient également au financement du fonds. A l'époque, la Cnav avait des excédents.


Les cotisants bientôt moins nombreux que les retraités


La courbe ci-dessus résume le principal problème du système français des retraites. Dans celui-ci, les actifs d'aujourd'hui financent par leurs cotisations les pensions des retraités d'aujourd'hui. Logiquement, le système fonctionne tant que le montant total des cotisations est supérieur à celui des pensions. Ce montant total est le fruit du produit entre cotisation moyenne et nombre de cotisants.

Or, si celui-ci ne cesse d'augmenter (17,3 millions de personnes en 2008 au régime général), il le fait à un rythme bien plus faible que celui du nombre de retraités (11,9 millions de personnes). Jusqu'à la fin des années 80 on comptait ainsi au moins deux cotisants pour un seul retraité. La proportion est passée en 2008 à 1,45 cotisant pour un retraité et le Conseil d'orientation des retraites prévoit un rapport de un cotisant pour un retraité en 2030. Ensuite, la France comptera moins d'un cotisant par retraité.


Le nombre de retraités explose...


Démographie oblige, le nombre de retraités s'envole en France. Les nouveaux départs en 2008 sont par exemple deux fois supérieurs à ceux du début des années 80. Le pic date de 2007 avec pas moins de 807 000 nouveaux retraités. Là, c'est la génération née après guerre qui quitte le marché du travail.

Depuis 2004, le processus est renforcé par le nombre massif de départs anticipés à la retraite. Alors qu'ils n'étaient que 34 000 à y avoir recours en 2003, ils étaient 160 000 à en faire de même l'année suivante, soit près de cinq fois plus. Et le rythme se maintient peu ou prou depuis, puisque l'année 2008 a vu encore 143 000 départs anticipés. Un chiffre qui représente 18,5% de la totalité des départs, quand la proportion était de 6,5% en 2003.

Ces départs anticipés posent un double problème au système de retraite. Non seulement ils gonflent le nombre de retraités et donc le nombre de pensions à verser, mais de plus ils diminuent le nombre d'actifs, et donc le nombre de cotisants et de cotisations.

Ce n'est pas vraiment un hasard si la Cnav est entrée en déficit à partir de 2005, l'année qui a suivi le boom des départs anticipés.

...celui des retraites à taux plein aussi


Si le nombre de retraités explose, il en va de même du nombre de retraites à taux plein, de fait plus coûteuses à financer. Rien d'illogique, puisqu'à partir de 2005 partent principalement en retraite les personnes nées 60 ans plus tôt (aux débuts du baby boom) et qui ont connu un marché du travail où l'on commençait à travailler jeune. Rappelons que, sauf exception, pour bénéficier d'une pension à taux plein, un retraité doit avoir cotisé 160 trimestres s'il est né avant 1948.

Pour les personnes qui n'auraient pas suffisamment cotisé, la possibilité de racheter des trimestres a été mise en place par la réforme Fillon de 2003. En 2008, 5 343 personnes ont eu recours à ce procédé, dépensant en moyenne plus de 20 000 euros. Leur profil ? Des hommes de 52 ans, aux revenus élevés, et achetant en moyenne six trimestres.


Les pensions augmentent lentement


Dans la foulée de la hausse du nombre de retraites à taux plein, le montant de la pension globale est lui aussi en augmentation, mais à un rythme bien moins violent. La pension globale, selon le jargon de la Cnav, est celui de la pension de base, c'est-à-dire celui versé par le régime général hors complémentaires, augmenté d'autres éléments de pension, comme les pensions de réversion.

A noter que l'écart du niveau de pension entre hommes et femmes ne cesse de s'accroître : de 120 euros en 1990, il est passé à 152 euros en 2008. Et ce alors que les écarts de salaires entre hommes et femmes, s'ils sont loin d'avoir disparu, ont tendance à diminuer. C'est le système de cumuls de trimestres qui est à mettre en cause. Si les montants des cotisations mensuelles se rapprochent entre les deux sexes, les femmes continuent à cotiser moins longtemps alors que de son côté le nombre de trimestres nécessaires pour une retraite à taux plein augmente.

Le fonctionnement des retraites

L'infographie ci-dessus ne mentionne pas les systèmes de retraite des salariés de l'agriculture (Mutualité sociale agricole plus Arrco et Agirc), ni celui des exploitants agricole (Mutualité sociale agricole, 0,3 cotisant par retraité).

Ne sont pas indiqués non plus le régime complémentaire au régime général qu'est la Caisse de retraite des personnels navigants (CRPN), ni le régime de base qu'est le CAVIMAC, dédié au ministère des Cultes.


Réalisé par Jean-Etienne Juthier Journal du Net  29/10/2009
http://www.journaldunet.com/economie/magazine/dossier/retraites-pourquoi-le-systeme-est-en-danger/un-poids-pour-les-finances-publiques.shtml?f_id_newsletter=1939

                                                                                                                                                 
                                                           
                                                           
Par Doc - Publié dans : Finances - Communauté : Culture ignorée par la plupart
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Commentaires

Travailler plus pour moins de retraite !
Commentaire n°1 posté par mondea2 le 16/11/2009 à 14h48
et travailler plus longtemps !
Réponse de Doc le 16/11/2009 à 16h55
les jeunes ont vraiment du soucis à se faire !!
Commentaire n°2 posté par puma le 19/11/2009 à 11h03
Réponse de Doc le 19/11/2009 à 12h12
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Délire d 'un Français

Heureux qui comme Ulysse pouvait se soigner en France.
Notre système de santé était sans doute le meilleur au monde, à l' époque nous soignions nos patients .
Soigner a certes un coût, la santé n' est ce pas ce qu' on a de plus cher au monde, oui soigner coûte cher.

 L' on parle de centenaires par dizaines de milliers dans les années à venir, à quoi cela sert il d' être centenaire et impotent, si l'on nous ne donne pas les moyens de le soigner correctement.

 Notre nouveau système de santé a un nouvel objectif : SOIGNER LA SANTE COMPTABLE DE LA SECURITE SOCIALE ET DE NOS BANQUES.
Le chômage provoque un manque de cotisations sociales à la Caisse, et les malheureux retraités qui ont travaillé
 et les cotiseurs qui travaillent, trinquent par la solidarité active et passive.
 Des fois, j' ai l' impression qu' il faut travailler plus pour partir ( crever) plus vite, car vieillir coûte très cher.

La France doit être le seul pays au monde, où l' on a un système de santé pour tous, les travailleurs et les non travailleurs.
 Ne pas travailler, permet de percevoir la CMU ( Couverture Maladie Universelle ) super idée pour les gens précaires , MAIS comme trop de social, tue le social, les CMU commencent à se développer comme une infection, qui une fois généralisée ou métastasée devient très difficile à soigner.

Quand les grandes entreprises font ou faisaient des milliards d'Euros de bénéfices annuels, une ponction minime sur leur bénéfice au profit de la CNAM , n' aurait pas ruiné leurs actionnaires.

Les médecins ont des objectifs fixés ( Anxiolytiques , IJ, Statines, Antibiotiques ..)  par la CNAM ( sécurité sociale), dictés par la HAS ( Haute Autorité de Santé = filiale de la Sécu) qui arrange bien les affaires de la Secu.

Maintenant , nous soignons en priorité la santé comptable.


Dr Dorffer Patrick 21-10-2008
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