Concernant le don d'organes... l'histoire d'un collègue.. jeune tombé en escalade
Où va la flamme quand on souffle la bougie ?
"Nous avons commencé avec l'infini devant nous. Nous le découvrons toujours à la même place"
L'esprit parcourt, sans s'en douter, d'immenses étendues d'incertitudes,
ce n'est pas mon ami "MIKE"qui me contredira.
Il se dit que plus on connaît, plus on sait que l'on ignore, mieux on est disposé à connaître ...
J’aurais pu m’emparer de son histoire comme on prend possession d’une terre conquise réformant au gré de mes caprices ,
tout ce qui n’est pas conforme à mes idées et à mes habitudes…Que nenni
Je vais vous ventiler, façon puzzle, l'histoire véridique et édifiante de
« Super Mickael »
" L’esprit est comme le parachute : il ne nous sauve que s'il
s'ouvre"
Toucher le sol d’une nouvelle patrie, se dépouiller de son costume et s’affubler
d’un vêtement étranger…. Quoi de plus sympathique me direz-vous ? Pourtant….
Tout a commencé par une belle journée, un long chemin de montagne qui serpente jusqu’au pied d’une paroi rocheuse, une
escalade entre amis, la bonne humeur…
MIKE escaladera la face en premier, assuré par un de ses potes. Je t’assure ...tu m’assures…
La longueur de la corde doit être égale à la longueur d’une montée + celle d’une descente, auxquelles se rajoute la
longueur de sécurité. On ajoute des nœuds en bout de corde pour le blocage au cas où tout vous échappe. Le milieu de la corde est indiqué par une marque : lorsque vous voyez passer la marque, le
grimpeur doit impérativement être en phase descendante.
Mais voilà … la corde est trop courte… personne ne s’en est aperçu ! MIKE a déjà amorcé sa descente, il est en rappel…
encore une vingtaine de mètres, trente peut être. Soudain, la chute… verticale… Puis le choc violent ! Son corps contre un surplomb ! Combat inégal… la dégringolade sur cent mètres façon pantin…
Pour MIKE la scène s’arrête brutalement, la tête contre un rocher. Le rideau est tiré. La vie a changé de camp.
Il ne reste que le silence assourdissant… d’un cœur … qui ne bat plus.
Rien n’a échappé au guide de la cordée voisine : promptement et par la grâce de son portable il joint les secours en
montagnes. Le combat a commencé. Le temps qui passe mange la vie …
Il ne faudra qu’un petit quart d’heure pour que l’hélicoptère du PGHM arrive…
Pour ses amis…dix minutes auront suffit … Ils sont aux pieds de Mike !
C’est une descente aux enfers … La vision d’une marionnette ensanglantée, désarticulée est insoutenable !
Son cœur ne bat plus… Mike n’est plus.
Le massage cardiaque s’impose, inutile de lui casser les côtes, la nature s’en est chargée. D’un mannequin à
un homme… le pas est franchi, par son pote secouriste.
D’un coup, un seul … le cœur est reparti, tout doucement….
Dans un bruit infernal de turbine, l’ange Mike s’envole en hélicoptère...pour une vie nouvelle .Tout est calme….Tout
dort….
Mike est dans le coma, son voyage a commencé : horizons nouveaux… Le feu,
toujours le feu, pas celui de l’enfer, celui qui réchauffe. Seul Mike pourrait se raconter …
Aux urgences, on estime que ses chances de survie sont infimes… ses organes pourraient servir. Il y a un an Mike s’est
engagé à faire don de ses organes … Mike a toujours eu le coeur sur la main… Une semaine avant le drame, un courriel émanant de la banque (don d’organes) lui demandait d’avertir ses proches…
(C’est une autre histoire : sachez que Mike ne figure plus sur la liste des donneurs)
Dans son coma Mike a beaucoup voyagé… Il a ouvert les yeux le jour anniversaire de la naissance de sa mère.
Elle était à ses cotés… les mamans sont ce que l’on a de plus cher. Il a réappris à parler, à vivre… les médecins ont fait du bon boulot ! Il est devenu ce que l’on appelle « un cas d’école
».
Aujourd’hui il a repris son poste de travail à l’immense joie de tous ses collègues. Il n’a plus sa queue de cheval
(mesdames je parle de celle qui repousse), il ne s’habille plus de ses affreux tee-shirts « dons d’orgasmes », il s’est déjà aventuré sur les pistes de ski. Il est toujours
vivant…
D’ailleurs je l’ai mis en destinataire de ce courriel. Le miracle, dirais-je, c’est qu’il va me lire, et ça … il ne
l’aurait manqué pour rien au monde !