2009
LES VACHES MAIGRES DE SARKOZY
ET
PEGGY LA COCHONNE A LA SANTE
Où vont-elles ces jolies capsules brillantes de Nespresso passé l'effet «What else» ?
Dans une bête poubelle, au milieu des épluchures et des papiers gras. Pas très chic par rapport à l'image de la marque. Et surtout un peu ballot quand l'aluminium dont elles sont faites s'avère
parfaitement recyclable. Vu qu'il s'écoule plus de 8 000 capsules par minute dans le monde, cette fin de vie pas très verte commençait à faire mauvais
genre pour le «leader mondial du café portionné haut de gamme», ainsi que s'autopromeut la filiale de Nestlé. D'où le programme Ecolaboration
(la marque est déposée) lancé par Nespresso, «plateforme dédiée à l'innovation durable». Si Guillaume Le Cunff, directeur marketing international, assure que «le développement durable
n'est pas nouveau chez Nespresso», il ne cache pas que la préoccupation n'est pas seulement environnementale :«Notre démarche n'est pas philanthropique. Il n'y a pas de business durable si tous
les acteurs de la chaîne n'y trouvent pas un bénéfice.» Il ne faudrait pas risquer de malmener un taux de croissance mondial annuel de 30% depuis 2000 et un chiffre d'affaires qui a franchi
en 2008 les 2 milliards de francs suisses (1,3 milliard d'euros). Selon Le Cunff, Ecolaboration répond aussi à une demande des clients, d'ailleurs appelés à s'impliquer.
Détail en trois points.
Le client poussé à collecter
But affiché : tripler les capacités de recyclage pour atteindre 75 % des capsules vendues dans le monde à l’horizon 2013. Un objectif déjà bien avancé dans certains pays. Car si en France, premier marché du groupe, le recyclage se met doucement en place, il est installé en Suisse (60% de recyclé) ainsi qu’en Allemagne grâce au système de tri Point vert. Pas si facile en France où la collecte sélective ne gère pas le petit aluminium : en dessous de 7 centimètres, les centres de tri rejettent l’alu, qui part à l’incinération ou en décharge.
C’est, entre autres, pour cela que le (plus petit) concurrent Malongo a choisi des dosettes en papier, emballées dans une coque plastique qui, elle, peut être collectée à part. «On cherche toujours à diminuer l’impact déchet, explique Jean-Pierre Blanc, son directeur. Il faut trouver l’équilibre entre qualité du produit et poids de l’emballage.»
Mais faute de tri possible à domicile pour le moment, Nespresso est obligé de compter sur «une coopération active des membres du club». C’est-à-dire
espérer que les clients jouent le jeu. Ils sont donc invités à rapporter leurs capsules au magasin ou dans les points de livraison. Ou à les donner au coursier qui livre les nouvelles doses.
Mille lieux de collecte devraient être disponibles à la fin de l’année, le double un an plus tard. Un centre de traitement spécifique sera opérationnel dans les semaines qui viennent à Rungis
pour séparer l’aluminium du reste de café (qui finira en engrais). Et en attendant d’amener vos dosettes dégoulinantes à la collecte, Nespresso vous propose
le container à recyclage, un «récipient étanche compact et design pouvant contenir 100 capsules.» Pour 20 euros.
( la honte, c'est Nespresso qui devrait fournir gratuitement ces containers ! ) Doc
Une goutte d’éthique
la cafetière, machine à CO2
Dernier volet, le carbone. Nespresso s’engage à réduire ses émissions de 20 % d’ici à la fin 2013. Un bilan a
donc été réalisé : 82 grammes de CO2 émis par tasse. Avec un premier poste inattendu : la machine elle-même, qui consomme pas mal d’électricité, d’autant qu’elle reste
souvent allumée toute la journée. Les nouveaux modèles ont d’ailleurs un système de mise en veille automatique. «Si tout le monde éteint sa cafetière après usage, on
atteindra facilement les 20 %», résume Guillaume Le Cunff. Transmis à George Clooney.
Liberation Guillaume Launay News Yahoo 3/10/2009