2009
LES VACHES MAIGRES DE SARKOZY
ET
PEGGY LA COCHONNE A LA SANTE
Consultation sur la Poste à Marseille
© AFP/GERARD JULIEN
C'est ce qui ressort d'un sondage Ifop réalisé pour Sud Ouest Dimanche. Selon cette enquête, 41% des sondés sont au contraire hostiles à cette idée.
Sept sympathisants de gauche sur dix veulent un tel référendum (77%) contre 43% de droite. A noter: une part non négligeable des proches de l'UMP (41%) sont favorables à un
référendum.
Ce sondage réalisé du 1er au 2 octobre auprès de 1.004 personnes intervient alors que la "votation citoyenne" sur l'avenir de la Poste , organisée par une soixantaine
d'organisations, s'achève samedi. Cette consultation devrait donner une idée de l'opposition au projet gouvernemental de transformation de l'entreprise en société par actions,
même si elle n'a pas de valeur juridique. Les résultats seront annoncés lundi.
Un référendum lancé dans toute la France par 62 partis de gauche, syndicats et associations
Lancée le 28 septembre dans toute la France par le Comité national contre la privatisation de la Poste (CNCPP), qui regroupe 62 partis de gauche, syndicats, et associations,
la consultation doit connaître son point d'orgue samedi, avec une dernière journée de vote. Le public est appelé à répondre à une seule question: "Le gouvernement veut changer le
statut de La Poste pour la privatiser, êtes-vous d'accord avec ce projet?".
Martine Aubry a voté samedi
Plusieurs personnalités voterent samedi, dont Martine Aubry (PS) qui a dit "non" au projet à
Lille, Marie-George Buffet (PCF) en Seine-Saint-Denis, ou Bernard Thibault (CGT) à Draveil (Essonne).
Besancenot : "c'est l'occasion de réclamer le référendum auquel on n'a pas droit"
Olivier Besancenot (NPA), qui tient un
bureau de vote devant La Poste de Château Rouge (Paris XVIIIe), a estimé que "le gouvernement n'a qu'à faire un référendum sur le changement de statut de La Poste".
"L'idée est née à l'époque où Sarkozy parlait beaucoup de faire des référendums populaires, et en l'occurence il n'en fait pas. C'est l'occasion de réclamer le
référendum auquel on n'a pas eu droit", a déclaré M. Besancenot, venu à 8h30 tenir un point de vote devant le bureau de poste de son domicile situé en face du quartier populaire de
la Goutte d'Or à Paris XVIIIe.
"Je sais que ça n'a pas de valeur juridique mais on a essayé de faire les choses correctement, le gouvernement pourra vérifier, on a fait une liste d'émargement avec nom,
prénom et localité pour empêcher de voter deux fois", a-t-il ajouté.
Une mobilisation importante
Au-delà du résultat, connu lundi et dont l'issue ne fait aucun doute, les organisateurs insistent sur l'importance de la mobilisation, qui doit permettre de demander au gouvernement
un véritable référendum. "L'intérêt n'est pas le résultat. Les gens qui viennent voter, ils ont une démarche volontaire, motivée, la plupart du temps pour marquer leur opposition à
la privatisation", reconnaît Régis Blanchot (Sud-PTT).
Alors que le comité tablait sur 2.000 points de vote, le chiffre a augmenté au fil de la semaine pour atteindre 6.000 selon Razzi Hammadi (PS) : "Si nous avions à l'origine un
objectif d'un million de participations, aujourd'hui l'objectif est de savoir de combien le million va être dépassé". "On ne sait pas combien il y a de lieux de vote, on n'arrête pas
d'en rentrer à tour de bras" sur le site internet (www.appelpourlaposte.rezisti.org), a ajouté Nicolas Galépidès (Sud-PTT).
Prudent, M. Blanchot table sur 4.000 points, énumérant "les urnes installées dans les mairies PS, PCF, Verts, etc., devant les bureaux de poste et sur les marchés". Mais,
selon lui, "la population s'est emparée du sujet, on ne maîtrise plus". Ainsi, une dame a organisé elle-même dans son immeuble une votation, appelant ensuite le comité pour savoir
que faire des bulletins. A Vitry, un bande de copains a fait la sortie des supermarchés avec une urne.
Des votations ont également eu lieu dans des gares, musées ou hôpitaux jusqu'à la cantine de la Banque de France. Les organisateurs reconnaissent volontiers un écueil important : si
chaque votant émarge, impossible de vérifier s'il n'a pas déjà voté ailleurs.
Le gouvernement s'insurge contre "une question caricaturale" et a tenté d'interdire l'organisation du scrutin, via les préfets
Des
membres du gouvernement ont aussi dénoncé, comme Eric Woerth (Budget), une question "caricaturale", car la réforme ne privatise pas La Poste , mais la transforme en société anonyme
(SA) à capitaux publics. Avec une "question posée par M. Besancenot" et "les socialistes qui sont chargés de dépouiller, j'émets de sérieux doutes sur la crédibilité et la
légitimité du scrutin", a ironisé Christian Estrosi (Industrie) sur RTL.
En Gironde, cinq communes se sont vues de facto interdire l'organisation du scrutin suite à une assignation du préfet devant le tribunal administratif de Bordeaux. "Nous passerons
outre mais sans utiliser les moyens et le personnel de la commune, avec des élus bénévoles et des urnes en carton", a précisé à l'AFP le maire PS de Saint-Caprais, Philippe Plisson.
En Isère, où le préfet avait aussi demandé l'annulation des consultations, le tribunal administratif de Grenoble les a finalement autorisées, sauf dans un cas à Crolles.
Le projet de loi transformant La Poste, établissement public, en société anonyme à capitaux publics, sera examiné cet automne au Parlement. Il prépare l'ouverture du marché postal à la
concurrence en janvier 2001.
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