Partager l'article ! Strasbourg : Hier, plus de 1000 tracteurs dans les rues: Journée noire pour année blanche Objectif atteint pour la FDSEA et les ...
Forêt de Haguenau
Le Doc de Haguenau vous souhaite la bienvenue,
régalez vous, bloguez avec humour, surfez et buzzez dans la rubrique Catégories,
vous y trouverez des infos en tout genre à la sauce humour.
Cliquez sur " Retour à l'accueil " pour découvrir le blog ou la homepage.
Des manifestations d'envergure, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs (JA) du Bas-Rhin en ont déjà quelques-unes à leur
actif. Les syndicalistes se souviennent avec émotion des grands cortèges organisés à Strasbourg en 1992 et en 2000 pour influencer la politique agricole commune. Ils avaient alors réuni jusqu'à
2 000 tracteurs venus de tout l'Est de la France et d'Allemagne.
Hier, c'est donc avec une grande satisfaction qu'ils ont compté les engins agricoles qui ont convergé vers Strasbourg. Ils en ont dénombré 1 500 (un peu plus de 1 000 selon la
police), venus de tout le département -mais uniquement du département- et ce, ont-ils insisté, en pleine période de récoltes.
Toutes les productions
en crise
« La mobilisation est plus importante que prévu », s'est félicité Denis Ramspacher, le président de la
FDSEA. Le syndicat majoritaire n'a, il est vrai, eu aucun mal à réunir ses troupes. Au contraire. Une fois n'est pas coutume, ce sont ses adhérents qui l'ont poussé à l'action. « Les paysans
n'en peuvent plus. Ils voulaient vraiment bouger », témoigne un manifestant.
La situation qu'ils ont dénoncée hier est, il est vrai, inédite (DNA du 29 septembre 2009). « C'est la première fois que toutes les productions sont en crise en même temps, résume
Dominique Daul, éleveur à Pfettisheim, chargé d'ouvrir le cortège. D'ordinaire, quand il y en avait une ou deux qui allaient mal, on pouvait toujours compter sur les autres pour se
rattraper. »
Or aujourd'hui, déplore M. Ramspacher, « les prix que nous touchons sont au plus bas alors que les charges restent élevées ». Résultat : de plus en plus d'agriculteurs sont
obligés de puiser dans leurs économies personnelles pour rembourser leurs prêts et payer leurs cotisations sociales. Pas étonnant dans ces conditions qu'environ 2 000 agriculteurs -soit près
de la moitié des exploitants professionnels du département- aient répondu à l'appel.
Arrivés à Strasbourg en convois, escortés par les forces de l'ordre, ils se sont d'abord regroupés place de Haguenau avant de s'engager vers midi sur l'avenue des Vosges. Le cortège, long
de plusieurs kilomètres, a rallié au son des avertisseurs sonores et des tambours improvisés la place de Bordeaux via l'allée de la Robertsau et le boulevard de la Dordogne. Non sans semer
derrière lui quelques tas de fumier et de feuilles de choux.
Ce n'est que vers 14 h que les occupants des derniers tracteurs, tout de noir vêtus, sont parvenus à destination. Juste à temps pour entendre Denis Ramspacher dénoncer « le
libéralisme à outrance de la commissaire européenne à l'agriculture Marian Fischer Boel » -dont l'effigie a été noyée dans une piscine de lait avant d'être incinérée sur un bûcher de paille-
et ce « alors que l'agriculture a besoin de davantage de régulation ». « Il est temps, a confirmé Franck Sander, le président des JA, de mettre en route une nouvelle politique
agricole commune qui redonne des perspectives et de l'espoir aux agriculteurs. »
Dans l'immédiat, a rappelé Jean-Paul Bastian, le président de la chambre régionale d'agriculture, « nous avons besoin d'une année blanche ».
Message de détresse
En clair : du report et d'une prise en charge partielle des cotisations sociales, des annuités bancaires voire
de certaines taxes. Une revendication « qui pourrait intéresser aussi le monde de l'artisanat », a renchéri Bernard Stalter, président de la chambre de métiers d'Alsace.
« Votre message de détresse a été entendu », a affirmé le député Antoine Herth. Le président du conseil général Guy-Dominique Kennel et le président du conseil régional André
Reichardt se sont d'ailleurs engagés à le relayer « au plan national et européen ».
A présent, « nous attendons des réponses rapides et concrètes », a conclu M. Sander. « S'il le faut, nous irons encore plus loin », a menacé M. Rampacher, en invitant
les manifestants à rejoindre leurs tracteurs et à regagner leurs exploitations dans le calme. En laissant derrière eux une mare de lait, des tas de fruits, de légumes et d'effluents
d'élevage.