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Forêt de Haguenau
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Les mamans le savent bien : rien de tel qu'une bonne compote de myrtilles pour calmer la diarrhée du petit. Les
qualités antidiarrhéiques de la « brimbelle » comme on l'appelle dans les Vosges sont connues depuis la nuit des temps.
Mais pour développer ces vertus, la myrtille doit être cuite ou séchée ; le fruit fraîchement cueilli et ingéré produit l'effet inverse,
c'est-à-dire légèrement laxatif.
La myrtille, baie ou feuille, a une action antibactérienne sur les intestins mais ce n'est là que l'aspect le plus notoire des propriétés médicinales de
la plante.
Sa baie, un des fruits les plus légers en sucre et en calorie, est non seulement riche en fibres mais aussi en antioxydants et en vitamine P qui
renforce la résistance des capillaires sanguins. Elle soulage les troubles circulatoires et agit comme un tonique, notamment sur la mémoire.
Elle protège en outre des ulcères gastriques et des infections urinaires.
Arme secrète des pilotes britanniques
Elle prévient également les
cataractes et régénère le pourpre rétinien, essentiel pour la vision nocturne. Même si Hildegarde de Bingen avait dès le XIIe siècle souligné les vertus ophtalmiques de la baie bleue, la
myrtille a été l'une des armes secrètes de la British Royal Air Force contre les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale : les pilotes britanniques buvaient du jus de myrtille afin
d'améliorer leur vision lors des vols de nuit...
Des découvertes récentes ont confirmé un usage populaire anti-diabétique.
La feuille de myrtille est riche en chrome et possède un effet protecteur dans le diabète non insulino-dépendant.
Riche en tanin, elle est astringente et donc cicatrisante.
La myrtille semble n'avoir que des avantages et cela d'autant plus qu'elle se laisse déguster sous diverses formes. Attention toutefois à l'ecchinococcose
.
La faible occurrence en France des cas d'échinococcose chez l'homme (une douzaine par an, surtout dans le Massif Central et
en Lorraine) montre bien qu'il n'y a pas lieu de céder à une quelconque psychose.
Toutefois, la gravité de la maladie dont l'issue peut se révéler fatale doit conduire à une certaine prudence et à préférer manger les myrtilles cuites plutôt que
crues. Surtout si elles ont été cueillies dans des endroits facilement accessibles aux renards.
L'échinococcose alvéolaire
est une pathologie due à un ver parasitaire du
renard (mais également d'un chien ou d'un chat qui aurait été contaminé). Niché dans l'intestin de l'animal, l'échinocoque, c'est le nom du parasite, pond des oeufs que l'on retrouve ensuite
dans les excréments.
Microscopiques donc indécelables, ces oeufs sont susceptibles de se retrouver sur des plantes à ras du sol telles les myrtilles. Ils sont susceptibles de survivre
ainsi plusieurs semaines dans la nature. Ingérés par l'homme via des baies, des pissenlits ou des champignons, ces oeufs vont éclore dans l'estomac et il arrive que la larve se multiplie au fil
des ans dans le foie pour le ronger petit à petit.
La lenteur du développement de l'échinococcose rend le diagnostic difficile et quand il est fait, c'est souvent à un stade avancé de la maladie où la greffe du foie est la seule solution.
Les oeufs de l'échinocoque sont résistants au froid (bien au-delà du point de congélation) et la cuisson est le seul moyen de les détruire avec certitude
(un minimum d'humidité étant nécessaire à leur survie, le séchage peut être une option mais moins radicale).
Le lavage à l'eau, si méticuleux soit-il, ne permet pas de lessiver les oeufs du parasite et il est toujours conseillé de cuire les baies sauvages cueillies au ras du sol ou d'infuser les
plantes au minimum 10 minutes dans de l'eau bouillante pour écarter tout risque d'échinococcose.
La belle couleur bleue violacée dénote d'une pleine maturité, la myrtille est prête à être récoltée. La saveur de la baie juteuse est douce, légèrement acidulée, à l'image du sol sur lequel la plante se complaît.
Fleurs vertes ou rosâtres
L'arbrisseau aime les sols frais, siliceux et pousse en masse en association avec les plantes acidophiles. Les
feuilles sont caduques, ovoïdes et finement dentelées. D'un vert profond l'été, elles rougissent légèrement à l'automne. La floraison intervient au printemps, d'avril à juin avec des fleurs
vertes ou rosâtres qui laissent ensuite place à des fruits passant du vert au violet foncé.
La myrtille commune (Vaccinium myrtillus, de la famille des Ericaceae et du groupe des airelles) est une plante emblématique du massif vosgien et le nom désigne aussi bien le végétal que
le fruit.
Il signifie à l'origine petite myrte pour sa ressemblance avec cette plante méditerranéenne pourtant très éloignée sur le plan botanique. La myrtille (Haidelbeer en alsacien) est
également connue sous le nom de brimbelle dans le département des Vosges, raisin des bois, bleuet ou bluet.
Le bluet des Vosges est d'ailleurs un label donné aux myrtilles cultivées sur le massif, plus grosses que celles qui poussent à l'état sauvage (les arbustes originaires d'Amérique du Nord
peuvent atteindre 1,5 m de hauteur).
Cueillette : deux kilos par personne et par jour
La cueillette des baies sauvages, autorisée à partir du 15 juillet pour une consommation
familiale à raison de deux kilos par personne et par jour, a de tout temps été pratiquée pour des raisons culinaires essentiellement (tarte, confiture, liqueur,...) mais également
médicinales. La myrtille était aussi utilisée comme teinture (en Scandinavie, on s'en servait même pour colorer le vin).
DNA 24 juil. 2009