Partager l'article ! Pyramide de Khéops : Mystère levé?: Les mystères de la pyramide de Khéops levés ...
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La pyramide de Khéops est l'un des plus grands édifices construits par l'homme. © Dassault
Systèmes
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Avec ses 146 mètres de haut, la grande pyramide ou la pyramide de Khéops a été le plus grand édifice jamais construit par les hommes. Cette première place lui a été ravie au XIXe siècle par une certaine dame de fer, la Tour Eiffel.
Depuis plus de 4 500 ans, cette pyramide fascine les archéologues du monde entier. Comment les Egyptiens ont-ils réussi à construire une telle
splendeur avec le peu de moyens dont ils disposaient ?
Les hommes n'aiment pas rester devant une énigme. Les hypothèses sont allées bon train pour tenter d'expliquer l'édification de la pyramide de Khéops par l'architecte Hemiounou, père de ce dernier.
Il aura fallu près de 5 millions de tonnes de pierres et vingt années aux Egyptiens pour monter cette dernière demeure du roi pour l'accompagner vers la vie éternelle.
Des archéologues ont mis au jour récemment le village des ouvriers. Ils ont montré qu'ils étaient bien traités et bien nourris. Des preuves qui mettent définitivement un terme au recours des esclaves pour ce genre de chantier.
La première hypothèse sur la construction de la grande pyramide est attribuée à Hérodote, le célèbre écrivain grec du Ve siècle avant Jésus Christ.
Il recueille les légendes locales égyptiennes qui ont perduré 2 000 après. Il relate l'existence de machines en bois placées à flanc de pyramide.
Les hommes exerçaient un contre poids pour soulever les blocs.
Une théorie qui ne tient pas pour plusieurs raisons :
Le bois est très rare en Egypte à cette époque et très cher car il faut l'importer du Liban.
Les machines n'avaient clairement pas la place de se trouver sur les flancs de l'édifice en
construction.
Au fur et à mesure de la construction de la pyramide, les ouvriers construisent en même temps une rampe gigantesque perpendiculaire à l'édifice. Un excellent moyen d'amener les blocs de granite de la carrière et d'ensuite les monter jusqu'au sommet.
Cette hypothèse ne tient pas la route car la rampe aurait décrit une pente de plus en plus raide vers le sommet donc les ouvriers n'auraient en aucun cas pu hisser les blocs en haut.
Autre point, la rampe aurait fini par faire le double de la pyramide en volume et 1,6 km de long. Impossible !
Des rampes autour de la pyramide |
Cette théorie aurait pu tenir sauf que la construction d'une rampe extérieure aurait masqué le contrôle de la géométrie de la pyramide. Celle-ci aurait présenté de fortes torsions ce qui n'est pas le cas. Cette théorie tombe à l'eau.
Un architecte français dans la course |
La théorie la plus fiable à l'heure actuelle nous vient de l'architecte français Jean-Pierre Houdin. Il travaille sur ce mystère depuis plus de 10
ans.
Son père, ancien ingénieur lui exposa sa théorie sur l'édification des pyramides : une rampe en spirale intérieure. Depuis, l'architecte est obsédé par la quête de la vérité. Et si son
père avait vu juste ?
Pour mener à bien ses travaux, Jean-Pierre Houdin s'entoure dès 2005 de l'équipe Dassault Systèmes, spécialiste de l'imagerie virtuelle et de la 3D.
La théorie de Jean-Pierre Houdin repose sur l'existence de deux rampes :
La première extérieure permet d'acheminer les blocs de pierres de la carrière jusqu'au lieu de construction. Par cette rampe, les ouvriers peuvent édifier les deux tiers en volume de la pyramide à savoir qu'ils peuvent atteindre une hauteur de 43 mètres. Au-delà, un autre système prend le relai.
La rampe intérieure à angle droit. A cette époque, les Egyptiens ne savent pas faire
de rampe en spirale; ils en fabriquent donc une à angle droit permettant ainsi de monter les blocs via des chariots de bois posés sur des rails. Ces pierres proviennent du démantèlement de la
rampe extérieure, ainsi il n'y a pas de perte de matériau.
Cette rampe interne nécessite des points d'ouverture à chaque angle droit où les ouvriers peuvent faire pivoter les blocs par un système de levage pour les passer d'une rampe à l'autre et ainsi de suite. Ce procédé ne devait prendre qu'une dizaine de secondes aux ouvriers.
Ces paliers permettent aussi de faire circuler de l'air dans les galeries par où transitaient les blocs tirés par les hommes.
Un autre mystère entoure la pyramide de Khéops. Comment les ouvriers ont-ils fait pour construire le plafond de la chambre funéraire en plein cœur de la pyramide avec des poutres de granite pesant près de 65 tonnes ? Le poids est tel qu'il était impossible de les traîner à la force des bras, même aidé de chariots.
Jean-Pierre Houdin met en avant l'existence d'un système ingénieux de contre poids. Un chariot transportant un bloc de granite sur une rampe est tiré au départ par des hommes postés dans la chambre, via des cordes. Celles-ci sont reliées de l'autre côté à un autre bloc qui fait contre poids et facilite l'ascension du granite.
Les scientifiques ont mis à mal ce point de la théorie de Jean-Pierre Houdin. Les Egyptiens avaient besoin de cordes immenses mesurant parfois 50 m de long pour tirer le chariot et fait descendre le conte poids. Il fallait aussi qu'elles soient très résistantes car elles étaient soumises à de grandes forces de frottement.
Les spécialistes de Dassault systèmes ont modélisé les cordages de l'époque. Ils étaient faits en chanvre d'où une faible élasticité. Mais en entrant tous les paramètres de l'époque, les experts démontrent que les Egyptiens, fins marins donc très connaisseurs des nœuds, pouvaient élaborer de tels cordages capables de supporter des forces de frottements aussi importantes.
L'architecte français met au jour l'existence d'une encoche sur l'arête nord-est de la pyramide à 80 mètres de haut.
Il pourrait bien s'agir d'un palier où les pierres pivotaient dans la rampe interne.
L'égyptologue américain Bob Brier sensible à sa théorie part sur le terrain et gravit jusqu'à l'encoche. Une fissure de 4,50 m sur 4,50 m lui permet de se faufiler dans une cavité de 2,20 m de haut et au sol très plat. Autre fait marquant : les deux murs forment un angle parfait.
Cette découverte pourrait bien confirmer l'existence de ces paliers ouverts comme
Jean-Pierre Houdin le stipule dans sa théorie de la rampe intérieure.
L'architecte Jean-Pierre Houdin est proche de valider sa théorie ce qui serait une véritable révolution dans le monde de l'archéologie. Seul moyen : faire de nouvelles études sur la pyramide pour découvrir les vestiges d'une rampe intérieure. Mais l'homme se confronte au refus du patron des Antiquités égyptiennes, Zahi Hawaas, qui considère la théorie d'Houdin comme fausse. Sans cette autorisation, sa quête est au point mort.
Pour savoir concrètement si la théorie de Jean-Pierre Houdin est vraie, il faudrait procéder au scannage de la pyramide de Khéops avec une technique non invasive : la caméra à thermographie infrarouge. Cet outil permet de détecter les défauts d'isolation ou d'étanchéité.
Un spectre de couleurs allant du bleu (froid) au rouge (chaud) montre la répartition de la chaleur dans l'édifice.
L'équipe de Dassault systèmes a procédé à une modélisation de la répartition de la température sur la pyramide pleine (sans rampe interne) et sur la pyramide dotée de cette rampe. Si l'édifice montre une rampe intérieure, le spectre thermique montrera des bandes bleues parallèles les unes aux autres de la base jusqu'au sommet. Ce qui ne sera pas le cas d'une pyramide pleine où la base sera bleue et plus on monte vers le sommet, plus la couleur deviendra rouge.
Le scannage s'effectue à une distance de 50 mètres de la pyramide. En moins de 24 heures, l'architecte serait
définitivement fixé sur la véracité de sa théorie. Mais le barrage administratif est pour le moment sans appel.
linternaute.com Juin 2009
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