2009
LES VACHES MAIGRES DE SARKOZY
ET
PEGGY LA COCHONNE A LA SANTE
Le tragique destin
des passagers du vol AF 447

Luis Roberto Anastacio, un Brésilien de 50 ans, président de Michelin pour l'Amérique Latine, se trouvait à bord du vol AF447. Crédits
photo : AFP
Parmi les occupants de l'avion, avaient pris place un héritier de la famille impériale brésilienne, un architecte allemand
réputé mais aussi de nombreux anonymes pleurés par leurs familles.
Un simple Rio de Janeiro-Paris. Deux cent vingt-huit vies. Des vacanciers, un couple en lune de miel, beaucoup d'hommes d'affaires brésiliens. Et l'un des héritiers de la couronne, le prince
Pedro Luis de Orleans e Braganca. Descendant de Dom Pedro II, le dernier empereur du Brésil qui rejoint la France lorsqu'il fut contraint à l'exil, ce jeune homme de 26 ans avait, lui, opté pour
le Luxembourg où il travaillait dans une banque. Quatrième dans l'ordre de succession après ses oncles et son père, Pedro Luis de Orleans e Braganca était venu pour des vacances au
Brésil.
Marcelo Parente, le dynamique chef de cabinet du maire de Rio espérait, lui, se reposer à Paris avec sa femme. Sur le site
du grand journal Folha de Sao Paulo, on aperçoit son visage souriant, dans un diaporama qui rend hommage aux victimes. Adriana Van Slouijs, chargée de communication de la Petrobras, la grande
compagnie pétrolière brésilienne, avait, elle, hésité à voyager, toujours réticente à prendre l'avion. Elle avait finalement embarqué sur l'AF 447. Également Brésilien mais œuvrant pour Michelin,
Luiz Roberto Anastacio venait de prendre ses fonctions comme président de la zone Amérique du Sud de l'entreprise française. Michelin porte le deuil de deux autres salariés : Antonio Gueiros,
directeur de l'informatique de la société à Rio et Christine Pieraerts, ingénieur en France, qui avait fait le voyage en simple touriste.
Parmi les victimes, dix employés français de la société CGED, et neuf de leurs conjoints,
avaient gagné un voyage au Brésil en récompense de leurs bons résultats. «Une petite équipe très soudée. Ils avaient réalisé une très belle année qui se concluait par ce séjour touristique de
rêve, et qui s'achève par un drame terrible», a déploré un responsable de l'entreprise spécialisée dans la distribution de matériel électrique.

Le Brésilien Antonio Gueiros travaillait pour la société Michelin . Il dirgeait la branche informatique. Crédits photo : AFP
Mardi, à Paris, une cinquantaine de membres des familles éprouvées ont rencontré François
Molins, procureur de la République de Bobigny et Laurent Le Mesle, procureur général de Paris, à l'hôtel Pullman de Roissy. «Nous avons vu des parents, des enfants, des frères, sœurs ou proches
des victimes. Ils sont marqués physiquement par la douleur et attendent un maximum de réponses. Ils veulent par exemple connaître les chances de retrouver les corps», a rapporté François Molins
.
L'Allemagne est aussi durement touchée : 26 de ses ressortissants se trouvaient à bord. Parmi eux, l'architecte «star» Moritz Kock ou Erich W. Heine, l'un des patrons du groupe industriel
ThyssenKrupp. À ces noms plus ou moins célèbres se mêlent ceux des autres victimes, dont les histoires ne peuvent qu'émouvoir. Comme celle de Harald W., ce passager qui devait épouser une
Brésilienne et voulait se rendre en Allemagne afin de rassembler les documents nécessaires pour son mariage sur la terre de sa fiancée. Sa future épouse l'avait accompagné à
l'aéroport.

L'Irlandaise Aisling Butler ferait partie des disparue. Crédits photo : AP
le figaro C.G. Agnès Leclaire et Patrick Saint-Paul 03/06/2009