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Forêt de Haguenau
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« Onze mois de travail se sont joués sur des
détails »
« Les garçons ont donné tout ce qu'ils avaient, raconte un Jean-Marc Furlan abattu. Ils ont vraiment réalisé
une très belle saison. Ça se joue sur un détail. Onze mois de travail se sont joués sur des détails... »
Littéralement submergés par les assauts montpelliérains, orchestrés par un Costa déchaîné, Lacour et les siens croulent sous le poids de l'événement. Jusque-là, ils avaient perdu toutes
leurs rencontres sur le terrain de leurs rivaux directs. Rien ne laisse alors penser qu'il sont en mesure d'inverser la tendance.
En sept petites minutes, les Bleus sont déjà au tapis alors que Boulogne administre une fessée à Amiens. Les grossières fautes aux abords de la surface, oeuvres de Marcos et de Lacour,
permettent à l'Argentin Costa de distiller un ballon de but à Marveaux puis de trouver lui-même le fond des filets de Cassard.
« J'ai vu les gars s'embrasser, comme si on était à la 88e minute, racontera par la suite un Rolland Courbis en nage. C'était parti trop facilement. Et j'ai vite été inquiet. Je crois
que je n'ai jamais autant tremblé jusqu'au bout. Quand je dis que j'ai besoin d'arrêter, ce ne sont pas de vains mots après un pareil scénario. »
Le scénario en question voit les Strasbourgeois sortir de leur torpeur. Il y a d'abord ce penalty provoqué par Traoré mais que Cohade expédie sur Carrasso (22e'). Blessé sur l'action, le
gardien est remplacé par Jourdren. Il y a ensuite ce but de renard inscrit par Traoré tout au bout des arrêts de jeu de la première période. Celui de l'espoir, qui laisse croire à
l'impossible.
Vient ensuite l'incroyable assaut héraultais, concrétisé par deux buts refusés, l'un à tort, l'autre à juste raison. Et pour finir, la reprise de Kandia Traoré (90e'+3) que Jourdren
détourne du bout des gants...
Le Racing a laissé passer sa chance. La fête appartient à Montpellier, les regrets, éternels, sont strasbourgeois. Au sortir des vestiaires, les pleurs de Cassard sont poignants. « Le
club ne méritait pas ça, le staff a fait son boulot, il s'est beaucoup investi », déplore l'exemplaire gardien.
« On a manqué le coche ce soir, mais on laisse filer la montée sur d'autres matches en cours de saison, ajoute Pierre Ducrocq. La réalité, c'est que Lens, Montpellier et Boulogne sont
en Ligue 1 et nous, on reste là... »
« Il faut accepter dignement le verdict sportif, ajoute le président Ginestet. Ma première pensée va aux supporteurs. C'est un dénouement très cruel. »
« Le Racing s'en relèvera,
car c'est une place forte
du foot français »
Tête basse, Jean-Marc Furlan quitte le stade de la Mosson. Son aventure strasbourgeoise s'est achevée sur un échec.
De peu, mais un échec quand même. « Il y a en Alsace des choses ancestrales contre lesquelles je n'ai pas pu lutter, dit-il en guise de testament. Des gens se satisfont de nos échecs.
J'espère que mon successeur saura les contourner. Le Racing s'en relèvera, car c'est une place forte du foot français. »
Une place forte qui repartira en août prochain en Ligue 2. Ce matin, le constat est cinglant, froid, cruel. Il faut s'y résoudre, le Racing peut s'attendre à vivre des lendemains
difficiles.