Partager l'article ! Grippe porcine mexicaine : Pas de cas en Alsace à ce jour: A Strasbourg, quatre suspicions, toutes écartées Jours de tension au Nouv ...
Forêt de Haguenau
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L'HISTOIRE.- Depuis jeudi dernier, quatre Alsaciens ont été aiguillés vers le Nouvel hôpital civil (NHC) de
Strasbourg : un Mulhousien et trois Bas-Rhinois, âgés de 35 à 55 ans, tous de retour récemment du Mexique.
Admis dans le service du Pr Daniel Christmann (maladies infectieuses), centre de référence régional en la matière, ils présentaient des symptômes grippaux qui faisaient redouter une
atteinte par le virus apparu au Mexique.
« Il n'est pas imaginable
de les faire transiter
par les urgences »
Pour deux d'entre eux, les analyses ont rapidement révélé qu'ils n'étaient pas porteurs de la grippe porcine. Ils
ont donc pu quitter rapidement l'hôpital, n'étant plus suivis qu'en consultation.
Les deux autres étaient toujours en observation hier après-midi, l'un en particulier présentant des signes qui pouvaient être jugés inquiétants. Mais des analyses très fines ont permis
d'écarter hier soir, dans les deux cas, le virus redouté.
Selon le Pr Christmann, les techniques de laboratoire développées à Strasbourg permettront, très rapidement, d'établir un diagnostic précis :
« Pour un malade hospitalisé le matin, une réponse pourra être obtenue dans la journée ».
La recherche classique d'anticorps ne suffit pas : « Ils n'apparaissent qu'au bout de huit à dix jours. »
LA PROCÉDURE.- Ne sont orientés vers l'hôpital de Strasbourg, dans ce cadre précis, que les patients présentant à la fois des symptômes caractéristiques de la grippe (forte fièvre,
courbatures, atteintes respiratoires) et revenant soit du Mexique, soit d'une région où le virus a été officiellement décelé.
Et encore, avec une infinie prudence, au titre du principe de précaution : port du masque dès l'arrivée, circuit particulier et évidemment, « il
n'est pas imaginable de les faire transiter par les urgences ou une quelconque salle d'attente ». Tous les patients hospitalisés à Strasbourg ont été adressés soit par un hôpital,
soit par le Samu.
LES PRÉCAUTIONS.- Au NHC, destiné à recevoir tout cas suspect dans les jours à venir, les patients sont mis à l'isolement dans une chambre, qu'ils ne peuvent quitter que masqués. Des
précautions antiseptiques et une protection particulière du personnel sont prévues : ce virus s'annonce à la fois très virulent et transmissible, sans que les beaux jours suffisent à lui
faire barrière.
La température extérieure importerait peu sur son agressivité. Quant à sa résistance à l'air libre, elle va jusqu'à 12 heures lorsque le virus est accompagné
de sécrétions. Les aérosols porteurs du virus (de micro-postillons en fait) à l'éternuement se dispersent jusqu'à plus d'un mètre.
LES CRAINTES.- Des premiers chiffres parvenus au Pr Christmann, il ressort que la mortalité pourrait atteindre 10 % des personnes atteintes. Une
estimation d'autant plus inquiétante que ne sont pas uniquement menacés les patients immunodéprimés ou sous le coup d'une affection chronique, comme dans l'hypothèse d'une grippe saisonnière.
Mais aussi des patients plus jeunes et réputés en meilleure santé.
On ne peut espérer un éventuel vaccinavant l'automne
prochain
LES ESPOIRS.-
Si se laver fréquemment les mains et éviter de tousser à la cantonade apparaissent comme des mesures salutaires de prévention de la maladie, le Pr Christmann a fait hier une annonce porteuse
d'espoir : sur les malades atteints, les traitement antiviraux connus font preuve d'efficacité. Un soulagement certain pour les équipes médicales, qui
disposent ainsi d'une arme thérapeutique non disponible lors des précédentes pandémies.
L'AVENIR.- Le vaccin diffusé l'hiver dernier ne protège pas de cette grippe. Pas plus que d'avoir déjà attrapé une grippe cet hiver. Un éventuel vaccin
spécifique n'est pas à escompter avant « octobre ou novembre prochains », au mieux. D'ici là le risque de pandémie mondiale est réel.