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Forêt de Haguenau
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François Fillon a fait preuve d'une extrême fermeté ce matin devant la radicalisation des mouvements sociaux, promettant des procédures judiciaires mais mettant en garde les patrons qui par des comportements «choquants» attisent la violence.
Le Premier ministre, qui s'est longuement exprimé dans la matinale de France-Inter, a par ailleurs affirmé que la récession serait «forte» en France en 2009, avec «une baisse probable de 2,5%» du PIB et que la croissance attendue en 2010 serait «lente et fragile».
Tout en disant comprendre le désarroi des ouvriers de l'usine Continental de Clairoix (Oise), il a jugé «pas acceptables» les violences commises par «une petite minorité de salariés» garantissant qu'il y aurait des «poursuites judiciaires».
Hier, des salariés de Clairoix ont détruit le poste d'entrée de l'usine et saccagé une partie de la sous-préfecture de Compiègne (Oise) après avoir appris que le tribunal de Sarreguemines (Moselle) les déboutait de leur demande d'annulation ou de suspension de la procédure de fermeture du site en 2010.
Mais le chef du gouvernement s'en est également pris aux patrons, jugeant que des cas «choquants» de rémunération de certains d'entre eux pouvaient «attiser la violence» et conduire à «des comportements qui sont dangereux pour l'économie française toute entière».
Il a souhaité que le comité d'éthique, dont le gouvernement a demandé la création à la présidente du Medef, Laurence Parisot, en soit «saisi».
M. Fillon était notamment interrogé sur l'affaire de l'ex-patron de la banque franco-belge Dexia Axel Miller qui a reçu une indemnité de départ de 825.000 euros.
Il a aussi annoncé une fiscalité accrue sur les «retraites chapeaux» que certains dirigeants d'entreprise s'accordent.
Par ailleurs, il a souhaité une procédure judiciaire sur un possible «délit d'entrave» concernant l'équipementier automobile américain Molex à Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne). Deux dirigeants de cette entreprise ont été séquestrés par des salariés qui les accusent d'avoir «prémédité» et «organisé» la fermeture du site, prévue à mi-2009.
Pour lutter contre le chômage des jeunes frappés de plein fouet par la crise, M. Fillon envisage un «pré-recrutement» par les entreprises, dans la perspective d'une reprise des embauches dans un an à 18 mois.
Il s'est engagé à ce qu'il n'y ait pas d'augmentation des impôts «juste au moment» de la reprise économique, misant sur la «diminution de la dépense publique» pour lutter contre le déficit public.
Enfin, alors que la grève se poursuit dans certaines universités et que les cours reprennent progressivement dans d'autres, François Fillon a indiqué que «dans certains cas, les examens ne pourront pas se tenir à la date prévue» et seront «retardés de quelques mois», après des «cours de rattrapage».
Pressé de questions sur le remaniement du gouvernement, le Premier ministre a éludé, estimant avoir «surtout besoin de
stabilité» et de «continuité dans l'action».
Infoweb L'Alsace 22/04/2009